Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Tantrisme ...
Un mot usité de partout, mis à toutes les sauces. Venez nous parler de vos expériences et idées sur cette voie.

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kinaram

Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 20 mars 2013, 01:51

Chapitre 19

Les écoles du Shivaïsme du Cachemire

Le Shivaïsme du Cachemire est connu comme pur système Trika. Le mot signifie "la triple science de l'homme et de son monde". Dans l'idée de trika, il y a trois énergies: para (suprême), apara (le plus bas), et parapara (combinaison de la plus basse et de la plus haute). Ces trois énergies primaires représentent les activités triples du monde. Dans la pensée du Trika, par conséquent, il est admis que l'univers entier et chaque action, qu’elle soit spirituelle, physique, ou mondaine, existe dans ces trois énergies.

La philosophie Trika est destinée à tout être humain, sans restriction de caste, de croyance ou de couleur. Son but est de vous permettre de passer de l'individualité à l'universalité. Le système Trika se compose de quatre sous-systèmes, le système Pratyabhijnâ, Kula, le système Krama, et le système Spanda. De ces quatre systèmes, qui constituent la seule pensée du système Trika, tous acceptent et sont basés sur les mêmes écritures (agamas). Ce canon est constitué par les 92 agamas shivaïtes. Les Bhairava Shastras sont monistes et suprêmes (para) et sont au nombre de 64, les Rudra Shastras mono-dualistes sont de taille moyenne (parapara) et sont au nombre de 18, et les Shiva Shastras dualistes sont inférieurs (apara) et sont au nombre de 10.

Le système Pratyabhijnâ

Le mot Pratyabhijnâ signifie "reconnaître votre Soi spontanément une fois de plus". Ici, vous avez seulement à réaliser, vous n'avez pas à pratiquer. Il n'y a pas d’upayas (moyens) dans le système Pratyabhijnâ. Vous devez simplement reconnaître qui vous êtes. Où que vous soyez, si vous êtes au niveau de l'Être suprême, au niveau du yoga, ou à un niveau qui est dégoûtant, vous pouvez reconnaître votre propre nature là et sans bouger, n'importe où et sans faire quoi que ce soit.

Par exemple, prenons le cas d'une jeune mariée et de son époux. La femme n'a pas vu son futur mari et aspire à le voir. Le concernant, elle n'a entendu que louange et gloire, mais elle ne l'a pas vraiment rencontré. Supposons que cette jeune fille et son futur mari entreprennent séparément le même pèlerinage. Quand ils arrivent sur le lieu de pèlerinage, ils se rencontrent. La jeune fille, cependant, ne ressent rien vis-à-vis de cet homme, car elle ne sait pas qu’il est son futur époux. Pourtant, son futur mari et cet homme sont la même personne. Plus tard, quand un ami la lui présente, en lui disant que c'est l'homme qui doit être son époux, elle est remplie de bonheur, de plaisir et d'extase. Elle se rend compte que c'est le même homme qu'elle avait vu auparavant.

De la même manière, la réalité se révèle dans le système Pratyabhijnâ. Dans n'importe quel niveau où vous vous situez, peu importe.

"Au moment où la reconnaissance se produit, non seulement vous devenez instantanément divin, mais vous vous rendez compte que vous l’étiez déjà."

A ce moment, vous vous rendez compte que vous étiez déjà le Seigneur, mais vous ne le saviez pas parce que vous vous étiez vous-même incompris.

Dans la philosophie Pratyabhijnâ c'est votre maître qui vous dit que "vous êtes la personne que vous recherchez", et il vous apprend à atteindre l'objectif là et sans adopter de moyens. Cet enseignement, par conséquent, se trouve principalement dans l’anupâya, qui signifie l'endroit où il n'y a pas moyens. C'est la reconnaissance qu'il n'y a rien à faire et nulle part où aller. Ici, il n'existe aucune pratique, aucune concentration ni méditation. Par la grâce de ton maître, tu t'en rends compte et tu y es. Le système Pratyabhijnâ était florissant au début du kali-yuga. Au fil du temps, cependant, il devint voilé à cause de malentendus. Il a fallu attendre la fin du huitième siècle après JC pour que le grand maître Somananda réintroduise le système Pratyabhijnâ au Cachemire. Le disciple de Somananda était Utpaladeva, et son disciple était Lakshmanagupta, et son disciple était le très grand Abhinavagupta.

Le système Kula

Le système de Kula vous enseigne comment vous pouvez vivre dans caitanya (Conscience universelle), votre vraie nature, dans l'acte ascendant et descendant. Alors que vous vous élevez du plus bas au plus haut, vous réalisez votre nature, et tandis que vous descendez du plus haut au plus bas, vous réalisez aussi votre nature.

"Dans le système Kula, il n'y a pas de rupture dans la réalisation de votre propre nature, soit au plus haut ou plus bas du cycle. Donc, ce système vous enseigne comment vous pouvez vivre dans sa totalité."

En fait, le mot kula signifie "totalité".

Dans la pratique du système Kula, vous devez réaliser la totalité de l'univers dans une seule particule. Prenez une particule de tout ce qui existe dans ce monde, dans cette particule, il faut réaliser la totalité de l’univers. La totalité de l'énergie se trouve dans une particule. Tout est plein d'une chose et une chose est pleine de toutes choses.

La différence entre le système Kula et le système Pratyabhijnâ, c'est que le système Pratyabhijnâ vous enseigne comment réaliser votre propre nature ici et maintenant alors que le système Kula vous enseigne comment vous pouvez passer du plus bas degré au plus haut degré, et pendant tout ce temps, comment se déroule l'expérience de votre propre nature. Shiva, qui est réalisé dans Prithvi tattva (élément terre), est du même niveau, la même réalité que Shiva qui se réalise dans Shiva tattva. Ici, il y a la réalisation complète dans tous les actes du monde.

Le système Kula a été introduit au Cachemire au début du 5ème siècle après JC par Shri Macchandanathan (Matsyendranath Maharaj). Plus tard, au 9ème siècle, parce que ses enseignements avaient été déformés, il a été réintroduit par Sumatinatha. Dans la lignée des maîtres qui ont suivi Sumatinatha, Somanatha était son disciple. Shambhunatha était le disciple de Somanatha, et le grand Abhinavagupta fut le disciple de Shambhunatha.

Le système Krama

Le système Krama ne reconnaît ni les moyens de la Pratyabhijnâ ni ceux du système Kula. Dans le système Krama, vous devez vous élever étapes par étapes. Ce système nous enseigne qu’étapes par étapes, la réalisation devient stable. Comme le système Krama se préoccupe de réalisations successives, il est principalement lié à l'espace et au temps, parce que là où il y a succession, vous trouverez aussi de l'espace et du temps. Dans les deux systèmes précédant, vous êtes au-delà de l'espace et du temps. Dans le système Krama, c’est à la fin du processus que vous êtes au-delà du temps et de l'espace, il vous porte également dans cet état intemporel et au-delà de l’espace.

"Le système Krama est principalement attribuable à shaktopaya et aux douze Kalis."

Les douze Kalis sont les douze mouvements de toute cognition. Par exemple, si vous regardez n'importe quel objet comme un pot, la sensation se déplace de votre pensée à la place du pot, puis repart du pot à votre pensée, vous donnant la sensation que vous avez conscience du pot. Vous n’avez pas conscience de ce pot à l'endroit du pot, vous avez conscience du pot dans votre esprit. Votre perception s’est déplacée de l'intérieur au pot, puis est revenue du pot à votre pensée. Ces mouvements sont répartis en douze façons, ce sont les douze Kalis du système Krama.

La montée de prana kundalini est également décrite dans le système Krama, parce que dans prana kundalini, vous vous élevez d'un cakra à l'autre, d'un état à un autre état. Comme le processus successif que l’on retrouve dans le système Krama.

Bien que le système Krama existait au début du kali-yuga, ayant été introduit par le sage Durvasa, il a été réintroduit à la fin du 7ème siècle après JC au Cachemire par le sage Erakanatha, qui était aussi connu sous le nom de Shivanandanatha. Shivanandanatha n'a eu que trois disciples principaux qu'il a initiés au système Krama. Parce que dans ce système, la prédominance est donnée uniquement à Shakti, tous trois étaient des femmes. Leurs noms étaient Keyuravati, Madanika et Kalyanika. Elles étaient très visibles et ont été complètement formées dans le système Krama. Par la suite, ces dames ont eu également des disciples, hommes et femmes.

Le système Spanda

Le quatrième système de la philosophie Trika, est appelé le système Spanda. Le mot spanda signifie "mouvement".

"L'école Spanda reconnaît que rien ne peut exister sans mouvement. Là où il y a le mouvement, il y a la vie, et où il n'y a pas de mouvement, c’est le sans-vie."

Ils se rendirent compte qu'il y avait du mouvement dans l'état de veille, de rêve, de sommeil profond, et de turya [vide]. Bien que certains penseurs soutiennent qu'il n'y a pas de mouvements dans le sommeil profond, les philosophes du système Spanda se rendirent compte que rien ne peut exister sans mouvement.

Les enseignements du système Spanda, qui est un système pratique, se trouvent incorporés dans le Vijnana Bhairava Tantra, le Svacchanda Tantra et dans le chapitre 6 du Tantrâloka.

Le système Spanda a été introduit au Cachemire par le grand sage Vasuguptanatha au début du 8ème siècle après JC. Vasuguptanatha est l’auteur des Shiva Sutras et des Spanda Karikas. Le disciple de Vasuguptanatha était Kallata.
Certains enseignants pensent que les Spanda Karikas n'ont pas été composées par Vasaguptanatha mais plutôt par son disciple Kallata. Cette théorie est cependant absolument incorrecte.
Le Shivaïsme du Cachemire : Le Secret Suprême, chap. 19, par Swami Lakshman Joo, trad. Lib. Tiré du site http://universalshaivafellowship.org/us ... 1ch19.html
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 20 mars 2013, 08:06

merci
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kavi » 20 mars 2013, 08:48

Avec un peu de retard, j'avais envie de rebondir sur une de tes réflexions Kinaram, peut-être que ce sujet peut s'y prêter.
kinaram a écrit :C'est un but "avéré", mais l'éveil de Kundalini ne saurait dépendre de ces exercices physiques pour moi. Peut être qu'ils peuvent préparer la route...[...]
Pour certains, cette expérience fait référence à un éveil de l'énergie du corps, pour d'autre à un éveil spirituel, et l'exploration de dimensions mystiques au delà du corps physique...Bref, pour ma part, j'aurais plus une approche mystique qu'énergétique de la chose. En vue de mon expérience, si insignifiante soit-elle. Mais les deux ne sont pas incompatibles.
Tu finis en signalant la compatibilité de ces deux approches et il me semble pour ma part qu'il est important de mettre l'accent dessus sous peine sinon de laisser la place à un dualisme matière/esprit qui n'est pas la marque de fabrique des approches tantriques. La division en plusieurs upâya (moyens de réalisation) tient compte des diversités d'appréhension selon les individus. D'anupâya, la non-voie, correspondant plutôt à l'école pratyabhijña (où l'intuition et l'intellect servent "d'allumage" pour une compréhension aussi subite qu'intégrale) à anavopâya, la voie de l'individu (l'anu, le "contracté" en son corps) qui par des moyens plus physiques pourra parvenir à la même compréhension. Surtout, ce qui me paraît intéressant, c'est la porosité entre chaque upâya ; cette répartition faite pour les besoins de la cause, pour permettre une vision plus claire, n'induit pas une solution de continuité entre chacune d'entre elles. Du plus manifesté au plus subtil, des résonances se produisent, et une pratique s'appuyant sur le corps peut se prolonger sur des plans qui relèvent davantage de l'intuition mystique.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 20 mars 2013, 09:28

Je me demande Kavi, comment est il possible d'accéder aux étapes "supérieures" du yoga, sans avoir au préalable appréhender sa nature, agit sur la purification du corps, son assouplissement en vue de l'assise et de l'immobilité, apprivoisé le souffle.
Quels êtres parviennent directement aux quatre membres supérieurs, Pratyahara, darana, dhyana, samadhi, de manière spontanée, sans préparation?
Car comment peut-on demeurer dans une concentration même précaire, lorsque le corps te rappelle qu'il souffre au martyre ?
Alors ces gens sont capables du premier jour de s'asseoir immobile pendant des heures en récitant un mantra.
Puisque je ne parle pas des maîtres éclairés directement, mais bien des gens qui ne sont pas à l'étape finale.
Est ce que croire qu'on est supérieur aux premiers des membres n'est pas un gros piège à égo? ...
Finalement quelles que soient les écoles, on apprend à s'asseoir (le corps), à faire taire le mental, puis à se concentrer sur un point, jusqu'à ce que la concentration devienne un flot ininterrompu.
Ce qu'on y mettra dedans, l'écoute du soi, de l'espace, des shaktis, c'est le fond mais la forme est la même, il me semble depuis mon point de vue.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kavi » 20 mars 2013, 09:57

Il n'est pas nécessaire de passer par l'assise ou la concentration prolongée (et les préliminaires qui facilitent celle-ci) pour atteindre une compréhension de notre nature réelle. C'est du moins ce que disent tant le shivaïsme cachemirien, certaines formes de bouddhisme (ch'an, dzogchen) et quelques autres. De plus les intuitions mystiques qui permettent cette réalisation semblent avoir une résonance "énergétique" si l'on accorde crédit aux témoignages spirituelles. Je pense par exemple à l'expérience spirituelle vécue par Mme Guyon, mystique du XVIIe, que Silburn s'est justement plut à mettre en regard des voies cachemiriennes ou de la mystique rhénane.
Il est manifeste que cette voie d'accès n'est pas celle du plus grand nombre. Mais je ne serai pas d'accord pour induire une forme de hiérarchie même si celle-ci semble découler de la classification proposée qui va d'anavopâya à anupâya. Il est question de sensibilité diverses, et des moyens les plus adéquats pour chacun, mais cela n'induit pas une supériorité de fait des uns sur les autres. Et surtout, j'y reviens, il s'agit de distinctions qui comme bien souvent, existent plus par vertu pédagogique que dans une réalité essentielle. La saveur est au finale la même - c'est du moins ce que je pense et ce que semble pointer les textes et ceux qui les transmettent - que l'on prenne appui sur le corps physique ou sur l'intuition spirituelle.
Quant aux pièges, ils existent à tous les niveaux de la maison. Untel qui a lu Eckart Tollé ou assisté à deux ou trois satsang estampillés "non-duel" est certain d'avoir réalisé sa véritable nature et le lendemain il engueule son fils qui l'empêche de méditer sur la nature fondamentalement vide des phénomènes, tel autre qui vient de réaliser ganda bherundasana ou bien de ressentir une forte chaleur après avoir tenu son souffle contre vents et marées va s'enivrer de ce "résultat" gâtant le fruit qu'il venait pourtant de goûter. Pourtant, aucun moyen n'est en soi mauvais, mais notre attitude, nos projections nous égarent et empêchent de saisir ce qui est peut-être parfois si proche.
kinaram

Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 20 mars 2013, 10:12

Oui, c'est vrai qu'on apprend à s'asseoir dans toutes les écoles. :)
Mais certains peuvent rester en lotus pendant des heures et ne pas tenir en place...
Il faudrait dire à St François d'Assise que çà n'était pas un saint parce qu'il ne faisait pas de Hatha Yoga.
St François a reconstruit une église de ses mains, à la sueur, c'est vrai. Mais l'église à qui il a redonné le souffle n'est pas de pierres...
Ramana Maharshi faisait-il du Hatha Yoga? Ramakrishna Paramahamsa, en faisait-il?
Le corps...
Je persiste à dire (à crier?) que ce que l'on pense être le corps, n'est qu'une infime partie du corps. Ce corps de chair n'est qu'une extension de notre vrai corps.
Il ne faut pas négliger le corps de chair. Il ne faut pas non plus l'adorer. Car en faisant cela, on oublie que çà n'est qu'un véhicule. Et encore, notre véhicule est plus grand que notre enveloppe de chair.
Notre corps, c'est l'univers entier.
Et croire qu'on va s'en rendre compte en faisant des postures est disons...Une approche possible? :) Mais surtout pas indispensable.
Même parmi les adeptes du système de Patanjali, il y en a qui affirment avec vigueur que l'asana consiste en une "posture confortable", et c'est tout.
Quand j'ai rencontré Eric Baret, il m'a confirmé que le Hatha tel que pratiqué aujourd'hui, peu importe le label (et même le sien : yoga du Cachemire) provient de la reconstruction de Krishnamacarya. Pratiquait-on le Hatha au Cachemire au 8ième siècle? J'en doute...
Certaines écoles, dont celle des Natha, ont développé des exercices physiques en vue de préparer le corps à recevoir l'initiation et à stimuler l'énergie. Ce sont les textes que l'on connait le mieux de cette école, et qui sont les plus accessibles. Ok. Il y en a d'autres. Mais plus difficiles à comprendre, car ils demandent à ce que celui qui les lit ait reçu Shaktipat. Je pense à la Gorakhbodhi notamment, pas traduit en français.
Force est de constater que très peu de Natha pratiquent le Hatha. Est ce parce que l'essentiel est perdu en Inde? Ca serait bien prétentieux et pessimiste de le croire. L'essentiel est ailleurs. Ni dans le corps, ni dans la philosophie. L'essentiel dans le Tantra, c'est Shaktipat et rien d'autre.
Il est vrai que ne pas avoir préparé son corps alors qu'on est en plein éveil énergétique est folie...Mais s'il n'y avait que çà comme folie. Haha.
Pour ma part, j'essaye d'apprendre la leçon.
Un soir d'exploration nocturne avec mon enseignant, alors que je peinais à le suivre physiquement (il est l'une des personnes les plus agiles que je connaisse) et mentalement (il ne parlait que par énigmes), il m'a dit "tu devrais faire un peu d'exercices".
Mais l'essentiel de l'exercice dans la voie que je suis consiste en l'apprentissage de l'amour, et la méthode (upaya), c'est la vie, et la technique, c'est le japa. Le reste semble accessoire. Je ne dis pas que mon expérience est universelle. Je dis ce que j'ai vécu.
kinaram

Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 20 mars 2013, 10:35

Quant aux pièges, ils existent à tous les niveaux de la maison. Untel qui a lu Eckart Tollé ou assisté à deux ou trois satsang estampillés "non-duel" est certain d'avoir réalisé sa véritable nature et le lendemain il engueule son fils qui l'empêche de méditer sur la nature fondamentalement vide des phénomènes
Haha, oui, les pièges sont nombreux!

En ce qui concerne les pièges de la voie directe (reconnaissance, atma vichara, dzogchen, théologie négative, etc) ils proviennent du fait que l'on croit que la reconnaissance est seulement intellectuelle. C'est pour moi le piège le plus "grossier".

Il y a aussi le piège du "çà y est, j'y suis, c'est bon". Très connu des chercheurs d'or...En fait, j'ai "commencé" à investiguer sérieusement par Ramana Maharshi, sous la conduite d'un enseignant qui faisait de la reconnaissance sa voie de prédilection.
J'ai eu mes expériences. Très directes. Mais à chaque fois je butais sur un truc : "comment stabiliser cette expérience"? La récupération mentale faisait tout péter, et le retour à la case départ était plutôt douloureux.

Alors j'ai commencé à m'intéresser au tantrisme, ayant des attirances pour la voie rituelle. Je n'ai pas cherché à travailler le corps, car ma première école (depuis l'âge de 6 ans) était celle des arts martiaux (Karaté Shotokan), alors je ne ressentais pas le besoin de plus de parcours dans cet aspect.

J'ai erré quelques temps, n'ayant pas su reconnaître la force de la reconnaissance directe, et la puissance de transformation dans les enseignements rituels que j'ai reçu au début auprès d'un natha yogin du nom d'Hanuman Nath. J'avais un peu perdu espoir de retrouver la "saveur" et surtout, d'aller plus loin...

Car se reconnaître oui...Et après? Après, il n'y a rien? C'est bon? J'y suis?
Non!
C'est après que çà commence vraiment en fait...haha
Car çà marche par cycles.
Le danger de l'expérience de la reconnaissance, c'est le refoulement du réel objectif. Mon premier enseignant m'avait pourtant prévenu.

Et là, j'ai eu la chance d'être guidé par Kumbh Raja Nath. Je crois que je me suis un peu calmé dans cette quête frénétique du maître extérieur et de LA méthode parfaite pour s'éveiller. J'en avais oublié le sujet de l'expérience...bibi...Et puis mes "objectifs" ont changé je crois. Je pense être un peu plus mûr, un peu moins dépendant de tout çà, bien que j'étudie toujours avec autant de passion. Donc retour sur soi, travail, contentement, et accroche ta ceinture, maintenant on rigole plus...haha.

Lorsque j'ai parlé de mes expériences de "reconnaissance" à Kumbhji, il m'a montré une peinture de Durga et a caché son corps pour faire ressortir son visage. Il m'a dit "voilà, ce que tu as vu". Puis il a enlevé sa main et m'a montré le tigre, le corps de la Déesse et ses bras armés des armes des dieux. Il m'a montré l'image, mais m'a aussi fait vivre ce qu'il y avait derrière l'image. A quoi bon sinon?

Un autre jour, alors que je sentais que j'avais avancé énormément sur le chemin, il s'est arrêté et m'a regardé en me disant "c'est pas parce que tu as eu le darshan que tu es passé de l'autre coté".

C'est souvent comme çà, tu as l'impression d'être au bout, en fait, tu en es loin. On appelle le Seigneur, l'Oint de Dieu. Et il a de la bouteille! Il ouvre les bouteilles, fait péter les bouchons (granthi), le vin d'ivresse coule à flot.

Et au moment où tu crois faire du surplace, tu te rends compte que tu as franchis un cap décisif dans ton parcours personnel...
Que comprendre...Qu'en dire...C'est Lîla! Elle est belle et se joue de notre rationalité parfois.

Dans la voie Kula, ou Krama. Tout devient subjectif, il n'y a pas de rejet, juste folie de kulakundalini qui s'endort et se réveille à sa guise. Ca se rapproche je crois de l'enseignement du Mahamudra dans le bouddhisme tibétain.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 20 mars 2013, 11:25

Je ne parle pas pour des saints ou des grands maître, mais pour le commun des mortels comme moi, et peut-être vous.
C'est vrai ce que tu dis, on peut-être assis immobile et bouger dans tous les sens, n'avoir aucune stabilité mentale ou émotionnelle.
La posture est comme un livre sans cesse renouvelé, et lorsque cesse la confusion entre extérieur et intérieur, les compréhensions viennent. Les postures enseignent.

Pourtant, elles (les compréhensions) sont évanescentes, aussitôt apprises, aussitôt elles s'enfuient ! Mais, mais ! Je voudrais tant t'attraper !
On cherche à voir Dieu si fort, qu'un jour on se rend compte que c'est lui qui nous regarde, à travers soi.
Et hop hop la encore la compréhension se carapate !
Mais pourtant, elle a été là, et comme un escalier peu à peu les petites compréhension dressent les marches qui mène à quoi hahaha je ne sais pas !
:coeur:

Merci pour ton récit, ça m'a fait penser à Carlos Castaneda lorsqu'il suit Don Juan dans la colline, et qu'il ne comprend pas comment il peut marcher aussi vite :D
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 20 mars 2013, 11:35

Je ne parle pas pour des saints ou des grands maître, mais pour le commun des mortels comme moi, et peut-être vous.
C'est vrai ce que tu dis, on peut-être assis immobile et bouger dans tous les sens, n'avoir aucune stabilité mentale ou émotionnelle.
La posture est comme un livre sans cesse renouvelé, et lorsque cesse la confusion entre extérieur et intérieur, les compréhensions viennent. Les postures enseignent.
C'est joliment dit Alassea. Merci :coeur: .

J'ai remarqué cette aspect grâce à Bombyx (Bombyx? tu es là?) au cours de séances de yoga. J'avais vécu aussi des expériences de communication avec mon corps par d'autres moyens. Il y a donc une information contenue dans le corps physique qui peut être révélée. A l'échelle psychologique et thérapeutique, la fasciathérapie, aujourd'hui décriée par la communauté scientifique, se base sur cet aspect je crois.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 20 mars 2013, 11:44

Parfois il s'agit de ruses. Le corps, le souffle et le mental occupés, tout cesse !
La posture est comme un piège à rêve, hop toutes les lourdeurs s'attrapent dedans, et la lumière peut passer.
Ça n'arrive pas tous les jours lol :lol:
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 20 mars 2013, 13:54

Aussi pour revenir au corps d'une autre manière, la danse, réveille une énergie de la terre, et alors là les tambours et la foudre, et la présence de la mère peut se manifester très fortement.
Un lien se crée entre le ciel et la terre, dans le corps du danseur.
La foudre.

Enfin, je suppose que cela dépend vers quoi nous sommes orienté à la base !
Moi qui cherche Dieu partout, je finis par le trouver en tout :coeur:
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kavi » 20 mars 2013, 14:06

Une précision à propos du corps comme moyen d'approche dans le shivaïsme du Cachemire : il ne s'agit pas nécessairement de travail postural - qui ne concerne pas vraiment cette voie - mais je pensais à quelque chose comme ce que l'on peut trouver dans le vijñâna bhairava :
On doit considérer la différenciation de la peau du corps comme un mur. Celui qui médite ainsi sur son (corps) comme s'il ne contenait rien à l'intérieur adhère (bientôt) à l'au-delà du méditable. v.48 Trad. L. Silburn
Je trouve intéressant de noter que la frontière entre les différents upâya est suffisamment mouvantes pour que Silburn classe ce verset ainsi que le précédent dans la voie de l'individu (anavopâya) tandis que Laksman Joo dans son commentaire (avec qui elle a pourtant étudié ces textes !) dit qu'ils mènent de shaktopâya à shambhavopâya.
kinaram a écrit :Quand j'ai rencontré Eric Baret, il m'a confirmé que le Hatha tel que pratiqué aujourd'hui, peu importe le label (et même le sien : yoga du Cachemire) provient de la reconstruction de Krishnamacarya.
Eric Baret a une manière parfois très tranchée de répondre. Après lui avoir posé une question à propos de l'actualité d'une pratique de hathayoga traditionnel, je me souviens qu'il m'avait fait une réponse qu'à la réflexion j'avais interprété comme une manière d'écarter les simples curieux, du type : "circulez, y a plus rien à voir !" Après, lorsque tu ouvres son beau livre "Corps de vibration, corps de silence", tu te dis qu'il a peut-être forcé volontairement le trait. Tout comme avec ce qu'il dit de Krsnamâcârya. C'est vrai que si l'on regarde à l'échelle du monde, le yoga popularisé par le précepteur de Mysore occupe une place énorme. Mais lorsqu'on regarde plus près, on a le sentiment qu'entre ce maître et nombre de ceux qui s'en réclament, il y a déjà une déformation. De plus il est exagéré de lui faire endossé l'entière mutation du hatha-yoga que nous connaissons. Il reste d'autres approches, parvenues en Occident par d'autres canaux, et l'altération du hatha traditionnel s'est fait également par d'autres voies. Pour ceux que cela intéresse, M. Singleton a écrit un ouvrage sur la question : Yoga body, the origins of modern posture practice.
Mais bon, il s'agit de détails, car pour l'essentiel, il n'apparaît que trop vrai que le coeur d'un enseignement s'est un peu essoufflé, laissant la place à l'accessoire le plus visible.
Kinaram a écrit :Pratiquait-on le Hatha au Cachemire au 8ième siècle? J'en doute...
Il est clair que le hatha-yoga tel qu'il a été formulé par les nâths est probablement postérieur. Mais les tibétains ont également développé/importé des moyens analogues au hatha-yoga, dès l'école ancienne des Nyingmapa (à partir de quand, je n'en sais rien) et ont conservé (ou réactualisé ?) ces pratiques jusqu'à nos jours.
kinaram

Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 20 mars 2013, 16:55

On doit considérer la différenciation de la peau du corps comme un mur. Celui qui médite ainsi sur son (corps) comme s'il ne contenait rien à l'intérieur adhère (bientôt) à l'au-delà du méditable. v.48 Trad. L. Silburn
Je trouve intéressant de noter que la frontière entre les différents upâya est suffisamment mouvantes pour que Silburn classe ce verset ainsi que le précédent dans la voie de l'individu (anavopâya) tandis que Laksman Joo dans son commentaire (avec qui elle a pourtant étudié ces textes !) dit qu'ils mènent de shaktopâya à shambhavopâya.
Très intéressant! Oui, l'approche du corps par le VBT est très originale et oh combien intéressante. C'est cet aspect que Bombyx m'a fait découvrir par la pratique!
Par contre, les différentes voies, anavopâya, shaktopâya, shambavopâya, telles qu'expliquées par L. Silburn, me semblent plus se référer à différentes étapes de la voie. Mais je n'ai peut être rien compris.
Quoiqu'il en soit, si le VBT fait parti du canon Spanda, son objectif serait de pénétrer la vibration n'est ce pas?
kinaram

Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 20 mars 2013, 17:06

https://www.yoga-darshan.com/yoga/tantrisme_yoga.php
Citation:
QUATRIÈME CHAPITRE DU TANTRALOKA
d'Abhinavagupta

Sãktopãya

RÉSUMÉ

1-32. La voie de l'énergie (sâktopâya) étant également celle de la connaissance ou gnose (jnâna) le yogin qui s'y engage doit d'abord purifier ses vikalpa, sa pensée discursive, jusqu'a ce que, s'élevant à un plan de connaissance plus haute, celle-ci laisse place à la raison intuitive (sattarka) qui dépasse le raisonnement ordinaire et débouche sur la vision de la réalité du monde.

33-85. Cette purification ne pouvant se réaliser que sous la direction d'un maître qualifié, les caractéristiques d'un tel maître, et surtout la nature de la grâce qu'il reçoit, sont envisagées.

86-109a. L'effort intellectuel (sous la direction du maître) étant nécessaire dans cette voie, une certaine forme de yoga y est utilisée. Abhinavagupta écarte néanmoins tout ce qui ne lui paraît pas essentiel dans une voie où seule importe l'adhésion du coeur à la Réalité. Il précise ainsi que les huit ‘membres' (anga) du yoga ‘classique' de Patanjali, sont ici sans utilité il les passe en revue en en donnant une interprétation nouvelle selon laquelle un membre seulement (absent chez Patanjali) demeure essentiel: tarka, la raison et c'est uniquement pour obtenir celui-ci que les autres anga peuvent avoir quelque raison d'être.

109b-l22a. Sont également inutiles le culte d'adoration et les autres pratiques rituelles extérieures'. Seule importe la connaissance purifiée et l'immersion dans le bain mystique. Le culte n'a d'utilité que dans la mesure où il peut aider celui qui l'accomplit à s'identifier à la Conscience divine (l2l-122a).

122b-18l. Les pratiques rituelles et de yoga une fois mises de côté, ou ramenées au simple rôle d'adjuvant, pour que seule demeure l'identification à la conscience infinie de Bhairava, Abhinavagupta montre alors comment se déploie la roue de l'énergie de la Conscience, avec le mouvement des douze Kâli Il s'agit là d'un mouvement à la fois divin, cosmique, spirituel et psychologique, qui tend à identifier les mouvements de la conscience du yogin avec le ‘fonctionnement' cosmique de la Réalité. Sont alors données, pour appuyer ces vues, cinq interprétations de la racine KAL sur laquelle est formé le mot kâli (173-181).

181-193. Puis Abhinavagupta traite de l'efficience des mantras qui est celle de la vibration originelle (le spanda). Le plus haut de ces mantras, celui qui amène l'univers à l'existence, est SAUH, le germe du Cœur, hrdayabija (186b-189a). Lui fait pendant le mantra de la résorption, sarnhârabija, le pindanâtha, KHPHREM (189b-193), également essentiel.

194-211. Celui qui est sans cesse plongé dans la pratique de ces deux mantras, uni à la conscience de Bhairava, fondu en l'énergie divine, échappe aux contingences. Toutes ses attitudes sont des miudrâ. Dès cette vie, il atteint la libération.

212-278. Un tel yogin n'est plus concerné par ce qu'ordonnent ou interdisent les Ecritures. Quoique toujours uni à son corps, il est libre. Pour lui tout est pur (221-247). Il n'a pas à observer les règles relatives à la nourriture (247-253). Abhinavagupta passe en revue les diverses prescriptions rituelles des tantras qui ne s'appliquent pas ici (254-270) : ces actions, ces comportements, ne sont, en fait, ni prescrits ni interdits — ils relèvent d'un domaine autre que celui de la voie de l'énergie, thème que reprend et confirme la conclusion du chapitre (271-278).
Il y a donc un lien entre Spanda et Shaktopaya.
C'est évident car ce que l'on recherche dans le corps, c'est la vibration, et le son est une vibration.
Certains vont vouloir poser des bija mantra sur différentes parties du corps.
Toute la pratique de Nyasa est expliquée ainsi.
Mais dans le japa, lorsque le bija est émis, çà n'est pas dans le corps physique qu'il se plante pour donner des fruits. Autrement, les fruits de la pratique ne seraient que physiques.
Hors, le fruit du bija est d'esprit.

Le bindu peut peut-être se lire dans les terminaisons nerveuses, mais il se reconnait dans la conscience au moment de la reconnaissance justement. Et le bija mantra consiste en la récitation du Krama qui y conduit.
kinaram

Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 20 mars 2013, 17:14

shunya = prakash = omkara = nadabindu ?
Que l'on recherche shunya dans le corps ou dans l'esprit, cela revient au même. Il n'y a qu'un seul vide, et ce vide est plénitude. Dixit Bouddha. :D (à peu de choses prêt, lol) Et la plénitude est silence qui se déploie sous la forme de son, immuable qui se manifeste par le mouvement. Océan sans vagues, vibration première, différenciation, vagues. Il reste l'océan.
Qui est premier? La vague ou l'océan?
Et le corps?

En récitant le hridaya bija, les anglophones se demandent...
"So who?" "So Who?"

tik hai?
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par ValerieB » 20 mars 2013, 20:56

Kinaram, tu sembles souvent évoquer une façon de recevoir la "lumière" sans pratiquer le yoga
mais jamais tu ne parles de ton vécu

est ce que toi même a été confronté à des expériences particulières dans des cadres extra-yogas?

pour ma part, cela m'est arrivé plusieurs fois au cours de ma vie, et souvent de façon violente!

mais j'ai choisi le yoga pour donner à mon mysticisme et à mes ressentis particuliers un cadre!

je conçois tout à fait qu'on puisse faire autrement, car, comme le dit Mahbub Ali, il y a autant de chevaux que de terre à parcourir!
chacun doit trouver le cheval qui lui convient!

et toi Kinaram, quel est ton cheval? :)
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par prajnaPat » 20 mars 2013, 21:10

Kinaram a écrit :Le mot Pratyabhijnâ signifie "reconnaître votre Soi spontanément une fois de plus". Ici, vous avez seulement à réaliser, vous n'avez pas à pratiquer. Il n'y a pas d’upayas (moyens) dans le système Pratyabhijnâ. Vous devez simplement reconnaître qui vous êtes. Où que vous soyez, si vous êtes au niveau de l'Être suprême, au niveau du yoga, ou à un niveau qui est dégoûtant, vous pouvez reconnaître votre propre nature là et sans bouger, n'importe où et sans faire quoi que ce soit.
J'ai toujours du mal à comprendre ce genre de choses. Comprendre qui l'on est, tu veux dire comprendre qu'on est fondamentalement une conscience dans laquelle apparait des phénomènes : le temps, l'espace, un mental, des sensations, un point d'observation, des rêves, un monde objectif, etc ? Mais que fondamentalement, tout ces phénomènes ne peuvent exister sans un substrat qui est la conscience, c'est ça ?

Si c'est ça, alors je suis un grand éveillé non ? Mais bon, ça m'étonnerait quand même...

C'est une constatation importante, mais j'ai dû mal à voir ça comme une voie complète, ça me parait un peu léger quand même... ou alors j'ai pas compris de quoi il s'agit... mais s'il n'y a rien à pratiquer, je ne vois pas ce qu'on peut comprendre d'autre que ce que je viens de décrire (je suis une conscience etc)



Kinaram a écrit :Car se reconnaître oui...Et après? Après, il n'y a rien? C'est bon? J'y suis?
Non!
C'est après que çà commence vraiment en fait...haha
Car çà marche par cycles.
Le danger de l'expérience de la reconnaissance, c'est le refoulement du réel objectif. Mon premier enseignant m'avait pourtant prévenu.
Ben oui voilà, la reconnaissance c'est bien, mais ce n'est qu'un début, et le monde objectif existe bien, en tout cas à notre niveau...

Kinaram a écrit :Certaines écoles, dont celle des Natha, ont développé des exercices physiques en vue de préparer le corps à recevoir l'initiation et à stimuler l'énergie.
Le hatha yoga ne se résume pas à ça... Déjà, les exercices sont surtout un travail sur l'énergie et le corps énergétique, le physique n'est qu'un moyen. Et les postures, le pranayama peuvent aussi induire des états méditatifs.
Et puis ça permet une évolution personnelle qui amène vers le spirituel, ça serait difficile à résumer....
Et puis il y a une saveur particulière au hatha yoga, résumer ça à des "exercices", c'est un peu triste quand même, c'est pas de la muscu !


Kinaram a écrit :Certains vont vouloir poser des bija mantra sur différentes parties du corps.
Toute la pratique de Nyasa est expliquée ainsi.
Mais dans le japa, lorsque le bija est émis, çà n'est pas dans le corps physique qu'il se plante pour donner des fruits. Autrement, les fruits de la pratique ne seraient que physiques.
Ben non, parce que les mantra agissent sur le corps énergétique, pas sur le physique, toujours la même confusion de ta part...
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kavi » 20 mars 2013, 22:01

prajnaPat a écrit :
Kinaram a écrit :Le mot Pratyabhijnâ signifie "reconnaître votre Soi spontanément une fois de plus". Ici, vous avez seulement à réaliser, vous n'avez pas à pratiquer. Il n'y a pas d’upayas (moyens) dans le système Pratyabhijnâ. Vous devez simplement reconnaître qui vous êtes. Où que vous soyez, si vous êtes au niveau de l'Être suprême, au niveau du yoga, ou à un niveau qui est dégoûtant, vous pouvez reconnaître votre propre nature là et sans bouger, n'importe où et sans faire quoi que ce soit.
J'ai toujours du mal à comprendre ce genre de choses. Comprendre qui l'on est, tu veux dire comprendre qu'on est fondamentalement une conscience dans laquelle apparait des phénomènes : le temps, l'espace, un mental, des sensations, un point d'observation, des rêves, un monde objectif, etc ? Mais que fondamentalement, tout ces phénomènes ne peuvent exister sans un substrat qui est la conscience, c'est ça ?

Si c'est ça, alors je suis un grand éveillé non ? Mais bon, ça m'étonnerait quand même...

C'est une constatation importante, mais j'ai dû mal à voir ça comme une voie complète, ça me parait un peu léger quand même... ou alors j'ai pas compris de quoi il s'agit... mais s'il n'y a rien à pratiquer, je ne vois pas ce qu'on peut comprendre d'autre que ce que je viens de décrire (je suis une conscience etc)
David Dubois a consacré pas mal de textes pour expliciter cette voie, de manière convaincante je trouve. Au premier abord, on a l'impression qu'il ne s'agit que d'une approche intellectuelle, mais je crois qu'il s'agit d'une question de sensibilité. Mon professeur me disait également à propos du vijñâna bhairava qu'il s'adressait globalement à des personnes déjà assez affinées à qui les "pratiques" suggérées par les versets étaient comme des chiquenaudes qui les aidaient à basculer de "l'autre côté". La reconnaissance qui est au fond celle de la non-différence essentielle entre notre faculté consciente (où les phénomènes apparaissent comme dans un espace vacant et impersonnel) et le jeu de shiva se mirant en shakti peut suffire pour celui qui est prêt, au moment propice, à saisir de manière intuitive et profonde son propre Soi. Ce n'est pas mon cas, dans le sens où je vois trop bien que le vertige qui me saisit est encore bien tributaire du domaine discursif, mais rien n'empêche de penser que cela peut fonctionner pour d'autres ou pour nous-mêmes à un autre moment.
kinaram

Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 20 mars 2013, 22:20

Kinaram, tu sembles souvent évoquer une façon de recevoir la "lumière" sans pratiquer le yoga
mais jamais tu ne parles de ton vécu

est ce que toi même a été confronté à des expériences particulières dans des cadres extra-yogas?
Salut Shana! Heu, c'est vrai que je suis très peu prolixe sur mes expériences. Ce matin, j'ai parlé un peu de certaines choses que j'ai vécu avec mon guru.
Des échanges, des situations...
Bon, à l'occasion, je tacherai d'être plus "personnel".
Mais irl, c'est encore mieux pour échanger sur ces sujets tout en étant dans la présence et le ressentis. :) Demande à Bombyx ou à Nadir.
J'ai toujours du mal à comprendre ce genre de choses. Comprendre qui l'on est, tu veux dire comprendre qu'on est fondamentalement une conscience dans laquelle apparait des phénomènes : le temps, l'espace, un mental, des sensations, un point d'observation, des rêves, un monde objectif, etc ? Mais que fondamentalement, tout ces phénomènes ne peuvent exister sans un substrat qui est la conscience, c'est ça ?
Amigo, çà n'est pas moi qui ait écrit çà, c'est Swami Lakshman Joo.
Sur le fond, je suis d'accord avec toi. Ca n'est pas parce que tu es conscience que celle-ci est "éveillée" en toi.
Ben non, parce que les mantra agissent sur le corps énergétique, pas sur le physique, toujours la même confusion de ta part...
Très bien...développe alors. :)
kinaram

Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 20 mars 2013, 22:36

Les amis!
Je ne suis pas là pour casser le Hatha Yoga!
Désolé si mes propos peuvent paraitre dénigrer cette magnifique discipline.
Je m'y intéresse d'ailleurs, et je suis ici pour apprendre. Par ailleurs, étant praticien en Ayurvéda, je dois explorer ces aspects je pense aussi.
Excusez-moi si je comprends mal certaines choses qui sont pourtant explicites dans cette discipline.
Il est vrai que j'ai exploré d'autres formes de Yoga. En parler le plus fidèlement possible est mon objectif pour enrichir ce forum d'autres perspectives.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 21 mars 2013, 08:03

On ressent parfois des Aprioris négatifs dans les tournures de phrases envers le hatha-yoga.

J'ai vécu des choses merveilleuses hier soir, cette nuit, et le corps est aussi important que le reste, c'est le lieu du mariage, c'est le temple d'amour.
Le hatha-yoga a quand même une obsession sur le corps, dans le sens ou, au plus on le garde en forme et en bonne santé, au plus on disposera de temps.
Les textes reviennent sans cesse sur les effets de tel postures, tel souffle pour dire combien l'adepte ne sera plus malade, combien il sera beau etc. et en même temps ils disent à chaque fois: mais il ne devra pas se détourner du but.
C'est aussi un piège.
mieux vaut traverser le désert sans eau, que cette vie sans Dieu. (Alex)
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par prajnaPat » 21 mars 2013, 14:20

Kinaram a écrit :
prajnaPat a écrit :Ben non, parce que les mantra agissent sur le corps énergétique, pas sur le physique, toujours la même confusion de ta part...
Très bien...développe alors. :)
Dans le yoga que je pratique ("tradition" Tikhomiroff, mais Denis semble faire exactement la même chose), on utilise les mantra pour stimuler certains centres, ou des nadis (la méditation de type japa existe aussi bien sûr). Par exemple, si tu veux stimuler fortement le 1er chakra, tu peux utiliser un bija mantra associé à ce centre, ou un mantra d'une shakti par exemple. Bon, il faut associer ça avec des postures, des respirations, etc.

Peut-être que le mantra agit à travers le corps mental ou causal, où je ne sais pas quoi, mais à mon niveau concrètement, on ressent surtout des effets au niveau des centres énergétiques. Le mantra suscite une stimulation supplémentaire à ce que fait la pratique physique + la visualisation, et le mantra est choisi en fonction de son affinité avec la pratique que l'on fait.

Par exemple, pour un bhastrika dans la colonne, qui va stimuler toute la structure énergétique de la sushumna, on peut utiliser ram Ksham qui va bien avec l'aspect "feu", l'intensité. Si tu fais un pranayama pour purifier la zone du coeur, tu peux utiliser ham sa par exemple ; il n'est pas directement lié à l'énergie du centre, mais sa qualité sattvique va bien avec la pratique. Mais dans tous les cas, c'est sur le corps énergétique qu'on agit.

L'idée aussi, c'est d'unifier tous les aspects qui apparaissent dans la conscience dans un geste unique, à savoir le corps, la pensée, les émotions, l'énergie, etc.

Pour les nyasa, effectivement, je ne peux pas en parler, car je ne connais pas plus que ça, mais pour moi, c'est juste un geste particulier qui accompagne la pratique dont je viens de parler.

Après on pourrait dire que c'est une utilisation moins "spirituelle" que le japa parce qu'au lieu de faire évoluer le pratiquant tout entier (y compris son monde extérieur), on ne travaille que sur un petit centre énergétique. Oui, mais l'idée qu'il y a derrière, c'est que quand les énergies de ces centres sont stimulées, débloquées, etc, cela amène des énergies nouvelles dans la vie de l'individu, et des changements plus profonds peuvent survenir aussi. Peut-être qu'on évolue plus vite avec le japa dans un cadre initiatique, mais pas sûr qu'on ait une base aussi solide.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 21 mars 2013, 14:55

Ce n'est pas la même pratique !
Dans un premier temps la hatha yoga "nettoie" et "stimule" le corps, pour faire apparaitre la conscience.
Comme si le temple était occupé depuis longtemps par les lianes, les ronces et la jungle.
Avant de songer à y invoquer Dieu, il faudrait tout nettoyer.
Alors les techniques servent à "nettoyer", "purifier" le temple enfoui, pour que l'on puisse y voir un peu plus clair, et y célébrer Dieu et invoquer son nom.

Mais pour celui qui sent en lui l'amour de Dieu, quel besoin de nettoyer ?
Celui là peut s'asseoir sur les ronces, et invoquer son Dieu par amour en récitant son nom.
Le temple n'est pas la fin, mais un début pour l'homme qui ne voit rien.
Comme celui qui a trouvé Dieu n'a plus besoin de courir le monde, il peut s'asseoir sur une pierre et être heureux là ou il est.

Vous m'avez suivi ?

:coeur:
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par prajnaPat » 21 mars 2013, 15:23

Alassea a écrit :Mais pour celui qui sent en lui l'amour de Dieu, quel besoin de nettoyer ?
Tu as peut-être raison, je ne sais pas...
Mais il me semble que ces "nettoyages" peuvent être utiles même pour des gens "avancés"...

Après, on peut aussi confondre amour de Dieu avec une certaine inclination sentimentale... c'est pas forcément une mauvaise chose de s'occuper un peu de ses petites énergies... mais je ne suis pas un spécialiste...
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 21 mars 2013, 15:37

Ok...

Il y a 4 niveaux de résonance du son : Vaikhari, Madhyama, Pashyanti, Para Nada. Du plus grossier au plus subtil.

Lorsque tu prononces un bija par ta voix, tu pousses la vibration jusqu'au niveau physique. La vibration sonore physique agit sur le corps physique. C'est un mouvement matériel de membrane. L'exemple pour cette pratique : lam, vam, ram, yam, ham, om. Chaque consonne vibre physiquement dans la zone du corps physique (annamaya kosha) correspondant au lieu d'influence du chakkra. Il y a forcément un équivalent énergétique, une résonance au niveau du système énergétique (pranamaya kosha).

Lorsque tu pratiques nyasa, tu déposes des bija sur ton corps énergétique et psychique, tu peux aller jusqu'à Madhyama, mais Pashyanti suffit, car on souhaite une protection mentale et émotionnelle dans cette pratique (manomaya kosha), qui consiste à poser des armures spirituelles (kavach). C'est l'identité entre partie du corps physique (microcosme) et la réalité cosmique associée (macrocosme) qui est invoquée selon l'usage sons et de symboles.

L'ajapa japa se réalise au niveau de Pashyanti. C'est une expression du nada accessible par dharana. La semence est spirituelle et s'implante dans l'enveloppe de félicité (anandamaya kosha).

L'émission de semence (bija), représente la pénétration de l'intelligence discriminante dans le champ de la réalité. L'ouverture au champ du réel amène à l'écoute de l’éloquent silence : Para.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 21 mars 2013, 15:40

C'est super bien expliqué !
:super:
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 21 mars 2013, 15:51

Nada yoga et Gorakhnâth

Le grand gourou Gorakhnâth, disciple de Yogi Matsyendranâth, donne une description du nada yoga. Il écrit: "Oh sâdhu, faîtes le japa de Soham". Ce japa doit être fait en esprit. Il doit être fait en conscience, de sorte que même lorsque vous êtes engagé dans vos activité en journée, vous devez être conscient des 21,6000 rythmes de votre souffle tout au long des 24 heures de la journée, à raison de 15 ou 19 respirations par minute (ce qui signifie plus de 900 respirations par heure). Anahad nada va émerger et se manifestera de lui-même. Il ajoute: "Il y aura de la lumière dans la moelle épinière. Le système solaire du nadi surya sera réveillé. Vous sentirez un son indescriptible jusque dans tous les pores de votre corps et ce sera comme Om ou Soham".

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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Odile » 21 mars 2013, 16:06

C'est beau et aussi bien expliqué Kinaram, merci ! :D Mais combien de personnes peuvent rester conscientes de leurs 15 ou 19 respirations par minute durant une journée entière et pendant leurs activités ? :roll:
Ce n'est pas en regardant la lumière qu'on devient lumineux, mais en plongeant dans son obscurité...
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par prajnaPat » 21 mars 2013, 16:51

Lorsque tu pratiques nyasa, tu déposes des bija sur ton corps énergétique et psychique
Oui, c'est ça, mais toi tu parlais du corps physique, et quand je t'ai dit qu'il s'agissait du corps énergétique, tu as fait semblait de ne pas comprendre... T'es bizarre comme type...

Que le japa agisse à un niveau plus élevé, oui je ne dis pas le contraire, mais à mon niveau, c'est du chinois tes explications...
l'Immensité
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 21 mars 2013, 21:46

c'est du chinois tes explications...
C'est un peu çà oui...haha
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Nadir » 21 mars 2013, 22:32

:lol: :lol: :lol:
Celui qui pratique connait. Il devient respecté de moi. Cette connaissance impénétrable à la parole et à la pensée est à obtenir seulement par la pratique.
~ Shiva Samhita ~
kinaram

Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 21 mars 2013, 23:01

:allah:
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Denis » 22 mars 2013, 10:36

Merci pour ce bel échange, j'ai pris le temps de tout relire...

Il me vient un sentiment étrange et amusé...
Dans la voie Pratyabhijnâ comme dans celle de Kula il semble que la relation avec un maître soit obligatoire et que la reconnaissance fulgurante du Pratyabhijnâ ou par étape de kula ne puisse exister sans cette relation. De plus e pose l'entière question de savoir si cette reconnaissance survenue, tout est acomplie, j'endote sincérement.
C'est pour cela que le Hatha Yoga devient pour moi un chemin bien agréable et complet...
En lisant YogaTattva Upanishad on nous montre qu'on a besoin de personne pour avancer sur le chemin !
Il semble qu’en faisant augmenter les vibrations de sont corps grâce au pranayama et aux postures on puisse cheminer bien loin et on retrouve ici la vision d’anayopaya ou encore un peu plus subtile de Shaktopaya.
Tout pratiquant de Hatha Yoga, qui englobe quand même le pranayama (de plus en plus rare dans les nouveaux yoga sportifs) et des techniques profondes de concentration et de méditation, évolue de anavopaya vers Shaktopaya et l’énergie fait alors son chemin.
Ainsi tu dis une chose importante Kinaram, tu ne sens pas le besoin de faire des postures car tu as fais des arts martiaux, je ne t’ai pas rencontré et je ne sais comment fonctionne ton corps, tes énergies, mais j’ai rencontré d’autres pratiquants d’art martiaux (entre autre Sami et moi même) et je sais qu’ils ont développés un aspect très important de la pratique du Hatha Yoga, celui de l’abnégation et de la capacité réelle à savoir prendre sur eux et gérer la puissance de l’énergie et certaines difficultés et douleurs.
Dans un stage ou la retraite je vois souvent cela, il y a un moment où le corps devient fatigué et les gens lâchent tout, plus aucune tenue, le dos se courbe et le personnage revient dans sa dérive psychologique…
Rare sont ceux qui ont cette capacité à se tenir dans l’adversité et je crois que pour beaucoup d’occidentaux, apprendre déjà cela serait pour eux un beau chemin.
Je crois aussi que le piège est bien grand de partir en Inde pour rencontrer « son maître » et vouloir alors vivre un shaktipath et revenir de làbas en disant, « yes, j’ai eu l’éveil », alors on voit après des gens arriver sur le forum avec cette grande illusion et cette capacité à dire « je suis un éveillé », c'est triste car ils devront tomber de leur hauteur…
Il y a peu de temps Tara Michael m’a demandé de faire venir un maître qui porte justement le nom très évocateur de Yogi Matsyendranath Maharaj, et je suis allé voir son site, des photos et des vidéos, j'ai coimmuniqué avec lui, mais j’avoue ne pas avoir envie de vraiment le rencontrer, quelque chose me glace dans son personnage…

Alors je vais dans les bois, dans la solitude de l’instant, j’entre dans l’intime de l’énergie et la lumière me comble.
En revenant de ma folle sortie nocturne, je regarde tout cela et je suis amusé…
Etalage de noms et titres, plus ou moins pompeux, de rêves, d’illusions de désirs terribles comme l’idée de vouloir trouver son maître, l’idée de se croire éveiller…

Je ne sais où mon chemin me ménera, mais plus le temps passe et plus j’ai envie de rester immobile, dans le silence… :wink:
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 22 mars 2013, 10:56

Ainsi tu dis une chose importante Kinaram, tu ne sens pas le besoin de faire des postures car tu as fais des arts martiaux, je ne t’ai pas rencontré et je ne sais comment fonctionne ton corps, tes énergies, mais j’ai rencontré d’autres pratiquants d’art martiaux (entre autre Sami et moi même) et je sais qu’ils ont développés un aspect très important de la pratique du Hatha Yoga, celui de l’abnégation et de la capacité réelle à savoir prendre sur eux et gérer la puissance de l’énergie et certaines difficultés et douleurs.
Salut Denis!

C'est vrai que le karaté a été mon école de vie de mes 6 à mes 16 ans. J'ai grandis avec la karaté, c'est inscrit jusque dans mes os. J'ai appris beaucoup sur le plan mental aussi, concentration, abnégation, oui, c'est très vrai, surtout que l'école à laquelle j'étais affiliée était "traditionnelle" (çà vient peut être de là mon engouement pour les traditions "authentiques"). En effet, elle était (est toujours?) affiliée à la fédération japonaise, et non à la fédération sportive française...
Mon seinsei, Daniel Lautier, que je salue, était un personnage hors du commun. Il était capable de passer de la décontraction, rigolade, à une fermeté, austérité et rigueur extrême en l'espace de quelques minutes. Et une humilité... Je me souviens de son regard quand on faisait les cons avec les copains en cours (à l'école primaire et au collège, tu parles...lol). Ca nous refroidissait direct, sans violence, tout dans la suggestion. Il fallait se tenir!
Il semble qu’en faisant augmenter les vibrations de sont corps grâce au pranayama et aux postures on puisse cheminer bien loin et on retrouve ici la vision d’anayopaya ou encore un peu plus subtile de Shaktopaya.
Ca je ne sais pas. J'ai reçu Shaktopaya par mon gurudev. On emploie l'image d'un vase qui se déverse dans un autre vase, tout en continuant d'être rempli par la source. Le vase suprême c'est la source elle même. Je ne vois pas vraiment comment on peut s'y repérer là dedans tout seul, à moins d'être un pratiquant exceptionnel comme Ramana Maharshi, qui reconnait néanmoins en Arunachala son guru, et dont la présence de siddha (dont des tantriques) à Tiruvanamalai l'aidait à vivre l'éveil. Il y a tout un monde à Arunachala, et Ramana est la fleur que l'on connait le mieux de là bas...
Même Ramakrishna a eu des gurus. Et il a exploré Vama Marga par l'initiation d'une Bhairavi.
Même chose pour Swami Satyananda Saraswati. Ses enseignements yogiques proviennent je crois de Shivananda, mais ses approches proprement tantriques, d'une Bhairavi également...
So...
Tout est possible, je ne sais pas.
Je crois aussi que le piège est bien grand de partir en Inde pour rencontrer « son maître » et vouloir alors vivre un shaktipath et revenir de làbas en disant, « yes, j’ai eu l’éveil », alors on voit après des gens arriver sur le forum avec cette grande illusion et cette capacité à dire « je suis un éveillé »
Shaktipat ne se passe pas qu'en Inde, c'est une tradition universelle, au delà des formes religieuses. On retrouve des éléments dans le récit de Jean Yves Leloup sur la manière dont les moines orthodoxes de l'Athos éveillent l'énergie intérieure, font "descendre" l'esprit saint sur le pratiquant (l'onction). C'est vrai aussi dans l'Islam, le bouddhisme, etc, etc...On reçoit Shaktipat quand on est prêt à le recevoir, peu importe le contexte. Par ailleurs, certains maitres, et c'était le cas je pense de Nityananda de Ganeshpuri, émane naturellement de leur réalisation, des effluves de Citshakti qui réveillent l'énergie interne de ceux qui entrent en son contact.

Cà peut être une expérience bouleversante. Et c'est ainsi que je comprends la puissance du Satsang (en compagnie de la vérité). Par exemple : tu te souviens de la présence de Tara Michael au cours de ton stage. Sa saveur t'a marqué, t'a imprégné. Tu l'as perçu à travers son élégance. On peut dire que c'est une imprégnation. Maintenant, imagine une présence "réalisée" dont la réalité est faite de "vérité". Il voit la vérité, il entends la vérité, se nourrit de vérité, respire la vérité, est la vérité. Et bien cela entraine une véritable "percée" dans l'univers intérieur des gens qui l'entourent. L'expérience peut ne pas être agréable parfois aussi! Imagine que tu te retrouves face à toi même en sa présence et que cette rencontre te laisse un goût amer...Il y a donc cette notion d'imprégnation dans l'expérience de Shaktipat. Au début, on attribue cela à quelque chose d'extérieur. Puis peu à peu, on se rend compte que c'est de nous même, notre part divine, dont nous nous imprégnons. D'où l'idée de progression dans cette voie. Les manifestations "énergétiques" sont à la mesure de l'intensité de l'expérience vécue en esprit, et le retentissement mental et émotionnel que cela entraine. Dans la tradition chrétienne orthodoxe on dit que cette initiation intérieure fait vivre l'apocalypse. Ce qui veut dire révélation en grec.


On peut croire que ce sont des légendes et du cinéma aussi (des vidéos de gens qui se tordent dans tous les sens, etc), mais il y a aussi du vrai là dedans, sauf que çà ne passe pas forcement par des contorsions hein... :wink: Il y a une saveur plus mystique, un regard qui s'ouvre, une nouvelle dimension qui se laisse explorer, etc...
Pour ce qui est des titres pompeux et des écoles, Shaktipat ne dépend pas de titres ni d'écoles, l'expérience est l'école. Les titres ont été inventé pour rappeler la réalisation intérieure qu'entraine Shaktipat. C'est pas parce qu'on a le titre qu'on a la réalisation. Et quand on a la réalisation, on ne s'attache pas au titre.
Il y a peu de temps Tara Michael m’a demandé de faire venir un maître qui porte justement le nom très évocateur de Yogi Matsyendranath Maharaj, et je suis allé voir son site, des photos et des vidéos, j'ai coimmuniqué avec lui, mais j’avoue ne pas avoir envie de vraiment le rencontrer, quelque chose me glace dans son personnage…
P'tet parcequ'il est russe qu'il glace...Ho, facile celle-là.
Je ne ferais aucun commentaires sur lui. Et cette absence de commentaires en dit long...haha
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 22 mars 2013, 12:00

Je ne vois pas en quoi les arts martiaux ont quoi que ce soit à voir avec le yoga ...
J'ai fais du judo à un haut niveau jusqu'à la ceinture marron, j'étais qualifiée pour les championnat de France et j'ai cassé le genoux d'une fille, parce que je ne l'aimais pas, qu'elle était grosse et naze, qu'elle ne gagnait aucune médaille, bref, j'étais une conasse, obsédée par la gagne, et je gagnais sans effort particulier.
J'ai été virée pour ça, et je n'ai pas pu faire les championnats, ni plus jamais de judo mon prof m'a dit ce jour là : Tu ne remonteras jamais sur un tatamis tant que tu ne te seras pas excusée.
Je me suis excusée il y a quelques semaines, et je l'ai fais parce que je fais du yoga.
Donc pour moi les choses vont en sens inverse, le yoga permet l'évolution en nous, depuis le plus grossier, jusqu'au plus subtil.


Et lol pendant que je tape ce post mon prof de judo indique que nous étions ensemble à l'école de judo sur FB étrange coïncidence, surtout ça fait 15 ans que je ne l'ai pas vu :lol:
Désolée pour cet aparté
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Même quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es à mes côtés. ૐ
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par kinaram » 22 mars 2013, 12:07

Je me suis excusée il y a quelques semaines, et je l'ai fais parce que je fais du yoga.
Tu es sûre que çà n'est pas plutôt parce que tu regrettais ton geste???

Gigin Funakoshi, Dojokun Karate Do :

1. Jinkaku kansei ni tsutomuru koto
Cherchez la perfection du caractère

1. Makoto no michi o mamoru koto
Soyez fidèle

1. Doryoku no seishin o yashinau koto
Soyez constant dans l’effort

1. Reigi o omonzuru koto
Respectez les autres

1. Kekki no yuu o imashimuru koto
Retenez toute conduite violente

http://shotokaratesenlis.over-blog.com/ ... 15982.html

"Le but ultime du Karaté-Dô ne réside pas dans la victoire ou dans la défaite, mais dans la perfection du caractère de ses pratiquants"

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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Denis » 22 mars 2013, 14:06

Alassea a écrit :Je ne vois pas en quoi les arts martiaux ont quoi que ce soit à voir avec le yoga. ..
je n'ai pas dis qu'il y a un lien entre arts martiaux et Yoga, j'ai dis que les arets martiaux permettent de vivre la tenue et l'abnégation que beaucoup devraient travailler dans notre monde.
Kinaram a écrit :Je ne vois pas vraiment comment on peut s'y repérer là dedans tout seul
On ne s'y repert peut-être pas quand cela nous tombe dessus et qu'il y a personne autour de nous, juste on tente de canalyser ces énergies...

Sinon, je te conseille de lire ce sublime texte du Yoga Tattva Upanishad qui est sur le forum, tu verras comment on peu entrer dans l'énergie en pratiquant simplement hatha Yoga...
J'ai une autre traduction encore plus précise pour ceux qu'ils le souhaitent, merci de me contacter en MP...
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par Alexandra » 22 mars 2013, 15:08

Dans le sens, je n'aurai pas suivi cette évolution sans le yoga, il m'a fallut presque 15 ans pour m'excuser, alors que j'avais tort !
Je savais que j'avais tort, mais me rabaisser à m'excuser auprès d'une personne que je trouvais grosse, molle et nulle c'était pas possible !
Je dis ça et j'ai vraiment honte de ce comportement et je vois ou ça peut mener si on a ce genre de pensée et un peu de pouvoir ...
C'est en faisant du yoga, que j'ai commencé à "me voir" et à agir sur moi.
Finalement, je me suis excusée, et j'ai remercié cette fille de m'avoir permis de le faire, et intérieurement je la remercie pour tout ce qu'elle m'a permit d'apprendre à ses dépends.

Il y a un code moral au judo ju jitsu aussi, dont le respect, l'humilité, la non-violence.
Cette année là mon prof m'avait appris les points de frappe, comment mettre hors combat un adversaire, et les points mortels.
J'ai désobéi à tous les codes et enseignements.
Et si je n'avais jamais atterrie sur la voie du yoga, je ne serai qu'une sombre bordille aujourd'hui.
Donc tout ça pour dire que le yoga physique, malgré une pratique avancée des sports de combat, peut-être une véritable voie de transformation.

Alors on s'y met quand ? :lol: :D
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par trananda » 22 mars 2013, 18:23

"la tenue et l'abnégation" C'est seulement avec ca que l'ont peut arriver à ses fins quoi que l'on decide d'entreprendre ,non?
Au grès du vent et des courants . J' apprend.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par lorkan739 » 22 mars 2013, 18:51

Je suis d'accord...

Selon moi, exclure hatha yoga du Trika c'est ne pas avoir compris ce qu'il est...
Krishna a écrit :Abandonne tous les dharmas et prends refuge en Moi seul, je te delivrerai de tout pêché et de tout mal, ne t'afflige point.
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par lorkan739 » 22 mars 2013, 19:26

"Il y aura de la lumière dans la moelle épinière. Le système solaire du nadi surya sera réveillé. Vous sentirez un son indescriptible jusque dans tous les pores de votre corps et ce sera comme Om ou Soham".
Abhinavagupta a écrit :Dans cette conjonction unifiante, du fait qu'elle est conscience, naît une prise de conscience refléchie de soi. C'est l'énergie de volonté, maîtresse suprême des énergies non redoutables.

Cette même énergie entrant en effervescence apparaît comme la Souveraine. Alors naissent les déesses suprêmes non redoutables, guide sur la voie shivaïte.

Cette reprise de conscience de soi seule et unique précedemment apparue, qui est éclosion de l'univers du connaissable, existe maintenant sous l'aspect d'énergie de connaissance. C'est la déesse Parāparā qui émet sans cesse le cercles des Mères redoutables, éclairant seules la voie pure-impure.

Quand émerge la partie [de la Conscience] relevant du principe d'objectivité, l'effervescence apparaît fortement. Dans ce qui n'est que pure conscience naît alors la déficience. On dit que, quand celle ci est bien établie, le chemin de l'objectivité commence à apparaître. Cette stabilisation consiste à ce que l'ocean de connaissance assume des aspects variés. Les Yogins savent que c'est le germe de ce qui formera la différenciation.

- Le Tantraloka - Shāmbhavopāya
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par lorkan739 » 22 mars 2013, 19:47

Il y a 4 niveaux de résonance du son : Vaikhari, Madhyama, Pashyanti, Para Nada. Du plus grossier au plus subtil.
Abhinavagupta a écrit :L'énergie de volonté, ayant comme on l'a dit, deux aspects : effervescent et non effervescent, prendra en elle de deux façon l'objet sur lequel elle porte. La rencontre avec ce sur quoi elle porte [se fera] soit par une énergie ignée, à l'éclat instantané, pareil à l'éclair, soit dans la stabilité, qui a la nature de la terre.

Même si dans l'énergie d'éveil et d'éclosion le connaissable est abondamment présent, celle-ci n'est cependant que le lieu où il se manifeste, non celui de sa première naissance.

Ce quadruple aspect de l'énergie de volonté, on l'appelle ambroisie suprême. Comme il ne peut se produire aucune autre effervescence, ces [quatres phonèmes] ne sont le germe de rien d'autre.

Etre germe [, en effet], c'est être cause d'effervescence. L'état de matrice est celui de receptacle. C'est la nature de la Conscience de créer de l'effervescence, de l'agitation : elle s'agite elle-même et elle agite. Être agité, troublé est la nature même du connaissable : en causant cette agitation [la Conscience] l'extèriorise. L'effervescence est le désir d'émettre ce qui en elle est germe inséparablement unis à l'univers en tant que celui-ci lui est intèrieur, et le fait de causer de l'agitation, c'est, on le sait, la manifestation de la volonté de [faire apparaitre] une réalité en ce qui n'éprouve pas de désir.

Ainsi parvenu à l'unité, la Volonté atteint son but. Les fils spirituels de Somānanda le nomme réceptacle de l'effervescence.
Enfin moi je dis ça, mais je ne suis qu'un blaireauva qui ne pratique même pas !

:wink:
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prajnaPat
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Re: Un point sur le Trika par Lakshman Joo

Message par prajnaPat » 22 mars 2013, 21:10

Denis a écrit :Il y a peu de temps Tara Michael m’a demandé de faire venir un maître qui porte justement le nom très évocateur de Yogi Matsyendranath Maharaj, et je suis allé voir son site, des photos et des vidéos, j'ai coimmuniqué avec lui, mais j’avoue ne pas avoir envie de vraiment le rencontrer, quelque chose me glace dans son personnage…
C'est vrai qu'il a l'air très très "détaché", je sais pas comment dire... mais personnellement, j'ai un ressenti plutôt positif (ça vaut ce que ça vaut... je ne l'ai pas rencontré). Il tient un forum, très peu actif (sudamanath y est inscrit...),
http://forum.nathas.org/
J'aime bien les photos sur son site : http://nathas.org/en/photo/
En tout cas, on ne peut pas lui reprocher de ne pas suivre la tradition... et lui pratique le hatha (voir ses vidéo sous youtube, taper matsyendranath).

Sinon, Denis, ce que tu dis, ça me fait penser au type dont j'avais posté une vidéo dans la section vaudou et qui suit une tradition synchrétique vaudou-chamanisme-christianisme, il disait qu'en tant qu'individu, il n'accrochait pas avec le maître spirituel de sa lignée, mais qu'il reconnaissait son autorité spirituelle, apparemment, les 2 aspects peuvent être ressentis différemment.
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