Re: Les SHAT-KARMAS ou SHAT-KRIYAS

A tout ceux qui sont investis dans une pratique depuis peu et qui souhaitent poser des questions ou témoigner de leurs débuts...

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Denis
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Re: Les SHAT-KARMAS ou SHAT-KRIYAS

Messagepar Denis » 01 Juin 2011, 11:13

Je vous propose la partie de Jean papin qui parle des Shat Karmas, traduction de la Gheranda Samhita qui parle de cela :

Gheranda Samhita traduction de jean papin : Editions almora a écrit :I Salutation:
«Hommage soit rendu au Seigneur Primordial qui enseigna la science du hatha -yoga. Elle est le premier échelon qu’emprunte celui qui veut accéder au yoga supérieur, le rAja-yoga. »

DESCRIPTION
DU YOGA PHYSIQUE

1. Un jour, Candakâpâli se rendit à la cabane de Gheranda. Il s’inclina respectueusement devant lui, avec vénération et grande dévotion, puis il l’interrogea.
2. Sri Candakâpâli dit:
Ô Maître et Seigneur du yoga, je souhaite apprendre et maîtriser ce yoga du corps qui mène à la connaissance de la réalité, la science des tattva.

3. Gheranda lui répondit:
Excellent Tu m’as interrogé avec beaucoup de fermeté et d’à-propos. Je vais, mon enfant, répondre à ton souhait. Ecoute ceci avec attention
4. Il n’existe pas de lien plus redoutable que maya, la force de « l’apparence» ; pas de puissance plus grande que celle du yoga; pas d’ami plus fidèle que jnana, la connaissance ; pas d’ennemi plus farouche que l’ego, ahamkâra.

5. En répétant sans cesse les lettres de l’alphabet on parvient à lire puis à connaître toute science. De même, à force d’entraînement dans le yoga, on peut acquérir la connaissance de la vérité*.
6. Les actes, bons ou mauvais, déterminent le cycle des naissances et des renaissances de tous les êtres vivants. Comme la noria tournant sans cesse, ainsi va le karman.

*Mot à mot: la connaissance des tattva.

7. Le mouvement de la noria dépend du boeuf qui la fait tourner; de même le principe vital des êtres incarnés* traverse vie et mort, soumis à son karman.
8. Le corps se dégrade comme se dissout un pot de terre crue jeté dans l’eau. Il est donc nécessaire de le passer au feu du yoga, de le fortifier et de le purifier.
9. Les sept exercices:
Les sept exercices appartenant à cette discipline du corps physique apportent : purification, énergie et fermeté, calme, légèreté, perception sensorielle directe et détachement.
10 - 11. Voici donc ces sept disciplines:
D’abord les six actes de purification (satkarman), puis les postures (âsana) qui permettent d’acquérir la stabilité ; les gestes ou sceaux (mudrà) qui donnent la fermeté ; le retournement de l’activité sen¬sorielle (pratyâhâra) qui apporte la quiétude ; viennent ensuite le contrôle de l’énergie du souffle (prânayàma) assurant la légèreté; puis la contemplation (dliyâna) permettant la perception directe de la conscience du Soi (Atman) ; enfin l’enstase (samàdhi) donnant accès à l’émancipation et qui est, sans aucun doute, l’ultime libération.


12. La purification.
On doit pratiquer six techniques de purification : dhauti, les nettoyages ; vasti, les lavements ; neti, le lavage du nez ; laulikî, le barattage du ventre ; tràtaka, la fixation du regard ; kapAlabhàti, les expectorations.

13. I — Les nettoyages. Dhauti
On emploie quatre procédés pour purifier le corps : a) le nettoyage stomacal (antardhauti) ; b) le nettoyage de la cavité buccale (dan¬tadhauti); c) le nettoyage de la poitrine (hrddhauti) ; d) la purifi¬cation du rectum (miilaéodhana).

14. a) Le nettoyage stomacal.
Le nettoyage stomacal ou antardhauti comprend lui-même quatre pratiques: vâtasâra, la purification par l’air; vârisâra, la purification par l’eau; vahnisAra, la purification par le feu du souffle vital (agni); bahiskrta, l’expulsion d’air par l’anus.
15. ai) La purification par l’air. Vàtasara.
Contracter la bouche en imitant le bec du corbeau et avaler l’air très lentement pour remplir l’estomac. Faire mouvoir celui-ci de façon à expulser doucement l’air par le passage inférieur.
16. Cette technique de purification par l’air est excellente et très secrète. Elle purifie le corps, fait disparaître toutes les maladies et permet l’accroissement de l’élément feu5.
17. a2) La purification par l’eau. Varisàra.
Emplir la bouche jusqu’à la gorge avec de l’eau puis l’avaler doucement. Ensuite faire mouvoir l’estomac puis, en formant un creux, expulser l’eau par l’anus.
18. Ce procédé de purification par l’eau est aussi excellent et très secret. Pratiqué avec zèle, il permet d’obtenir véritablement le corps d’un dieu.
19. C’est le meilleur des nettoyages. Celui qui s’y applique transforme son corps impur en corps céleste.
20. a3) La purification par le feu du souffle vital. Agnisara. Rétracter cent fois de suite la région ombilicale vers l’arrière, tout contre l’axe vertébral ; c’est la technique de purification par le feu interne qui confère les pouvoirs occultes du yoga6
21. elle guérit les maladies d’estomac et augmente le feu intestinal. Elle doit être tenue secrète et même les dieux la maîtrisent avec difficulté. Au moyen de ce seul dhauti on peut obtenir définitivement un corps céleste.
22. a4) L’expulsion de l’air par l’anus. Bahiskrta.
Remplir l’estomac d’air en faisant le geste du bec de corbeau (kakimudra). Retenir une heure et demie. A la fin, expulser l’air par l’anus en poussant. Ce dhauti reste très secret et ne doit pas être divulgué.
23. Nettoyage complémentaire.
S’immerger dans l’eau jusqu’au nombril et laisser sortir le rectum (saktinadi)8. Avec la main laver le boyau jusqu’à ce qu’il ne reste plus de saletés, puis le faire rentrer à sa place dans l’abdomen.
24. Cette purification est secrète et les dieux eux-mêmes y parviennent difficilement. On peut obtenir un corps céleste immuable en utilisant ce seul moyen.
25. Dans cette pratique, celui qui n’a pas le pouvoir de retenir l’air dans l’estomac pendant une heure et demie est incapable de maîtriser ce grand dhauti appelé « l’expulsion par le bas ».
26. b) Le nettoyage de la cavité buccale.
La purification de la cavité buccale ou dantadhauti comprend cinq procédés: dantamùla, le nettoyage de la base des dents ; jihvâmùla, la purification de la base de la langue ; karnarandhra, le nettoyage des deux conduits auditifs ; et kapàlarandhra, le nettoyage de la cavité crânienne ou des sinus.
27. b1) Le nettoyage de la base des dents. Dantamùladhauti.
Jusqu’à ce que toute impureté soit ôtée, frotter la base des dents avec du bois d’acacia catechu dont le suc est très protecteur ou bien avec de l’argile purifiée.
28. Les yogin considèrent ce procédé comme un des plus importants dhauti dans la pratique du yoga. Il protège les dents et leur donne de l’éclat. Il doit être quotidien. Tous les yogin le préconisent.
29. b2) La purification de la langue. Jihvàsodhana.
Je vais maintenant parler très clairement des moyens de purifier la langue. En l’étirant, on vainc la vieillesse, la mort et la maladie.
30. Voici donc cette technique:
À l’aide des trois doigts — index, majeur et annulaire — que l’on enfonce au milieu de la gorge, on tire la racine de la langue et on la gratte très lentement. Cela permet de dissiper les troubles du phlegme.
31. Masser longuement la langue avec du beurre frais et du lait, puis évacuer petit à petit cette matière vers l’extrémité à l’aide d’un instrument métallique.
32. On doit faire cela chaque jour avec soin, au lever et au coucher du soleil. Ce travail quotidien permettra l’allongement de la langue.
33. b3) Le nettoyage des conduits auditifs. Karniadhauti.
Curer les deux conduits avec l’index et l’annulaire. En répétant cette opération chaque jour on entend le son intérieur (nàda)9.
34. b4) Le nettoyage de la cavité crânienne. Kapàlarandhra.
Avec le pouce de la main droite masser la dépression sinusofrontale. Cet exercice répété préserve des troubles du phlegme;
35. grâce à lui les nâdi sont purifiées et on obtient la clairvoyance. On doit le pratiquer chaque jour, au réveil, après les repas et le soir.
36. c) Le nettoyage de la poitrine.
Cette purification, ou hrddhauti comprend trois procédés dandadhauti, le nettoyage avec une baguette; vamanadhauti, le nettoyage par vomissement et vàsadhauti, le nettoyage à l’aide d’un tissu.
37. c1) Le nettoyage avec une baguette. Datiçladhauti. Enfoncer, puis faire aller et venir dans l’œsophage une tige de bananier plantain, de curcuma ou de roseau. Ensuite la retirer lentement.
38. Ce genre de purification permet l’expulsion par la bouche du phlegme, de la bile et de l’humidité en excès. Ainsi, toutes les maladies de poitrine sont guéries.
39. c2) Le nettoyage par vomissement. Vamanadhauti. L’homme avisé doit, deux heures après chaque repas, boire suffisamment d’eau pour remplir l’estomac jusqu’à la gorge ; ensuite, ayant dirigé un instant son regard vers le haut, qu’il vomisse toute cette eau. Cette pratique quotidienne enraye les désordres dus au phlegme et à la bile’0.
40. c3) Le nettoyage à l’aide d’un tissu. Vâsadhauti. Avaler lentement une bande de tissu très fin, large de quatre doigts puis la retirer. Ceci est appelé le nettoyage interne (dhautikarman,).
41. Cette technique guérit la splénite chronique, la fièvre, toutes les affections de la rate, la lèpre. Elle chasse les excès de phlegme et de bile. Celui qui la pratique voit de jour en jour s’améliorer sa santé, croître son énergie et son bien-être.
42. d) La purification du rectum. Mûlasodhana.
Tant que le rectum n’est pas purifié l’énergie vitale descendante de l’excrétion (apàna) ne circule pas de façon satisfaisante. Il est donc essentiel de purifier le rectum avec soin.
43. À l’aide d’une baguette ou du majeur, on doit sans cesse, et en secret, nettoyer le rectum avec de l’eau afin d’ôter la bile.
44. En pratiquant cette purification on évite la constipation et on combat dyspepsie et indigestion. La beauté et la vigueur augmentent et le système du feu digestif est embrasé.
45. Il — Les lavements. Vastiou (Basti).
Il y a deux sortes de lavements appelés jalabasti, avec eau, et suskabasti, à sec. Le lavement avec eau est pratiqué dans l’eau même et celui à sec toujours sur le sol.
46. a) Le lavement avec de l’eau. Jalabasti.
Accroupi dans la posture dite « furieuse » (utkatàsana), s’immerger dans l’eau jusqu’au nombril, puis contracter et dilater l’anus.
47. Ce jalabasti arrête les désordres urinaires, les troubles digestifs et les douleurs nées des désordres de l’élément air. Le corps devient transparent à l’égal de Kàma, le dieu de l’amour.
48. b) Le lavement à sec, sur le sol. Sthala ou suskabasti. Ce lavement à sec se pratique dans la posture dite « montant vers l’Occident » ou pascimottana. On fait mouvoir lentement le ventre vers le bas, puis on contracte et dilate l’anus au moyen d’asvinimudrà, le « geste du cheval ».
49. Cette pratique permet d’éviter la constipation, d’augmenter le feu intestinal et de chasser les flatulences2.
50. III — Le nettoyage du nez. Neti.
Introduire par une fosse nasale une fine cordelette d’une aune (9 pouces ou 22,5 cm), puis la faire ressortir par la bouche. On appelle cela netikarman ou « guidage du fil ».
Si. La pratique de cette discipline permet d’obtenir le pouvoir occulte appelé khecari, le « mouvant dans l’espace »*• Elle guérit les désordres du phlegme et confère la vision divine
52. IV — Le barattage du ventre. Lauliki ou laukiki
Faire tournoyer les muscles du ventre en les poussant et en leur imprimant un mouvement rapide dans les deux sens. Cela détruit toutes les maladies et accroît l’élément feu dans le corps
53. V — La fixation du regard. Trâtaka
Fixer un objet très petit sans cligner des yeux ni ciller, jusqu’à ce que jaillissent les larmes. Les sages appellent cela tràtaka.
54. Grâce à cette technique on acquiert la maîtrise permanente du « geste de consécration à Siva », la sàmbhavimudrà. Les maladies des yeux sont guéries et on obtient la clairvoyance
55. VI — Les expectorations. Kapâlabhâti
Cette purification se pratique de trois manières appelées vàmakrama, « manière à gauche ou plaisante »; vyutkrama, « manière à l’envers » ; et Sitkrama, « manière fraîche ». Elle arrête les dérèglements du phlegme.
56. a) Vâmakrama.
Inspirer par la narine gauche sur idànàdi, expirer par la narine droite sur pingalànâdi, la solaire. Ensuite inspirer à droite sur pingalâ, puis expirer à gauche sur la nâdi lunaire idà’6.
57. L’inspir et l’expir doivent être faits sans brusquerie mais suffisamment poussés. Cet exercice combat les désordres du phlegme.

* Le pouvoir en question consiste en invulnérabilité et vol magique: cari
— qui se meut — kha — espace.

58. b) Vyutkrama.
Aspirer de l’eau par le nez et la rejeter petit à petit par la bouche. C’est ce que l’on nomme vyutkrama et qui guérit les déséquilibres du phlegme.
59. c) Sitkrama.
Aspirer de l’eau par la bouche en faisant le son « Sit » puis la rejeter par les narines. Cette pratique yogique rend semblable à Kâmadeva, le dieu de l’amour.
60. La vieillesse ne se manifeste pas et jamais ne surgissent tourment et décrépitude. Le corps devient transparent, les troubles du phlegme sont anéantis.
Tel est le premier enseignement que donna Gheranda à Candakâpâli concernant la discipline des six purifications.
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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