Quotidien quand tu nous tient

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Denis
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Quotidien quand tu nous tient

Message par Denis » 20 mars 2005, 11:26

Je vous offre une nouvelle idée de réflexion :
Nous n’avons jamais l’occasion de dépasser le niveau de la simple préoccupation, parce que depuis des temps immémoriaux les affaires quotidiennes nous ont assoupis comme une berceuse.
C’est seulement quand nos vies sont presque à leur terme que notre préoccupation héréditaire à propos du destin commence à prendre une tournure différente.
Elle commence à nous faire traverser le brouillard des affaires quotidiennes.
Malheureusement, cet éveil est toujours étroitement accompagné par la perte d’énergie due à l’âge, au moment où nous n’avons plus de force pour transformer notre préoccupation en une découverte pragmatique et positive.
Alors, tout ce qui reste est une angoisse amorphe, glaciale, un désir de quelque chose d’indescriptible, et une simple colère de ne l’avoir pas obtenu.
Texte de Don Juan/ Castaneda "La force du silence"
Modifié en dernier par Denis le 13 mars 2008, 00:04, modifié 1 fois.
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Message par Yog » 20 mars 2005, 11:55

Nous n’avons jamais l’occasion de dépasser le niveau de la simple préoccupation, parce que depuis des temps immémoriaux les affaires quotidiennes nous ont assoupis comme une berceuse.
Il faut dire aussi que depuis des millénaires, le principal soucis de l'homme était la survie, de trouver à manger puis de trouver une activité qui lui permette de survivre. Ce n'est que assez récemment que les personnes dans notre société occidentale peuvent se libérer de ce souci de survie. Seulement, le contexte culturel hérité des temps passés n'a pas préparé l'humain à la recherche fondamentale de soi, de sa relation spirituelle avec le monde qui l'entoure.
Le quotidien peut être un formidable outil spirituel de découverte de soi, de relation aux autres, etc.
Le moine zen demande : "Quelle est la voie ? "
Le maitre répond : "La voie est ta vie quotidienne"

:)
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Message par Denis » 20 mars 2005, 18:39

Oui, complètement d'accord avec toi Yog, juste une chose cependant,
Les problèmes de survies n'ont jamais empêchés les Indiens de développer les plus belles démarches spirituelles que nous appliquons de nos jours, tout au contraire.
Notre monde s'endort mollement dans un confort bien édulcoré, les quêtes spirituelles de notre monde sont plus des mondanités navrantes que de réelles voies de courage, d'honneur et d'Amour.
La ferveur vient souvent par le coté âpre de la vie et je crois que vivre dans une urgence oblige l'humain à être lumineux.

Qu'en penses tu ?
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Message par Yog » 20 mars 2005, 19:55

Les problèmes de survies n'ont jamais empêchés les Indiens de développer les plus belles démarches spirituelles que nous appliquons de nos jours, tout au contraire.
Oui je savais bien que tu allais me dire ça. :wink:
Mais je pense qu'il faut aussi voir le contexte dans son ensemble. Je suis loin d'être un spécialiste de l'Inde et de sa culture, mais de ce que j'en sais, de par mes lectures, c'est que la société indienne était répartie par le système des castes, ce qui répartissait les tâches. Ainsi, une certaine catégorie s'occupait de la spiritualité et de développer alors des systèmes de penser, des "techniques" d'éveil, etc.
Mais si on regarde les autres sociétés de la même époque, on peut constater qu'elles avaient toutes des catégories sociales qui s'occupaient de la spiritualité, que ce soient des prêtres, des prétresses, etc.
Par contre tout le monde ne pouvait pas aborder la vie spirituelle, déjà par le cloisonnement culturel et social de la société.
En Inde, le cas est encore un peu particulier, car un homme pouvait devenir un renonçant à condition qu'il ait accompli tous ses devoirs envers la société, donc généralement à la fin de sa vie, sauf cas exceptionnel de personnes naturellement "douées" en spiritualité. C'est dans ce contexte culturel que le prince Siddharta est parti en quête à partir du moment où il avait accompli son devoir de descendance en engendrant un fils. Ca dépend donc du contexte culturel.
De plus, toujours en Inde, les renonçants peuvent mener une vie d'aumône, de mendicité, parce que c'est dans la culture de l'Inde de pourvoir aux besoins des ces hommes partis en quête d'illumination. Je ne pense pas qu'on retrouve un équivalent aussi frappant dans l'histoire occidentale.

Ce qui est nouveau à notre époque, c'est que n'importe qui, en théorie, peut se mettre en quête spiritualité, parce qu'on est dans la majorité libéré du soucis de survie. Quelqu'un qui est constamment préoccupé par le besoin de se nourrir, par cette urgence de survie, ne va pas forcément mobiliser de l'énergie pour quelque chose d'aussi immatériel qu'une quête spirituelle.
Notre monde s'endort mollement dans un confort bien édulcoré, les quêtes spirituelles de notre monde sont plus des mondanités navrantes que de réelles voies de courage, d'honneur et d'Amour.
Oui je suis d'accord, mais là ce n'est pas le confort qui est à mettre en cause mais son application et l'attitude mentale que nous adoptons vis à vis de lui. Comme dit Nietzsche : " Ce n'est pas le besoin qui crée l'objet, mais l'objet qui crée le besoin" :D
La ferveur vient souvent par le coté âpre de la vie et je crois que vivre dans une urgence oblige l'humain à être lumineux.


Pour ce qui est de l'urgence, je ne sais pas. La quête spirituelle est quelque chose, selon moi, de long où il faut savoir être persévérant. En plus, on se met sur le chemin, sans boussole, sans savoir où on va arriver, donc à la limite c'est un pari risqué. :D
Notre société vit dans le besoin de satisfaction immédiate, donc le sentiment d'urgence risque d'apporter aussi un besoin de résultats immédiats ,ce qui est rarement le cas de la quête spirituelle.
C'est toute une transformation intérieure qui doit s'opérer et celle-ci se fait dans la persévérance, la patience, la compassion.
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Message par Denis » 20 mars 2005, 20:44

Bien d'accord avec toi et merci pour cet échange.

Juste une précision sur l'Inde :
Par contre tout le monde ne pouvait pas aborder la vie spirituelle, déjà par le cloisonnement culturel et social de la société.
La démarche spirituelle oblige le pratiquant à tenter de s'extraire du monde dans lequel il vit, et même en Inde la chose existe. Le "vrai" pratiquant se coupe de sa réalité de caste pour se retirer dans les bois et pratiquer durant des années. Les castes n'ont servi qu'un système social et ont été créé dans une vision Patriarcale tardive. Avant, l'Inde était matriarcale et le tantrisme est une résurgence de ce qui avait en Inde avant la mise en place des castes par les Aryens.

Pour Bouddha il me semble pas que se soit l'accomplissement de son devoir qui la poussé vers sa démarche, il était prince et devait devenir roi pour la vie. Il me semble qu'il a tout quitté lui aussi à un moment donné et sous la violence d'une prise de conscience sur le fait que nous sommes tous mortels et notre avenir, une plaine de souffrances.

Pour ce qui est du confort je suis complètement d'accord avec toi, le confort n'est pas une mauvaise chose, mais bien ce que nous en faisons et surtout l'attachement que nous avons à nos objets de confort. Ce n'est le fait d'avoir une petite voiture ou une grosse, ou une petite maison ou une grande maison qui est important c'est de s'observer quand quelqu'un à rayer notre voiture !!!!

Enfin, l'urgence dont je parle est l'urgence de la vie, elle passe vite, très vite….
Même si nos savants nous disent que la moyenne d'age de la vie augmente, beaucoup de gens meurent jeune et la situation d'urgence commence par cette idée : "Aurai-je le temps de découvrir la lumière avant ma mort et de sortir de ce piège ???", oui il y a du coup Urgence d'expérimenter, de tenter !!!

Pour finir tu as mille fois raison pour la persévérance et la patience, pour ce qui est de la compassion c'est autre chose, je préfère l'empathie…

A te lire

Denis
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Message par Yog » 20 mars 2005, 23:25

merci pour cet échange.
Mais de rien, c'est un plaisir partagé. :)
Pour Bouddha il me semble pas que se soit l'accomplissement de son devoir qui la poussé vers sa démarche, il était prince et devait devenir roi pour la vie.
Je n'ai pas dit le contraire, juste que c'est une fois son "devoir" accompli qu'il a pu alors partir en quête. Mais c'est vrai que le déclic fut la rencontre avec la mort, la maladie, la vieillesse...
Maintenant, on peut voir cela sous différents aspects. On peut prendre ça comme une réalité historique dans le sens où ça s'est exactement passé comme ça, ou alors le prendre sous un aspect plus symbolique.
Mais à la limite je ne suis pas sûr que ce soit si important que ça, l'essentiel est de retenir les Quatres Nobles Vérités.
Le constat de la souffrance et de l'impermanence peut alors en effet, comme tu l'exposes plus haut, amener une urgence, une nécessité de s'impliquer dans une démarche spirituelle. C'est donc sans tarder, mais sans empressement, qu'il est judicieux de s'engager dans la démarche.
"Aurai-je le temps de découvrir la lumière avant ma mort et de sortir de ce piège ???", oui il y a du coup Urgence d'expérimenter, de tenter !!!


Oui tout à fait, mais en même temps l'urgence peut aussi être un obstacle. Je pense qu'il faut trouver un juste milieu entre la nécessité de s'y mettre maintenant, et entre le fait de savoir laisser faire les choses, laisser venir à soi.
Je trouve cette histoire bouddiste très intéressante (non non je ne suis pas bouddhiste :lol: ) qui raconte l'illumination d'Ananda, le fidèle disciple du Bouddha. Tous les disciples devaient se rencontrer peu après la mort du Bouddha afin de mettre en commun les paroles du maître. Ananda qui avait passé presque tout son temps à côté du maitre n'avait pas encore atteint l'éveil. Alors avant la rencontre il se mit en méditation. Il médita alors toute la journée, toute la nuit, mais au matin, il n'avait pas atteint l'éveil malgré tous ses efforts. Alors, comme le moment de partir arrivait, il abandonna, il lacha prise. Il atteignit alors à ce moment-là l'illumination.
Cette petite histoire illustre bien le juste milieu à trouver entre une pratique persévérante et le lacher-prise.
pour ce qui est de la compassion c'est autre chose, je préfère l'empathie…
Je ne saisis pas trop la différence. Quelle différence il y a pour toi entre compassion et empathie, si ce n'est pas trop indiscret ?

Amicalement

Yog
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Message par Denis » 20 mars 2005, 23:59

Cette petite histoire illustre bien le juste milieu à trouver entre une pratique persévérante et le lacher-prise.
Bien d'accord avec toi, en faire trop deviendrait même égotique...
Mais maintenant, peut-être que Ananda, dans cette histoire, si il n'avait pas fait une méditattion si longue le lacher prise n'aurait pas eu lieu et non plus son illumination :wink:

Une chose est sur, 100% des gagnants ont tentés leur chance !!! :P
Et vraiment je ne pense pas que la chose vienne d'elle même, comme cela... Ou alors il y a une condition karmique spéciale.

Pour ce qui est de la différence entre compassion et empathie, c'est une petite histoire de mot, l'un me semble trop sous la couleur du Bouddhisme et pas l'autre. Sinon ils semblent bien proche...
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Message par Yog » 21 mars 2005, 09:52

Mais maintenant, peut-être que Ananda, dans cette histoire, si il n'avait pas fait une méditattion si longue le lacher prise n'aurait pas eu lieu et non plus son illumination
:lol:

Très juste comme remarque. :)
Et vraiment je ne pense pas que la chose vienne d'elle même, comme cela...
Oui en effet. Mais d'un autre côté on ne peut pas forcer la chose, l'éveil vient de lui-même. Je pense qu'on ne peut que préparer le terrain. Mais c'est encore un autre sujet je crois.
Pour ce qui est de la différence entre compassion et empathie, c'est une petite histoire de mot, l'un me semble trop sous la couleur du Bouddhisme et pas l'autre. Sinon ils semblent bien proche...
Ok, merci pour cette précision. Le mot empathie me convient aussi. :)
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Message par Denis » 21 mars 2005, 21:51

Pour la petite histoire de Ananda, il faut aussi voir une chose bien normale, le fait que dans une pratique pas grand chose ne se passe, et que bien souvent, le passage d'une action à une autre nous oblige à lacher prise.
Le passage nous fais nous oublier durant un instant et là la Conscience trouve souvent un nouveau chemin. Souvent aussi la détente après un effort de concentration apporte ça !!

Cela me fait penser à une stance du Vijnana Bhairava Tantra :

"Que l'esprit qui vient de quitter une chose soit bloqué et ne s'oriente pas vers une autre chose. Alors, grâce à la chose qui se trouve entre elles, la réalisation s'épanouit dans toute son intensité."

Je te propose de dialoguer sur cette stance dans le post suivant :
http://www.pratique-du-yoga.com/forum/v ... ?p=355#355

A te lire

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Comme si ma dernière heure était arrivée...

Message par Aurore » 23 mars 2005, 19:55

Bonjour les amis !

Voici l'inspiration qui est venue cet après-midi et que je partage avec joie avec vous.

A maintenant dans le coeur !


Vivre comme si ma dernière heure était arrivée.
Alors, je ne m'embarrasse plus du temps, ni d'un hier ni d'un demain.
Je vis l'intensité du moment présent, le coeur, le corps et le mental foudroyés par un Silence qui se fait soudain entendre quand le temps est aboli...

Vivre sans plus savoir, sans rien projeter, sans rien espérer.
Vivre comme un nouveau-né, les yeux et les oreilles grands ouverts sur la clarté du Jour qui n'est pas la continuité d'autres jours, mais le Jour unique de notre vie.
Une vie qui prend la saveur soudain de l'éternité qui nous fait vivre ce que nous sommes : le non-né ne goûtant jamais de la mort...

Oui, vivre comme si c'était notre dernière heure,
et mourir à la mort,
mourir à la peur de mourir.
Oui, mourir de notre vivant
et nous vivre vibrant de cette Vie qui ne meurt pas
et qui n'a ni commencement ni fin...
Homme, si tu es vide, l'eau jaillit de toi,
comme de la source d'éternité.
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