Pratiques des Natha Yogins

Tantrisme ...
Un mot usité de partout, mis à toutes les sauces. Venez nous parler de vos expériences et idées sur cette voie.

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Michel C
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Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 03 déc. 2017, 19:15

Bonjour chers tous et chères toutes

Je reviens vers vous pour vous faire part de mon nouvel ouvrage, retranscrire mes expériences de Natha Yogin.

Toute de suite, je préviens ici les esprits chagrins, je n'ai pas les oreilles percées, et je n'ai pas été adoubé par un Gourou Indien issu d'une lignée dûment patentée,
mais désire plus simplement, contribuer à la simplicité de cœur et cheminer ainsi avec vous sur la voie adamantine chère aux Natha Yogins.

Il s'agira de revisiter les thèmes propres à cette voie en redonnant, sans être exhaustif, les grands axes de la pratique et de la théorie du Natha Yoga.
Nombreuses et nombreux seront celles et ceux qui se reconnaitront, car le yoga reste somme toute un seul et même arbre qui pousse continuellement
d'âge en âge et de génération en génération.

Cet arbre existe bel et bien, il est tout poussé dans le royaume du cœur, il est l’arbre de la vie, il réside dans le jardin secret de notre propre intimité, les oiseaux qui s’y posent sont toutes nos pensées, ses branches puissantes sont notre propre prise de conscience, son tronc est la certitude inébranlable, sa futaie est la grandeur de son efficience, son feuillage est la beauté exubérante, ses fruits la jouissance radieuse, ses fleurs l’ivresse de la connaissance, son ombrage le frais nectar de l’immortalité.

Hommage au Svayambhu Linga !
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Michel C
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 03 déc. 2017, 19:18

Selon Tara Michaël (sanskritiste émérite) en citation de son étude :

Shri Âdi-nâtha est la Source de toute connaissance du yoga et du tantra. Il est Akula, le "Sans lignage", en qui apparaît et se déploie Kula ou Shakti, d'où proviennent toutes les lignées de Nâtha-siddhas.

Le Guru est considéré comme une manifestation de Âdinâtha Shiva. Sa demeure éternelle est sur la cime du mont Kailasha dans l'Himalaya, près du lac Manasarovar. Sa majesté se manifeste dans les douze jyotir-linga. Son mantra est: Omkâr âdinâthâya namah.

Selon le mythe fondateur, le dieu Shiva, Âdinâtha, dispensait les enseignements secrets, à son épouse la déesse Pârvatî, au pied du Mont Kailasha et au bord du lac Manasarovar. Dans la solitude des Himalaya, et dans le lac, un poisson (matsya) qui s'était caché là, écouta alors les enseignements au sujet de la divinité de l’Être Absolu et de toutes formes de sa Vie Terrestre.

Dépouillé par la puissance de cette révélation de sa forme de poisson, et recevant la grâce et la bénédiction de Shiva, il devint Matsyendra, le "Seigneur du poisson", le premier des Nâtha-siddhas.

Goraksha-nâtha est le plus illustre disciple de Matsyendra-nâtha, il répandit la voie du Hatha-yoga à travers toute l'Inde. Go signifie "vache", il est appliqué aux organes des sens; rakshâ veut dire garde, surveillance, protection; Goraksha est à la fois celui qui protège les vaches et celui qui est protégé par les vaches.

Un texte de bhakti, Bhakta-vijaya par Mahîpati, raconte ce mythe sur la naissance de Goraksha: un jour, Matsyendra-nâtha, pendant sa tournée d'aumônes, s'arrêta devant la maison d'un riche marchand, et cria "Alakh" (du sanscrit alakshya, l'Indéfinissable, l'Ineffable, désignation apophatique du Brahman suprême), auquel on reconnaît les Yogin aux oreilles percées.

La maîtresse de maison sortit en apportant son offrande, et fut étonnée de sa splendeur. Elle lui fit une requête: "je n'ai pas d'enfant, faites-moi la grâce de m'indiquer comment je pourrais en avoir un". Matsyendra bienveillant prit une poignée de cendres sacrées, y imposa la puissance d'un mantra, et les versa dans les mains de la femme, en disant :" dès l'instant où vous absorberez ces cendres, mêlées à un peu d'eau, vous concevrez un fils". Et il s'éloigna rapidement. La femme déposa les cendres dans son sanctuaire domestique, puis elle alla consulter ses amies et confidentes du voisinage. Celles-ci jetèrent le doute en elle, la persuadèrent que ce n'était qu'un tour de magie noire, et elle se débarrassa des cendres.

Douze ans plus tard, Matsyendra surgit à nouveau à la porte de cette maison, et à son cri : "Alakh", la femme sortit. Matsyendra lui dit: "permets-moi de voir sur-le-champ le fils qui t'est né après que je t'ai donné les cendres sacrées." Elle resta silencieuse, craignant d'être maudite.

Matsyendra reprit :
- Dis-moi si tu as avalé les cendres ou si tu les as jetées quelque part ?

La femme répondit :
- J'ai écouté les avis des autres, circonvenue par le doute, je les ai jetées dans le foyer, puis elles ont été collectées dans ce large fossé où les fermiers mettent leur bouse de vache.

Matsyendra s'approcha du monceau de fumier et appela d'une voix forte : "Alakh". Du sol sortit une voix: "O commandement de mon Guru", et un jeune garçon de douze ans, glorieux et lumineux, doué de toutes les marques du génie, émergea à cet endroit, non souillé par la bouse. Matsyendra le prit par la main et l'emmena. Comme il avait vécu dans un mélange de bouse et de cendres pendant douze ans, il fut nommé avec affection Goraksha-nâtha.

Cela explique la relation étroite entre Goraksha et la vache et tout ce qu'elle représente, mais aussi son tempérament ascétique, et son indifférence envers les femmes. Rejeté par celle qui devait être sa mère humaine, par un juste retour des choses, il fut capable d'ignorer le sexe féminin et de ne pas tomber dans les pièges tendus par celui-ci.

Goraksha-nâtha est l'un des neuf Nâthas selon le Mahârnava-tantra, l'un des douze Gurus humains (mânava-guru) selon le Kaulâvalî-tantra et le Shyâmâ rahasya, l'un des douze Kapâlika selon le Shâbara-tantra. Il est placé en tête, avec Matsyendra, de la liste des quatre-vingt-quatre siddhas par le Varna-ratnâkara, la Hatha-yoga-pradîpikâ et d'innombrables autres textes.
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Michel C
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 03 déc. 2017, 19:20

La tradition Natha constitue une voie à part entière. Elle est suffisamment riche pour contenir toutes les pratiques et tous les usages du yoga. Assurément, une vie entière ne suffirait pas à en faire le tour. Cette voie comporte principalement les postures (asana), les souffles (pranayama), les gestes (mudra), les fixations oculaires (drishti), les formules énoncées (mantra) et les phonèmes monosyllabiques (bija), la visualisation de diagrammes (yantra), les ligatures (bandha), les purifications (kriya), les nettoyages (neti), la relaxation (nidra), les massages subtils (nyasa), les concentrations (dharana), le retrait des sens (pratyahara), l’adoration (bhakti), l’étude des textes sanskrits (jnana) et les méditations (dhyana).

De manière plus simple, voici la hiérarchisation des pratiques de cette voie :

Kriya (purifications au sens large, remplace Yama et Niyama du yoga de Patanjali)
Asana (Postures)
Pranayama (Contrôle des Souffles)
Mudra (Gestes avec les mains et tout le corps)
Pratyahara (Retrait des sens)
Dharana (Concentration)
Dhyana (Méditation)
Samadhi (Absorption)

Il est à noter l’importance des mudrâ dans cette échelle. D’une façon générale, les mudrâ sont des raccourcis, ils permettent d’éviter tout ce qui est « ennuyeux » et « fastidieux ». (yama, niyama, asana, dharana, etc..) On est censé y récupérer tout ce qui est acquis en prânayama. Il s’agit surtout de ne plus respirer et de tenir le vide ou le plein. Dans le tantrisme, l’état méditatif vient directement après les mudrâ, que ce soit après une montée d’énergie ou non. L’ordre est toujours : asana, prânayama, mudrâ, état méditatif. Il est à noter clairement que l’état méditatif s’accompagne ici de l’absence complète de souffle. Dans l’état méditatif se produit la Kévali Kumbhaka soit la suspension spontanée des souffles. L’individu se tient alors au centre de lui-même comme dans l’œil du cyclone où n’existe plus aucune agitation.

A l’instar des autres écoles tantriques, les Natha accordent une grande importance à la Kundalini Shakti. La visée principale du yoga tantrique est bien d’éveiller l’énergie de la Kundalini de sorte qu’elle puisse retrouver les centres du haut et notamment le Sahasrara Chakra et s’unir à Shiva en la sensation divine de la pleine Conscience.

Nous rappelons ici que la Kundalini Shakti n’est autre qu’une énergie de prise de conscience, elle est l’énergie de conscience de l’être universel qui s’éveille à lui-même. En tant que pure affectivité et pure vibration, elle insuffle le devenir chez toutes les créatures animées ou inanimées et possède tout pouvoir sur le cœur des hommes et des femmes.

Pour se libérer en une seule vie du conditionnement humain, les Natha ne préconisent ni les pratiques religieuses extérieures ni la connaissance des traités. Ils insistent sur une voie directe aussi brève que possible, celle que découvre l'adepte en lui-même et jusque dans son propre corps, lieu privilégié de l'expérience amoureuse, que celle-ci concerne la divinité, l'énergie ou l'univers.

A cette fin les Natha recourent à un seul moyen : l'intuition et la pureté de cœur. On les appelle en conséquence sahajiya, adeptes de la spontanéité. Ils se caractérisent par la simplicité du cœur et de l'esprit. Grâce au sahajasamadhi la pensée s'absorbe progressivement dans la félicité, l'impression erronée d'objectivité et de dualité s'estompe et finalement disparait. Lorsqu'un tel état de conscience se répand dans toutes les activités journalières, le yogin, quelles que soient les circonstances n'éprouve qu'une seule et même saveur (samarasa) qui imprègne l'univers entier.

C’est pourquoi il est nécessaire de sanctifier, de transfigurer le corps, car il faut un corps pur, subtil et adamantin pour obtenir des pouvoirs surnaturels. Mais, ici point n’est besoin de pratiques ardues et fastidieuses, le contrôle du souffle s’obtient en faisant pénétrer les souffles dans la voie médiane (sushumna) grâce à la friction unifiante des souffles ascendant et descendant qui n’exercent plus la dualité. Cette pratique s’effectue sans effort, la pensée étant devenue stable, les sens le deviennent également. Quant au contrôle sexuel, il dépend de l’énonciation intérieure (ajapajapa) ; en effet dès que tout a fondu dans la voie médiane, le yogin entend intérieurement une sonorité spontanée (anahata nada) et s’il demeure vigilant à son égard, la kundalini s’éveille puis s’élance dans le centre supérieur où elle s’unit à Shiva.

Ainsi atteint-il de façon aisée, naturelle, innée, l’état d’absorption dans la félicité (unmani) qui transcende la pensée et devient-il un homme, une femme, libre, sans attache. (avadhuta).

Mais pour obtenir cet état, un guru appartenant à une lignée véritable est indispensable : il doit être vénéré à l’égal de Shiva. C’est lui qui effectue chez le disciple la tenue du souffle, l’absorption de la pensée et l’éveil de la Kundalini.

De nos jours, le yoga Natha est encore bien vivant. A l’instar du tantrisme, il se trouve plus adapté à notre monde moderne particulièrement perturbé, et il ressurgit pour proposer un enseignement puissant et direct à l’encontre de la perdition et la complexité de notre civilisation. Ce yoga recherche la puissance, les pratiques de feu et l’élévation de la fréquence vibratoire. Il est abrupt et vise au centre de l’individu l’union de Shiva et Shakti dans les chakras et dans la Sushumna Nadi par la recherche de l’éveil de la Kundalini Shakti.

L’augmentation significative du niveau d’énergie procure toujours de bonnes sensations, les expériences s’avèrent plaisantes, le surcroit d’énergie aiguise les désirs et affine les sens, les nourritures terrestres deviennent encore plus délicieuses et savoureuses. De plus la montée d’énergie offre à l’adepte une puissance mentale décuplée et peut engendrer un sentiment de supériorité. Au fil des expériences l’adepte peut avoir l’impression d’appartenir à une élite, à une classe de privilégiés en rapport avec une population qui lui serait inférieure. Dans cette façon de penser et à coup sûr, l’énergie entraîne de grands désordres et de grandes déceptions. L’énergie agit ici comme une drogue, et l’adepte ressent le besoin de se lancer de nouveaux défis, d’en vouloir toujours plus. Il attend impatiemment le moment où il pourra retrouver ces états de pouvoirs. Cet aveuglement entraîne toujours des fautes et des chutes qui peuvent rapidement éloigner le pratiquant de la voie véritable du yoga. Cette puissance peut devenir un obstacle et une perdition lorsqu’elle est mise au service de l’ego et de la recherche d’une quête de reconnaissance mondaine. Invariablement, l’énergie, une fois montée finira toujours par redescendre, c’est sa nature de varier ainsi à l’infini et de relier les pôles d’opposés. C’est ainsi que ces cycles peuvent entrainer de grandes perturbations, de grandes déceptions et de grandes désillusions.

Elle devient par contre une voie précieuse, et une voie très efficiente, lorsque cette belle énergie est mise au service de la simplicité, de l’humilité et de la générosité du cœur. En ce sens il faut prendre en compte tous les aspects de l’énergie et mettre toutes ses potentialités au service de la Conscience universelle et non de l’ego phénoménal. Dans les pratiques qui élèvent le niveau d’énergie, il faut toujours garder une grande vigilance ainsi que d’une grande lucidité, pour comprendre ce qui s’accomplit à l’intérieur de soi. Il convient de se connaître soi-même et de toujours garder une visée purement intérieure et spirituelle, offrir le fruit de ses actes à la Conscience universelle.

Pour suivre ce chemin, il faut avoir une confiance absolue en son Guru, il est le guide, il est celui qui mène à Sat Cit Ananda (Être Conscience et Béatitude), notre condition native de bienheureux et bienheureuse. Le Guru réside en ce lieu (Shiva Loka), il montre ainsi, aux êtres affligés par le devenir, le chemin qui mène au-delà de la forme, à cet état de lumière et de paix.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Denis » 03 déc. 2017, 20:57

Merci Michel pour ce texte qu’il me semble avoir déjà lu, je ne sais où ?
Il me semble qu’il manque des choses dans la liste des pratiques, notemment tarka et surtout puja
Enfin pour ce qui est des études de textes mon guru, yogi Matsyendranath, en a étudié des dizaines et nous conseille d’apprendre Le sanskrit et même lindhi pour bien les comprendre directement
Il ne faut pas aussi oublier que pour être Nath il faut avoir reçu des initiations d’un véritable guru dans cette lignée
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Elise » 03 déc. 2017, 21:45

:) Merci !
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Michel C
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 04 déc. 2017, 09:21

Merci Denis

Je ne connais pas le Tarka, pourras-tu nous en dire un mot ?

Sinon, en introduction, comme indiqué,
il y a des séquences tirées du Site de Tara Michaël
et de mémoire, des séquences tirées de "La Kundalini ou l'énergie des profondeurs" de Lilian Silburn.

Merci à toutes celles et ceux qui voudront bien enrichir ce travail...
Encore une fois, ils nous appartiendra de dégager simplement les grands thèmes du Natha Yoga.

A bientôt pour d'autres écrits

Michel
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par philippe12 » 04 déc. 2017, 19:52

Bonjour a tou-te-s

merci Michel C :allah:
superbe et inspirant passages
et merci pour le lien vers le site de Tara :coeur:

je te dedie ma pratique de ce jour et ce magnifique couche de soleil hivernal
Capture.PNG
Capture.PNG (166.35 Kio) Vu 4664 fois
OM NAMAH SURYA NAMAH


C’est un plaisir de vous lire

Je vous souhaite
Une VIE remplie
D’AMOUR et
De LUMIERE
"Abhyâsa Vairâgyâbhyâm Tan-nirodhah"
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 10 déc. 2017, 20:21

Le yoga peut se définir simplement par un retour à soi. À un moment de sa vie, l’individu comprend qu’il lui faut tourner son regard vers le dedans, qu’il lui faut s’occuper en premier lieu de son corps et de la sensation intérieure. Le yoga commence par ce retournement des sens vers le dedans. Cette décision essentielle d’emprunter la voie du yoga n’est pas facile, elle n’est jamais prise à la légère. Souvent, il faut le dire, ce retour à soi fait suite à des difficultés, à des souffrances physiques ou morales. Ce peut être la maladie, le décès d’un proche, une faillite dans les affaires, ou toutes autres déceptions et désillusions de la vie. Ce peut être également une lassitude des plaisirs matériels, de la superficialité des rapports humains, de la fatuité, de la luxure et de la vanité à y discerner un véritable projet de vie. Mais ce peut être aussi plus simplement, l’intuition de vouloir s’améliorer, de donner du sens à sa vie, d’y trouver une meilleure qualité, une recherche intérieure pour de nouvelles connaissances sur soi-même et les secrets de la vie.

Sur ce sujet la tradition établit trois catégories de parcours parmi les humains :

En premier lieu sont celles et ceux qui ne sont attirés que par les plaisirs matériels et les nourritures terrestres. Leurs seules préoccupations sont l’accumulation des biens matériels et la jouissance des plaisirs de ce monde. Mais cela n’est rien en comparaison de leur recherche de reconnaissance mondaine, car en vérité ce qu’ils désirent secrètement n’est rien d’autre que l’admiration de leur propre personne. Ceux-là dit-on constituent le bétail des Dieux et des Déesses (pashu). Leurs états de conscience dans les moments de plaisirs et de déplaisirs sont aussitôt consommés par ces maîtres et maitresses qui ne leur laissent aucun répit. Cette vision métaphorique du bétail parqué dans son enclot n’ayant accès qu’à un pré carré d’expériences limitées, illustre bien la condition naturelle des hommes et des femmes vivant sur cette terre. Cette condition est soumise à des puissances qui cherchent irrémédiablement à s’exprimer, il faut assouvir les pulsions irrépressibles de la faim, de la soif, du sexe et encore du désir incoercible de reconnaissance de sa propre personne.

En second lieu sont celles et ceux qui connaissent les mêmes expériences que les premiers, mais qui contrairement à eux, désirent sincèrement s’extraire de cette condition. En eux naissent la volonté de s’affranchir des désirs matériels pour une nourriture plus spirituelle. Préférant donner un sens moral à leur vie, beaucoup veulent ainsi privilégier la qualité à la quantité. Ils perçoivent à l’intérieur d’eux-mêmes des sensations de beauté et de pureté qui ne les laissent pas indifférents. Ceux-là sont, en vérité, à la croisée des chemins, ils et elles possèdent les qualités pour s’affranchir des illusions de la vie matérielle et sont réellement doués pour éprouver les réalités spirituelles de la vie intérieure. Mais dans les faits, la plupart se fourvoient dans des engagements militants ou poursuivent des causes justes, reproduisant à leur insu les mêmes motivations de reconnaissance mondaine. Ils s’égarent ainsi dans des voies politiques, sociales ou culturelles qui ne sont en réalités que des impasses menant à l’oubli de soi. Plus rares sont celles et ceux qui comprennent que si le monde pose problème, c’est en rapport avec leur propre comportement et leur propre jugement face au monde et non à cause du monde lui-même. « Si tu veux changer le monde commence par te changer toi-même » nous dit le célèbre dicton de Gandhi. Pour ces derniers, s’ils décident d’emprunter la voie du yoga et s’ils rencontrent un maître avéré d’une lignée véritable, tout devient permis et le chemin s’ouvre alors vers la réintégration de la totalité de leur être, le Soi.

Enfin faut-il encore mentionner celles et ceux pour qui tout est déjà fait. De par leur naissance, tout est déjà accompli. S’il convient de faire encore quelque effort sur la voie, c’est seulement celui du souvenir et de la reconnaissance de leur propre nature. En s’unissant à eux-mêmes, ils se reconnaissent alors comme étant de nature pure, parfaite et omnisciente. Ces êtres plongés dans leur propre Soi appréhendent l’Univers comme un reflet de leur propre intériorité. Ils ne sont pas soumis au Karman, leurs actions n’atteignent aucun but, les fruits de leurs actes sont offerts au feu du détachement intérieur. Agissant en toute spontanéité, au service de la Conscience, ils se vouent à une vie purement spirituelle, à la compassion, à la louange des Dieux et des Déesses, à l’adoration et la contemplation divine.

Pour celles et ceux qui cheminent en quête de vérité et veulent s’affranchir du voile de l’illusion, il faut donc s’efforcer et suivre les enseignements du yoga. Ce chemin symbolise le travail sur soi et l’aventure de la connaissance intérieure. Il est traditionnel chez le maître, à ce moment de décision, de faire douter l’élève et de lui proposer une véritable réflexion avant même de commencer. C’est ainsi que la première qualité requise est l’envie de s’engager sur ce chemin. Il faut une grande conviction pour s’élancer sur la voie du yoga, il faut la volonté de quitter pour toujours la vie mondaine et la ferme intention d’aller le plus loin possible dans ce voyage sans retour. Paradoxalement tout est déjà contenu dans cette première intention - l’élan est Bhairava – c’est-à-dire que l’adepte, par ce seul élan, par cette seule volonté, peut atteindre immédiatement son but, la réalisation du Soi. En effet, à ce point de départ, tout est déjà parfaitement exprimé : partant de Soi est le toucher du Soi en le retour à Soi. Pour l’adepte qui réalise ainsi cette continuité du Soi, le point de départ se confond avec le point d’arrivée et il n’y a alors plus nulle part où aller.

Mais rares sont celles et ceux pour qui le chemin peut être ainsi abandonné si vite. La plupart doivent continuer à cheminer et à travailler sur eux-mêmes. Selon la tradition Natha, il faut commencer par apprendre à mobiliser les meilleures énergies. Une fois la décision prise de s’engager sur le chemin du yoga, il n’y a plus que des certitudes, celles de suivre les directives du Guru et de s’appliquer dans les pratiques proposées. Ojas est le nom sanskrit donné à cette mobilisation des énergies. Ojas est ainsi la vitalité profonde de l’individu, elle est la véritable force motrice sur le cheminement intérieur. En vérité, ce sont les mêmes déterminants qui projetaient l’individu vers l’extérieur et qui maintenant le poussent à agir vers l’intérieur.

Selon Lilian Silburn : « Énergie consciente, la Kundalini est à l'origine des deux courants qui régissent la vie : prâna , énergie vitale, et vîrya efficience virile au sens large, le premier mettant l'accent sur l'aspect épanoui de l'énergie et le second sur son intensité adamantine. Ce sont les deux manifestations de la vitalité profonde (ojas) dont ils émanent avant de se fondre en une seule énergie à saveur unique (sâmarasa), béatitude propre à la fusion de la vie de l'instinct et de la vie intérieure et mystique. »

Dans la pensée indienne Ojas est considéré comme force de caractère. Cette puissance est contenue au niveau de la tête, du mental. Il s’agit de cette aura d’autorité dont jouissent les fortes personnalités. Ces derniers sont écoutés, leurs paroles sont prises en considération, elles possèdent du poids. Sans nier la partie innée de cette qualité, chacun peut assurément cultiver et développer Ojas. En yoga, dans les postures par exemple, il est important d’apprendre à se concentrer, à développer la fermeté et la stabilité mentale. Par la répétition juste des exercices, l’élève apprend la constance, la ténacité et la pugnacité. Toutes ces dispositions d’esprit permettent d’accroitre Ojas et d’emmagasiner de la puissance mentale. Au fur et à mesure du temps passé dans les pratiques, à force de se concentrer et de bien s’appliquer, l’élève accumule de la confiance, du savoir-faire sur lui-même, il gagne en force physique mais aussi en force mentale. Il est important de comprendre également que les capacités à mobiliser les meilleures énergies, à se concentrer et gagner en détermination peuvent servir aussi bien en yoga que dans la vie pour faire face aux difficultés du quotidien.

Nous voyons combien Ojas est une force subtile très importante qu’il convient de développer en soi. Si la pratique du yoga passe par le corps, la visée reste tout intérieure. À ce titre, l’un des buts du yoga, est bien d’accroitre la puissance mentale de l’individu, d’accroitre Ojas.

Pour être exhaustif, l’élève doit accompagner les pratiques de yoga par un changement dans ses habitudes de vie. S’il avait laissé s’installer de mauvaises habitudes de vie, il faut qu’il les abandonne sans tarder. Pour mobiliser les meilleures énergies, l’élève doit se maintenir en forme avec une bonne hygiène de vie. Il est excellent par exemple de doubler la pratique du yoga par celle d’un sport en plein air. Dans ce cas, il est préférable de choisir des sports qui fassent travailler le corps de manière équilibrée. La marche, la course, le vélo, la natation si possible en mer ou en rivière sont des activités physiques qui complètement idéalement la pratique du yoga. À ce sujet il est préférable d’enchaîner dans l’ordre : activité physique et yoga, et non l’inverse, de sorte à finir sur une pratique intériorisée, véritable but de tout l’exercice.

Dans le Tantra, les attaches deviennent des fils conducteur vers la liberté, et les désirs de puissantes énergies pour suivre le chemin de la réintégration vers la totalité de son être. Le tantrika n’ignore rien de ses désirs et de ses pulsions et notamment de ses pulsions sexuelles.
L’adepte à la voie de l’énergie comprend que l’énergie sexuelle se trouve être le désir de tous les désirs. Il faut alors sublimer cette énergie, pour la faire remonter vers les centres du haut. Il s’agit ici d’un travail sur soi extrêmement difficile. Certains sâdhus en Inde pour maîtriser cette énergie, s’afflige des mortifications, pouvant aller jusqu’à écraser les corps caverneux du pénis et empêcher ainsi toute érection potentielle. Sans aller dans ces extrêmes, l’adepte doit prendre conscience des énergies animales présentes dans les centres du bas. Frustration, colère, désir sexuel, faim et soif doivent être surveillé de près. Il s’agit non pas de réfréner ces énergies mais au contraire de les faire remonter vers le haut par le conduit de la sushumna nadi. L’adepte doit ainsi assumer son animalité et reconnaître en lui ce potentiel : énergie de défense du territoire, énergie sexuelle d’accouplement et de perpétuation de l’espèce, énergie de prédation, de la faim et de la soif. C’est indiscutablement dans ce réservoir que l’adepte doit puiser pour élever sa fréquence vibratoire et augmenter sa puissance mentale (Ojas).
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hridaya
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par hridaya » 11 déc. 2017, 13:27

merci Michel .
chevauche la monture du silence, afin de rejoindre le Guru Kabir
tybz
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par tybz » 11 déc. 2017, 13:56

Oui merci Michel et merci pour ton site :)
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 02 janv. 2018, 18:26

Pour élever sa fréquence vibratoire et son niveau d’énergie, le yogin s’emploie à des pratiques de feu appelé « tapas ». Un tapas ou tapasya est un exercice qui cherche à maîtriser les sens et les désirs afin de brûler du karma et s'approcher de moksha, la libération.

Sur la voie du yoga, l’élève doit se servir des désirs et des attaches pour faire tapas. Les énergies du désir, des attaches envers les objets matériels deviennent alors une force motrice pour avancer sur la voie du yoga. L’énergie de par sa nature vibratoire relie les pôles d’opposés. Elle n’a pas de sens moral, elle manifeste et donne réalité aux modalités de la seule Conscience. Le yogin va ainsi inverser le sens de l’énergie pour lui donner une visée purement intérieure. Celui qui comprend cette inversion du sens donné à l’énergie devient maître du monde.

L‘adepte offre l’énergie de ses propres motivations, de son propre devenir à la Conscience, il se jette volontiers dans les flammes d’une pratique assidue et intense. Ce qu’il accomplit est le sacrifice de lui-même dans le feu de sa pratique personnelle. Il offre son devenir et toutes ses prédilections au feu du sacrifice de sa pratique yogique. Il répète inlassablement les exercices que lui donne son Guru, il suit aveuglément le fil de l’énergie, tirant le plus fort possible pour avancer dans la sensation intérieure et découvrir de nouvelles connaissances sur lui-même et sur tout l’univers.

C’est ainsi que le chemin doit toujours être parcouru avec force enthousiasme et grande ferveur. L’adepte doit prendre plaisir à ce sacrifice et y engager tout son être. Il n’y a rien au-dessus de cette pureté d’intention. L’adepte doit reconnaître cette énergie et s’en emparer pour faire grandir en lui le feu de sa pratique quotidienne et son désir intense pour s’affranchir du voile de l’illusion. Cette énergie est en vérité le désir de la Conscience pour se connaître elle-même. Elle est l’énergie toute proche des émanations de Shiva Shakti, le couple divin qui préside au banquet de la Vie. Ce désir de tous les désirs est la source de tout ce qui est et désire exister. Sans ce désir le monde s’écroulerait et disparaitrait dans le néant. Iccha est le nom donné à cette énergie, elle est la pointe centrale, la plus haute, du trident de Shiva. Elle est la motivation du monde, elle est la source de toute création, elle est à l’origine de la manifestation des êtres et de tous l’univers. C’est encore elle qui fait tourner les planètes, du soleil et de la lune et du jeu prodigieux du jour et de la nuit. Elle est associée dans l’alphabet sanskrit à la voyelle « I ». Sans le « I », Shiva devient Shava, un cadavre.

Si l’adepte s’immerge et s’identifie parfaitement à cette énergie, il réalise la Science Pure et Véritable (Shuddhavidya) du Seigneur Shiva. Il passe de l’autre côté du voile des apparences (Mâyâ) et reconnaît sa propre nature comme étant celle de la Conscience universelle et éternelle.

Mais rares sont celles et ceux pour qui le désir peut ainsi devenir libération. Aussi faut-il poursuivre le tapas, et brûler le karma, véritable purification intérieure. L’adepte doit concevoir que le monde est peuplé de proies et de prédateurs. Le monde est un vaste sacrifice perpétuel, sans nous en rendre compte, nous sommes à tour de rôle mangé et mangeur. Le soma est l’oblation rituelle, elle est l’offrande, la lune, les nourritures, les fruits. Agni est le soleil qui brûle d’une passion dévorante, il est le feu qui consume et fait monter dans le ciel de la Conscience les saveurs et les parfums subtils des offrandes. Le sacrifice yogique ou tapas est ainsi d’offrir à la Conscience le feu de sa pratique, des sensations du corps dans sa propre intériorité.

Dans le Shivaïsme tantrique, il existe l’archétype sublime de Nataraja, le danseur cosmique. Shiva danse avec ses quatre bras et ses deux jambes, dans sa chevelure se dressent des serpents symbolisant la kundalini shakti, tout autour se trouve un cercle de flammes. Ces feux sont toutes les sensations de tous les sens qui alimentent la Conscience. En effet chaque sensation est un toucher, l’odorat est le toucher de particules odorantes sur les glandes olfactives du nez, le gout est le toucher des aliments sur les papilles de la langue et du palais, la vue est le toucher des photons de lumière sur la rétine, l’ouïe est le toucher des ondes vibratoires sur le tympan et enfin le toucher un frottement sur la peau, enveloppe corporelle donnant une identité à la personne. C’est ainsi que toutes sensations sont produites par un toucher, un frottement, un feu dans lequel sont jetés les objets de tous les sens pour éprouver la sensation entière du Soi, le sacrifice cosmique.

En vérité, l'être se dévore lui-même (Bhairava) et par ce seul fait, accomplit le sacrifice de la vie. Tout ce qui existe et désire exister en ce monde est motivé par une seule et même énergie, la plus haute que rien ne peut enfreindre et à laquelle nul n’est soustrait, il s’agit de la sensation de Soi comme étant celle d’une condition sans limite, véritablement infinie, que seul le sacrifice immédiat à l’instant exigé de toutes les autres, comble incessamment en un perpétuel flot sans fin.

Tapas reproduit ainsi le sacrifice cosmique au sein de l’adepte en son for intérieur, tapas fait émerger au centre de la roue du devenir, comme dans l’œil du cyclone, la sensation du spectateur immobile, le centre immuable, le seul sujet conscient.

Si la vie est un feu, le désir est son aliment, sa flamme son éclat. L’art du yoga est ainsi de faire briller en soi une flamme la plus claire et la plus brillante qui soit. Les scories du karma et des imprégnations des vies passées doivent être intégralement brulées, dissipées, anéanties. L’énergie doit circuler librement dans un corps devenu pur, léger et adamantin.

Il faut comprendre que les désirs animent nos pensées, que les pensées deviennent nos actes et qu’à la fin nos actes construisent notre destinée. En ce sens nos pensées sont comme des catalyseurs de l’énergie. C’est ainsi qu’il faut purifier les désirs, sonder le cœur, dissiper les vieilles lunes, ne plus suivre nos anciennes chimères et abandonner nos illusions de châteaux dans le ciel. Il convient au contraire d’avancer dans la connaissance intérieure et de s’ouvrir à la vastitude de ce monde et à sa dimension verticale.

Le tantrika prend ainsi conscience qu’il lui faut purifier ses pensées, changer sa vision du monde et se mettre au clair avec lui-même. Il comprend que ses pensées constituent son véritable trésor, sa compréhension du monde sa seule réalité. La caractéristique première du mental est sa plasticité, c.à.d. sa capacité à épouser toutes sortes de formes conceptuelles, de visions et de points de vue différents. D’autre part le mental ne peut concevoir l’absence ou la négation, il ne sait retenir que la forme et non l’absence de forme. Par exemple la pensée de négation d’une peur sera comprise par le mental comme identique à cette peur, car elle constituera le seul objet auquel le mental pourra prendre forme.

De fait, comme il existe une hygiène du corps il existe également en yoga une hygiène des pensées. Il convient toujours de penser de manière positive et favorable. Il faut affirmer en soi le beau, le juste et le bon. Il convient toujours de souhaiter le meilleur, de privilégier le côté favorable. Toute autre façon de penser fera naître un doute, une peur.

Ne jamais oublier, pour le mental : chasser le doute c’est en être la proie !

Le monde dans lequel nous vivons n’est pas un cercle clôt où les mêmes phénomènes se répètent indéfiniment. Au contraire, il reste perpétuellement ouvert, en découverte de nouvelles connaissances. À cet égard chaque jour, chaque instant reste bien unique. C’est ainsi que l’enchaînement des causes et des effets nécessite l’introduction permanente de nouvelles données, de nouveaux déterminants. Ces nouvelles données sont en réalité introduites par nos propres pensées. Elles permettent à l’environnement de se renouveler et d’être toujours nouveau, toujours neuf. À un niveau archétypal, il s’agit du pouvoir de la Conscience qui sonde son propre cœur, se rappelant perpétuellement à elle-même.

C’est ainsi qu’une pensée durablement soutenue par une énergie spontanée, sincère et véritable, produira inévitablement l’effet recherché tel un reflet apparaissant librement dans le miroir de la Conscience. Cela s’appelle également la loi d’attraction, ou l’effet de catalyse ou encore « le feedback » et plus essentiellement : le principe de primauté de la pensée sur la matière.

Pour qu’une pensée soit véritablement efficiente, il faut qu’elle trouve une résonnance en soi-même, il faut qu’elle corresponde à un désir profond d’accomplissement. La pensée devient alors un déterminant suffisamment puissant pour influencer l’environnement en vue de sa propre réalisation. Cela est véritable est peut engendrer des phénomènes étonnants, réellement surprenants, cela est efficient, cela créé le monde.

Au fil du temps, grâce au feu de sa pratique, le corps de l’adepte devient comme un creuset par lequel il se purifie et se nettoie de toutes les impuretés. Un jour, par la somme de ses mérites, de ses pratiques accomplies et par la grâce du Guru, quelques secondes suffisent, le yogin déchire le voile de l’illusion, il traverse le miroir de la Mâyâ, il accède à la connaissance véritable, tout est Conscience, tout est UN.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Yo-ho » 03 janv. 2018, 06:08

Michel C a écrit :Merci Denis

Je ne connais pas le Tarka, pourras-tu nous en dire un mot ?
En attendant, je me permets de te proposer la lecture du 4 eme chapitre du Tantrâloka : Saktopâya
J'aurais voulu en mettre des passages, mais c'est impossible, lorsque je tire un fil c'est toute la pelote qui vient, et je n'ai pas le temps de recopier, car je suis en train de me le relire en boucle :)

Et part cela, je te remercie de tes publications.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Elise » 05 janv. 2018, 10:14

Bonjour,

Quel bel échange :) J'aime beaucoup la partie sur Icchâ.

Sur Tarka j'aimerai également en savoir plus, il y'a déjà eu un topic dans le forum la dessus : http://www.pratique-du-yoga.com/forum/v ... php?t=1656
Et ici : http://www.pratique-du-yoga.com/forum/v ... rka#p35351
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Lisa83 » 05 janv. 2018, 20:50

Merci Michel pour tes écrits.
Comme toujours, c'est un plaisir de te lire, ton écriture est vivante, fluide et didactique.

Pour avoir été récemment à Gorakhpur, j'atteste que la tradition Natha est bien vivante.
Goraknath Mandir est un lieu où réside une Paix incroyable.

Guruji Matsyendra Nath nous avait évoqué la puissance de ce lieu, lors du précédent stage.
J'ai retrouvé en ce lieu la qualité de l'énergie, si je peux dire ainsi, de Guruji. Puissance XXXX...

Impressionnant aussi de voir l'alignement des Natha yogi (ici juste un aperçu).
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Capture d’écran 2018-01-05 à 20.38.52.png (60.17 Kio) Vu 4282 fois
Fichiers joints
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Om Mâ Jay Jay Mâ
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Yo-ho » 06 janv. 2018, 02:54

Wow Lisa !
Quel beau voyage...C'est vraiment cool de voir cette image des Natha Yogi, et l'idée de méditer dans leur temple.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 06 janv. 2018, 08:38

Un jour, par la somme de ses mérites, de ses pratiques accomplies et par la grâce du Guru, quelques secondes suffisent, le yogin déchire le voile de l’illusion, il traverse le miroir de la Mâyâ, il accède à la connaissance véritable, tout est Conscience, tout est UN.
Un jour... :wink:
Om
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Lisa83 » 07 janv. 2018, 10:48

Je reviens sur ce que tu écris, Michel, car cela fait écho en moi et rejoint ce qui m’apparait au fil de la pratique.

La plupart des pratiques consistent au départ à éviter la déperdition d’énergie, à nettoyer ou purifier afin de modifier la qualité des énergies, à développer et augmenter cette énergie. Somme toute pour atteindre la pleine potentialité de ce que nous sommes. Cette procédure compte des risques dont le plus commun est de développer des être gonflés d’orgueil et d’ego se pensant supérieur à la norme.
Il me semble que le Vrai Yogin n’est pas de ceux-là. Même s’il est sans complaisance.
Réaliser son plein potentiel n’a de sens que s’il a pour dessein de servir l’Universalité et le Soi parce que son regard est constamment tourner vers le Divin.
Le Soi signifie le Tout. Ce qui rappelle un des chapitres de la Bhagavad Gîta où Krishna demande à Arjuna de contempler la Gloire divine qui s’étant du plus terrifiant des êtres au plus merveilleux. Reconnaitre le Soi, c’est Le voir en tout et en toutes choses, sans jugement, le regard neutre et détaché du système de valeurs conventionnels.
« Contemple, Ô Partha, Mes formes, par certaines de milliers ; diverses en nature, divines, de toutes les couleurs et de toutes les formes » et de rajouter « Mais tu ne peux pas Me contempler avec ton oeil (humain); Je te donne la vision surnaturelle, contemple Ma puissance divine ».

Développer les énergies transforme profondément notre vie, notre perception du monde, notre action sur le monde.
Le Yoga est un chemin sans retour.
Comme c’est vrai. Impossible de faire marche arrière. Ce qui a été ouvert ne peut plus être refermé. C’est en quelque sorte une boite de Pandore. D’ailleurs, les maux que renferme cette boite sont sensiblement les mêmes que ceux que la Déesse Bhairavî appelle à combattre (égoïsme, convoitise, colère, jalousie, désir sexuel…).
Le Yoga demande un travail sur Soi permanent. Il ne s’agit en rien d’observer Yama Nyama extérieurs dans le but d’obtenir des faveurs mais de comprendre profondément ce qui convient, considérer l’autre comme soi-même, avec autant d’empathie, d’égard et de bienveillance que l’on pourrait en avoir pour soi-même. Avec un regard rempli de compassion. Car nous sommes profondément Cela. C’est une vision à expérimenter de l’intérieure. Ce n’est pas un concept mental.

En découle forcément un sentiment d’isolement face au reste du monde. C’est là où il convient de garder optimisme et attitude positive. Cela se construit naturellement et presque indépendamment de la volonté au fil de la pratique. Ce n’est pas une contingence forcée et pénible. Nullement, c’est le fruit de l’ascèse, le résultat visible et mesurable. C’est une réalité. C’est le résultat de Tapas quand elle est bien menée.
La force du feu allumé en soi est issu de Tapas. Tapas étant la discipline, les exercices et le travail que l’on fait sur soi. Elle n’est d’aucune façon une mortification du corps. Et cette ascèse n’a de sens que si elle sert le plus grand. Comme l’indique le sage Bhisma dans le Mahabharata : « le détachement et l’humilité, voilà enseigne-t-on le suprême tapas. Celui qui possède ces deux vertus, est comme en état de jeûne et de chasteté perpétuel. L’adoration du divin, du deux-fois-né, du guide spirituel, du sage, la pureté, la rectitude, la continence, l’absence de meurtre et de violence à l’égard d’autrui, telle est l’ascèse du corps. Un langage qui ne blesse pas, véridique, amical et bénéfique, l’étude régulière des écritures, telle est l’ascèse de la parole. La sérénité et la clarté de l’esprit, la douceur, le silence, la maîtrise de soi, l’entière purification du caractère, telle est l’ascèse mentale »
Et la Bhagavad Gîta (dont est extrait ce passage) de rappeler que ceux qui s’infligent des austérités violentes ne font que renforcer la force de leur désir et de leur passion pouvant les conduire à devenir des oppresseurs de la terre aux desseins égoïstes et destructeurs. Ne faisant que tourmenter le Divin… (le Divin étant en tout être, tourmenter son prochain revient à Le tourmenter).
L’enthousiasme et la ferveur font parties intégrantes de Tapas.
Là aussi, on mesure à quel point la simplicité s’impose. Simplicité et sobriété.
De plus, développer la force en soi, la stabilité inébranlable permet de faire face aux baisses d’énergie car tant que nous sommes vivant, impossible d’y échapper. La dualité est là, Maya est là. A nous de rester en permanence sur la brèche, sur le fil du rasoir. L’art du yoga est de revenir à l’essentiel, à la simplicité, à développer la générosité du coeur et le don.
Pour reprendre tes termes, « L’art de faire briller en soi une flamme claire, brillante » et auquel j’ajouterais, « constante ».
Happy and positive… and think different!

Le Yoga est le fil conducteur vers la liberté, fil dont est composé le tissage qui s’établit entre soi et le monde, la signification même du mot Tantra.

Voici un extrait qui semble bien a propos et que j’aime particulièrement :
(commentaire de Lilian Silburn dans la Maharthamanjari)
« Le Saubhagyahrdayastotra chante la Déesse Abeille qui siège dans le lotus du Coeur et se joue en surface, dans les organes des sens, allant et venant de la ruche - le coeur - aux fleurs : parfums, formes et couleurs… afin de butiner diligemment leur suc. Telle est l’attitude du très grand yogin qui, comme Mahaprakasa, sans jamais quitter le coeur, centre de la roue cosmique, goûte aux plaisirs variés des sens situés à la périphérie. » Le Guru est indispensable au cheminement et la confiance qu’on lui attribue est indiscutable. Reconnaître son Guru, c’est reconnaître Shiva. C’est l’absolu. La confiance qu’on lui accorde est sans faille. Comment contester Sa parole, se comparer à Lui ou Le juger?

Par ailleurs, je partage ici le témoignage vivant du ministre actuel de l’Uttar Pradesh qui atteste de la tradition bien vivante des Natha Yogi.
« Le crâne rasé, un anneau d'or à l'oreille, en tunique orange, nourrissant ses vaches avant l'aube : c'est l'image que Yogi Adityanath, le nouveau ministre en chef de l'Uttar Pradesh, aime répandre dans les médias. Celle d'un ascète hindou dévoué à la religion, qui se lève à 3 heures du matin pour mettre de l'ordre dans l'administration paresseuse et corrompue du plus grand Etat indien, aussi peuplé que le Brésil. Il a commencé lundi soir à auditionner lui-même les nouveaux cadres de l'Etat, qu'il souhaite «honnêtes et drogués au travail».
A lire l’article de Libération dont est extrait ce passage :
http://www.liberation.fr/planete/2017/0 ... de_1559382
Capture d’écran 2018-01-07 à 10.53.29.png
Capture d’écran 2018-01-07 à 10.53.29.png (279.07 Kio) Vu 4200 fois

Souhaitons nous de Trouver l’Etre androgyne qui est en nous, de réunir le féminin et le masculin, Unir Shiva et Shakti ou encore Prakasa et Vimarsa afin de réaliser Mahaprakasa.

Belle pratique à tous.
Har Har Mahadev
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 07 janv. 2018, 12:57

Lisa a écrit :d’égard et de bienveillance que l’on pourrait en avoir pour soi-même. Avec un regard rempli de compassion. Car nous sommes profondément Cela. C’est une vision à expérimenter de l’intérieure. Ce n’est pas un concept mental.

En découle forcément un sentiment d’isolement face au reste du monde. C’est là où il convient de garder optimisme et attitude positive..
C'est ce que je retiens de mes premiers pas aux côtés des Nath. Ils vous prennent par la main et ne vous laissent pas tomber. Tandis que dans d'autres cercles yogiques on y trouve au final de la mesquinerie.

Bien que j'eusse toujours considéré mes ami(e)s de la Nath Sampradaya comme identiques en qualités ; je ne me lasserai jamais de le vivre :
Yogi Matsyendra Nath est un Guru pas comme les autres...
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Denis » 09 janv. 2018, 02:41

Merci Lisa pour ce que tu dis là, il y a de très belles choses !
Pour autant Krishna demande à Arjuna de faire la guerre et de tuer les ennemis car ne pas entrer dans l'action serait pire encore que de tuer des ennemis...
Il y a aussi un être extraordinaire qui fut Gandhi et qui est entré en guerre contre les Anglais pour les chasser de l'Inde, s'il s'était contenté de belles paroles toutes gentilles les anglais seraient encore en Inde...
Je crois que chacun de nous, en fonction de la force et du courage qui l'anime peut entrer dans le monde et avoir des actions fortes pour tenter de le transformer ou de faire évoluer des choses ou des gens tout en acceptant d'être critiqué et malmené, ce fut aussi le rôle du Christ...
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Lisa83 » 10 janv. 2018, 21:41

Bonsoir

Oui krshna demande à Arjuna de rester sur le champ de bataille.
En quelque sorte c’est ce que fait aussi premier ministre actuel de l’Uttar Pradesh en assumant les responsabilités qui incombent à sa fonction et en prenant des décisions tranchantes.
Nous sommes en vie et si la grotte est importante pour pouvoir s’y recueillir (qui peut être symboliquement la grotte du coeur), il en demeure pas moins que c’est dans le monde qu’il nous faut vivre, comme le conseillait Shri Ma Anandamoyi a ses disciples.
Renoncer aux fruits de ses actions est encore une autre étape.

Belle pratique à tous
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Yo-ho » 11 janv. 2018, 07:00

Cela m'évoque le passage du Samkhya lorsqu'il dit approximativement de mémoire quelque chose comme « Ne t'attache pas à la vertu » et « Mais dans le doute tu suivras le chemin de la vertu »
La vertu commande de ne pas tuer son prochain, Krishna est dans le doute car la situation d'aller au combat exige de tuer, Arjuna voit la situation dans sa globalité, il est une conscience claire à ce moment là.
C'est une relation de maître à disciple qui est là pour éliminer la dualité, c'est au delà du jugement bien ou mal, c'est faire face aux exigences d'une situation de combat qui se présente et que l'on a pas voulu.
Cette histoire n'est pas celle d'un égo qui prétend aller sauver le monde en déclenchant une guerre, pour faire triompher sa vérité personnelle. Pour faire la différence entre les deux, il faut vraiment être exceptionnel. Arjuna et Krishna dans cette histoire ne sont pas des êtres ordinaires face à une situation ordinaire
Mais nous qui sommes des êtres ordinaires nous suivons le chemin de la vertu, sans toutefois nous y attacher, c'est à dire sans en faire un étendard que l'on brandit à la figure des autres.
J'aime ce qu'explique Eric Baret à propos de l'assassin - Il disait : la société le condamne et c'est normal c'est son rôle de préserver l'intégrité de chacun.
Mais nous, nous n'avons pas le droit de le condamner une deuxième fois moralement, car si nous étions exactement lui, nous aurions fait exactement comme lui, ce qu'il nous faut comprendre c'est tout l'amour dont il a manqué pour en arriver à cet acte.
C'est pourquoi je suis d'accord avec ce que tu dis Denis, et je suis d'accord aussi avec ce que tu dis Lisa.
surf's
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par surf's » 11 janv. 2018, 12:59

Vous ne me connaissez, mais merci merci d'apporter vos lumières sur les questionnements ravivés par la rencontre mensuelles avec les aspirant(e)s yogi(ni)s :)

quant au retrait du monde
Lisa83 a écrit :Bonsoir

Oui krshna demande à Arjuna de rester sur le champ de bataille.
En quelque sorte c’est ce que fait aussi premier ministre actuel de l’Uttar Pradesh en assumant les responsabilités qui incombent à sa fonction et en prenant des décisions tranchantes.
Nous sommes en vie et si la grotte est importante pour pouvoir s’y recueillir (qui peut être symboliquement la grotte du coeur), il en demeure pas moins que c’est dans le monde qu’il nous faut vivre, comme le conseillait Shri Ma Anandamoyi a ses disciples.
Renoncer aux fruits de ses actions est encore une autre étape.

Belle pratique à tous


quant à la violence et au meurtre
Yo-ho a écrit :Cela m'évoque le passage du Samkhya lorsqu'il dit approximativement de mémoire quelque chose comme « Ne t'attache pas à la vertu » et « Mais dans le doute tu suivras le chemin de la vertu »
La vertu commande de ne pas tuer son prochain, Krishna est dans le doute car la situation d'aller au combat exige de tuer, Arjuna voit la situation dans sa globalité, il est une conscience claire à ce moment là.
C'est une relation de maître à disciple qui est là pour éliminer la dualité, c'est au delà du jugement bien ou mal, c'est faire face aux exigences d'une situation de combat qui se présente et que l'on a pas voulu.
Cette histoire n'est pas celle d'un égo qui prétend aller sauver le monde en déclenchant une guerre, pour faire triompher sa vérité personnelle. Pour faire la différence entre les deux, il faut vraiment être exceptionnel. Arjuna et Krishna dans cette histoire ne sont pas des êtres ordinaires face à une situation ordinaire
Mais nous qui sommes des êtres ordinaires nous suivons le chemin de la vertu, sans toutefois nous y attacher, c'est à dire sans en faire un étendard que l'on brandit à la figure des autres.
J'aime ce qu'explique Eric Baret à propos de l'assassin - Il disait : la société le condamne et c'est normal c'est son rôle de préserver l'intégrité de chacun.
Mais nous, nous n'avons pas le droit de le condamner une deuxième fois moralement, car si nous étions exactement lui, nous aurions fait exactement comme lui, ce qu'il nous faut comprendre c'est tout l'amour dont il a manqué pour en arriver à cet acte.
Belle journée à vous.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 13 janv. 2018, 23:35

Oui Lisa, le yogin cultive les qualités du héros : courage, générosité, équanimité, pugnacité, spontanéité, solidarité, indépendance, liberté… Ces qualités ne sont pas vaines, elles indiquent les orientations de l’esprit et les comportements qui permettent de se purifier sur le chemin du yoga. Par exemple, le héros se montre toujours magnanime envers les faibles et exigeant envers les puissants, il cultive la spontanéité ainsi que l’originalité, il garde sa liberté de pensée et ne suit pas toujours les chemins tracés par le plus grand nombre. Il assume sa différence et ses choix pour une qualité de vie purement intérieure.

Et encore de la pratique des Natha Yogins au sujet de la sadhana :

Pour s’en aller à la quête de lui-même, le yogin comprend qu’il lui faut mobiliser ses meilleures énergies. Pour ce faire il active le feu de sa pratique intérieure, il y consume les désirs des actions passées et encore de ses anciennes vies. De plus, pour parvenir à ses fins le yogin possède une arme redoutable, une pratique ultime, un joyau de perfection : la sadhana.

Sadhana se traduit littéralement par "le moyen d'accomplir un but". La Sadhana implique une pratique quotidienne du yoga. A travers cette régularité, le yogin développe son autodiscipline pour mettre son mental et son corps au service de son esprit et de son potentiel infini. D'après les enseignements traditionnels, la sadhana la plus puissante est celle du matin : avant le lever du jour, tout est calme et l'inclinaison entre le Soleil et la Terre est idéale pour réveiller les énergies. C'est la meilleure introduction à la journée. Le simple fait de se lever plus tôt, en combattant son ego paresseux, avec la volonté de pratiquer, entraine un énorme travail sur le contrôle de notre mental et donc sur le développement de notre propre conscience. Dans le Natha Yoga, il est dit que chaque jour de la sadhana est un pas de plus vers la réalisation finale et la libération de l’âme.

La sadhana peut se pratiquer seul ou en groupe. Seul, elle nous permet de travailler sur notre propre conscience, en mettant en œuvre toute notre volonté. En groupe, elle offre en plus la possibilité d'harmoniser les volontés et les esprits en le partageant avec un collectif. Les énergies s'équilibrent et s'enrichissent mutuellement. Une personne traversant un moment ombragé de doutes ou de douleurs peut être ainsi rattrapée par d'autres énergies plus claires et plus saines. Les champs magnétiques fusionnent et forment comme un égrégore puissant et efficient. Chacun peut ainsi se purifier en prenant comme un bain d’énergie dans cette nouvelle aura collective. Cela induit également une communication plus intuitive entre tous les participants.

Au début de l'engagement dans cette pratique, la sadhana peut être vécue comme une obligation pratiquement dépourvue de sens. L’ego résiste pour préserver son confort, en tentant de nous persuader que c'est un sacrifice inutile. Mais grâce à la pratique elle-même l'élévation de la fréquence vibratoire prend le relais et le mental va se trouver neutralisé. On appelle cette phase aradhana. Le subconscient et l'ego lâchent prise petit à petit, et la pratique n'est plus perçue comme un fardeau, au contraire elle devient une joie. Mais aradhana est constituée de paliers plus ou moins nombreux. A certains niveaux de conscience atteints, nous nous reposons en nous contentant de cet état. Le subconscient reprend alors tout doucement le dessus. La démarche n'a plus la même motivation, et la stagnation peut entrainer un plus grand risque : le recul. Il faut alors retrouver les intentions de départ pour continuer à avancer de manière constante.

Lorsque ce travail sur le subconscient est accompli, aradhana est dépassé et la démarche devient neutre, naturelle et donc infinie; c'est ce qu'on appelle prabupati. Il n'y a plus de conflit possible avec l'ego. La conscience a atteint un niveau universel, et tout peut être vécu dans l'harmonie, la compassion et le pardon inconditionnel. La motivation pour la pratique vient directement de l'âme et c'est ce que le Natha Yoga met en lumière.

A un certain moment de la pratique, l’adepte comprend qu’il ne quittera plus jamais le chemin du yoga. D’aucune manière il n’abandonnera son chemin pour une quête mondaine, plus jamais il ne partagera les inclinaisons matérialistes et partisanes de ses contemporains. La sadhana implique ce constat radical, l’adepte est désormais en décalage avec son entourage, avec le discours ambiant. Il est par contre en relation étroite avec son Guru qui est devenu son maître de conscience. C’est ainsi que l’adepte à la voie véritable peut accomplir sa sadhana le jour de Noël, en réunion familiale, isolé dans une pièce, pour accomplir sa pratique quotidienne pendant vingt minutes. La sadhana commande une régularité absolue qui ne demande aucune excuse, aucune remise au lendemain, aucune absence, aucune négociation. Le yogin n’a qu’un choix : réussir sa sadhana. Cela est la sadhana !

Dans la sadhana tout est accompli, tout est Conscience Divine, le chemin est devenu la libération elle-même. Les énergies qui prennent corps sont d’essence divine. Elles perpétuent le désir de Shiva pour lui-même, elle est la Voie, la tradition orale (Shruti), la relation directe et sans détours avec la Science Pure et Véritable, le chemin qui mène aux plus hautes altitudes, jusqu’au franchissement de la Mâya, pour passer de l’autre côté, là où il n’existe plus aucune différence entre le Guru intérieur et le Guru extérieur.

C’est ainsi que le chemin de la sadhana mène aux pieds du Guru, lieu propice par excellence, où le sadhaka se prosterne avec une joie infinie pour témoigner de sa reconnaissance, de la seule présence, de la Grande Personne (Maha Kâla), de la Grande Sensation (Maha Rasa), du Grand Geste (Maha Mudra) dont le sceau a pour forme l’Univers entier.

L’enseignement Natha se caractérise par la simplicité et la pureté de cœur. C’est ainsi que l’adepte ne pourra concevoir cette union au centre de lui-même, par une saisie intellectuelle, par la connaissance formelle de la tradition et des textes. C’est bien plutôt par la résonnance, la vibration et l’intuition engendrée que l’adepte pourra progresser et franchir le miroir de la Mâyâ. C’est bien par une mise à l’unisson de l’énergie amoureuse que le yogin pourra s’affranchir de l’illusion de dualité. La pleine lune illustre bien cette énergie adamantine qu’il convient de ressentir en soi dans la pratique et dans la vie ordinaire. Il s’agit d’une énergie douce, diaphane, lumineuse et paisible. Elle est l’énergie amoureuse débarrassée de son support, qui ne peut être objet de jouissance. Elle est la vierge à la source de tous les désirs, non encore particularisée, non encore orientée. Elle est l’énergie d’un esprit Saint, se tenant tout près des émanations de Shiva et Shakti, elle est la Mystique.

La mystique n’est pas une ferveur religieuse nécessitant la croyance en un dieu anthropomorphe, elle n’a pas de support extérieur, pas besoin d’une idole, d’une iconographie, de textes et d’études. La mystique est l’énergie engendrée lorsque l’être se tourne vers lui-même. A ce moment où l’être appert à sa propre réalité, au moment de cette première prise de conscience, naît une énergie incomparable qui est la source de toutes les autres. Dans une prise de conscience inexprimable, l’union de l’être à lui-même est empreinte d’une affectivité pure faite jouissance ineffable. C’est cette énergie que l’adepte doit reconnaître et c’est elle qu’il chérit plus que tout. Il s’agit d’une mise à l’unisson de son cœur avec le cœur universel, la vibration et l’affectivité qui imprègne l’univers entier.

Dans la tradition du yoga lorsque le disciple est prêt et que son cœur a été purifié, alors son guru lui donne le mantra d’initiation (diksha mantra). Ce mantra appartient à la lignée du guru et doit être donné à l’intention de l’adepte zélé au cœur ardent. A ce moment-là, le sadhaka doit aller dans le monde selon son bon vouloir et répéter incessamment, jour et nuit, autant que nécessaire, le diksha mantra. Le sadhaka met alors ses pas dans ceux des sages et de tous les yogins et yoginis de sa propre lignée qui ont atteint l’illumination prodigieuse, la conscience dénuée d’illusion et la réalisation de leur être véritable. L’énergie procurée s’avère grandiose, elle vient couronnée le fruit des expériences accumulées, des pratiques yogiques et de la sadhana elle-même. L’adepte répète alors inlassablement le mantra, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur, qu’il soit énoncé ou entendu, en lui ou dans l’univers, l’adepte se trouve porté par le mantra, l’univers entier est porté par le mantra. Le cœur de l’adepte entre alors en contact avec la charge affective secrète contenue dans la diction ininterrompue du mantra. Cette charge délivre bientôt son effet, elle provient du fond des âges, de la vision des rishi, des sages des Himalaya, du verbe créateur et de Shiva lui-même. Elle explose alors dans le cœur du sadhaka qui change instantanément sa vision du monde et de lui-même. Ce qu’il ressent, ce qu’il devient alors réellement, est l’union de Shiva et de Shakti, l’Être épris de lui-même, dans une étreinte amoureuse ayant pour forme l’Univers, de la création toute entière. Le cœur du sadhaka enfle démesurément et se fond pour toujours dans l’Amour pour ce monde et pour tous les êtres vivants. Le yogin, ayant pris lui-même forme de cet Amour inconditionnel, voit resplendir en lui la Grâce du Seigneur tout puissant. Son être tout entier vibre à l’unisson de cette action pleine de Gloire, il est Shiva lui-même prenant conscience de sa propre Nature. « Chidananda rupa Shivo’am » J’ai forme de félicité, je suis Shiva.

Déambulant au bout de lui-même comme au bout du monde connu, le sadhaka ère dans la foule comme un possédé en répétant éperdument le diksha mantra de son guru.
Aux yeux des gens ordinaires, prudemment installés dans une position sociale, il apparait comme un mendiant, un pauvre fou, certains lui donnent l'aumône.
Mais le mendiant est devenu Roi, il reçoit la puissance de l'Amour Cosmique dans son cœur, instant qui surplombe le temps, Union de l'Être avec Lui-même.
Le Soi, contenu en Soi, faisant appel à Soi pour la révélation du Soi. C'est cela le Bonheur !

Le chemin et rien que le chemin, tout est déjà inscrit dans le chemin,
un jour vous vous poserez et vous vous rendrez compte que vous ne faisiez que poursuivre votre ombre,
et cette ombre n'est autre que vous-même !
Il n'y aura alors plus nulle part où aller, le point de départ se confondra avec le point d'arrivée.

La Contemplation Divine.

Om Klim Krishnaya Namaha

Om Bhagavan, Sharan, Mahadeva, Nataraja,
Shankar, Khedar, Rudra, Bhairava,
Mayavin, Kapalin, Virupaksha, Nilakanta,
Shambhu, Sad Guru, Maheshvara, Ardhanarishvara,
Pashupati, Umapati, Bikshathana, Trilocana

Hari Om, Bole Nath, Boum Shiva !
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 16 janv. 2018, 10:35

Pendant les jours de la Navaratri c'est recommandé de jeûner. Les trois premiers jours on brûle ainsi énormément de petite pollutions, et cela contribue également à cultiver le détachement. Les trois derniers jours on touche des strates plus profondes (colère, passion). Tout cela dans le but de nous porter vers la Déesse, la Transcendante, "la difficile à atteindre", l'invincible Durga...
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Denis » 16 janv. 2018, 12:30

"Déambulant au bout de lui-même comme au bout du monde connu, le sadhaka ère dans la foule comme un possédé en répétant éperdument le diksha mantra de son guru. "
Bientôt !!!! :) :lol: :wink:
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 17 janv. 2018, 22:50

Le tantrisme est une forme de sagesse qui resurgit à certaines époques, comme pour apporter une alternative à l’apparente déréliction du monde. Incontestablement le tantrisme constitue une voie mieux adaptée aux dérèglements de notre époque moderne.

Il est un fait évident que la civilisation humaine a provoqué plus de bouleversements en ce siècle dernier que durant toute l’histoire de l’humanité. La démesure semble de mise, les changements s’accélèrent et prennent de plus en plus d’importance dans notre vie quotidienne. Le monde devient excessif, le climat change, la complexité augmente, la planète est devenue un village interconnecté, la population humaine ne cesse de croitre, les ressources de la terre s’épuisent, année après année, et la collision sur le mur écologique semble inévitable.

Poussée dans ses derniers retranchements, la Mâyâ elle-même délivre les grandes vérités, les phénomènes engendrés deviennent plus explicites, ils se chargent d’une compréhension véritable. La Terre Mère entre dans les prémisses d’une transformation radicale. Les jeux amoureux de Shiva et Shakti n’ont plus aucune retenue, les divins époux s’affichent d’une manière de plus en plus extravertie. A coup sûr, le feu d’artifice sera grandiose, le bouquet final magnifique. Certains artistes et autres visionnaires le ressentent déjà, nous sommes arrivés à un point d'orgue.

Peu de gens s’en rendent compte, mais l’époque actuelle est d’une très grande richesse et recèle de grandes opportunités à celles et ceux qui cherchent la vérité et la compréhension de leur véritable nature. Les sciences intuitives de l’Orient sont désormais accessibles pour les peuples occidentaux de même que les sciences objectives de l’Occident deviennent disponibles pour les peuples orientaux. Les échanges enrichissent mutuellement les peuples de manière considérable et la mondialisation apporte un niveau de richesse matérielle et culturelle inégalé dans l’histoire des civilisations. La planète est devenue comme un fruit bien mûr, elle exhale ses meilleures saveurs et ses plus suaves parfums. Selon la loi inéluctable de la Nature, elle ne tardera pas à pourrir et à disparaître…

C’est pourquoi le sadhaka continue sa pratique dans le monde en guettant la faille toute proche. Le tantra est une voie directe, profonde et sans détours, elle vient de la Shakti qui a tout pouvoir sur le cœur de Shiva. La sadhana est aussi la recherche incessante de ces failles. Partout dans le monde, dans les grandes réunions, les grands spectacles, les grands artefacts, les grandes métropoles, dans la richesse et la démesure de notre civilisation, s’ouvrent régulièrement des failles béantes sur la réalité. C’est pourquoi Le sadhaka reste à l’affut, vigilant, guettant la faille, toujours prêt pour l’échappée belle.

Il est un fait qui doit être donné à la compréhension du chercheur de vérité. Pour s’affranchir du doute et de l’ignorance, un seul instant est nécessaire. Cela peut commencer par une grande colère, par une grande peur, mais cela peut aussi s’initier par un grand élan amoureux, une sensibilité particulièrement exacerbée, la vision d’un spectacle éblouissant, une pièce de théâtre, un concert géant et aussi la lumière se reflétant sur la mer une nuit de pleine lune.

En cette époque troublée, au banquet de leurs noces, Shiva et Shakti donnent plus volontiers de leur temps à chacun des convives. À l’instar de celles et ceux qui avouent leur amour au moment de l’extase, à celles et ceux qui pardonnent à leurs ennemis au moment de leur dernier souffle, à celles et ceux qui touche à la grâce et la gloire de l’Être, ce monde ouvre régulièrement des failles béantes sur sa véritable Nature. Au sadhaka qui guette le spectacle de la manifestation avec zèle et vigilance, les portes de la perception s’ouvrent bientôt sur l’infini.

Le Vijnana Bhairava Tantra préconise cette vigilance :
« La perception du sujet et de l’objet est la même chez tous les êtres nantis d’un corps. Mais ce qui caractérise les yogins c’est leur attention ininterrompue à l’union du sujet et de l’objet. »

Pour celle ou celui qui s’engouffre dans l’ouverture : toute la manifestation et tous les objets de notre attention baignent dans un jeu d’ombres et de lumières pharamineux. Tout est lumière, tout est vibration. Le jeu de la Mâyâ produit un spectacle féérique toujours renouvelé, une danse effrénée d’électrons libres. A chaque nanoseconde, le monde est résorbé et reconstruit dans la lumière. C’est la vitesse prodigieuse, la fréquence vibratoire extrêmement élevée qui nous empêche de percevoir l’enchaînement des séquences. De ce point de vue, l’ego (Ahamkâra) est la caméra de projection du film cosmique sur l’écran de la conscience, la lumière est produite par l’énergie de la prise de conscience (Shakti), la pellicule est fournie par le principe de l’illusion (Mâyà), le scénario est la fantaisie divine (Svatantrya), et l’auteur de l’œuvre est le seul sujet conscient (Shiva).

Un seul instant suffit au sadakha pour passer de l’autre côté, pour traverser le miroir de la Mâyâ. Ce qu’il appréhende alors est un monde vibrant d’une énergie surpuissante et brillant d’une Vaste Lumière de Grâce. C’est ainsi que la lumière est le support ultime de la Conscience. Nous pouvons dire que la lumière est identique à la Pure Conscience (Prakasha). Mais cette lumière n’est pas inerte, elle ne se reflète pas dans l’âme incarnée (Jivatman) de manière inconsciente, comme dans un cristal inanimé. Au contraire cette lumière est Conscience à l’état pur, elle se sait exister et elle en est affectée (Vimarsha). Pour chaque être humain, la lumière vibre et se colore à tour de rôle de tous les sentiments. Lorsque tous ces sentiments finissent par n’en faire qu’un, il y a mise à l’unisson avec « l’Amour de Cela ». La lumière est l’écran de la Conscience sur lequel tout apparait et tout disparait avec émerveillement et l’amour de Soi. Cette lumière est notre véritable nature.

Le Yogi comprend enfin qu’il est cet être immense fait d’une nature lumineuse et sensible, sans forme car contenant toutes les formes. Il peut ainsi voyager sans risques dans ce qui est affranchi de la forme, sans perdre pour autant sa véritable identité, il est Shiva lui-même prenant conscience de sa nature inqualifiable. Lui qui se sait voyager aussi sûrement dans le sans forme que dans la forme, de quelle peur et de quel doute pourrait-il être victime ? La raison en est que la lumière se révèle éternellement à elle-même, et c’est admettre alors que la volonté autonome forme la nature même de la lumière de la conscience.

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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 18 janv. 2018, 15:06

"Comme un tas de mûres que le feu ne peut pas brûler" dit l'Upanishad... :smile:

Merci Michel ! :D :lol: :wink:
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par hridaya » 18 janv. 2018, 21:08

La raison en est que la lumière se révèle éternellement à elle-même, et c’est admettre alors que la volonté autonome forme la nature même de la lumière de la conscience
merci,c'est superbe.
chevauche la monture du silence, afin de rejoindre le Guru Kabir
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 19 janv. 2018, 19:37

Cela signifie t'il qu'il est possible que le Dieu Tout-Puissant se soit fait homme en la personne de Jésus-Christ ?
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 25 janv. 2018, 22:47

Oui comme il s'est fait femme en Ma AnandaMayi,
et comme il s'incarne en chacun des êtres humains et de tous les êtres vivants et encore dans chacun des ordres de la Nature...

Et encore à ce sujet,
de la volonté Divine de se rappeler à Lui-même, de son injonction au souvenir, de sa propension à la mémoire, à la reconnaissance.

Surrender, lâcher prise, se laisser glisser dans la profondeur intérieure :

J’entre dans le sanctuaire à l’heure de la solitude, alors que midi écrase les mendiants dans le sommeil à l’ombre des portiques.
Je gagne la salle d’où, le soir, partent les processions. La lumière n’y pénètre que par des soupiraux au ras du plafond dallé de granit comme le pavé.
Le sceptre de Shiva telle une colonne de bronze doré plantée en terre, porte le ciel,
le taureau d’or massif fait face aux toitures de la suprême stèle couvrant le Saint-des-Saints.
Il faut quelque temps pour que l’œil s'accommode à l’ombre et que les statues qui ornent les piliers se dessinent,
et quelque temps encore pour que leur signification s’éclaire.
Voici, encadrant l’entrée de part et d’autre, une effigie de Shiva dépassant de trois fois la mesure d’un homme.
Son pas dansant enjambe un vaste espace, l'envergure des bras qui l’environne jette des éclairs de lames,
ses sourcils font des fusées, le couronnement de son chef un incendie.
En face paraît une figure, féminine sans doute, puisque la taille en est dénouée,
les membres ronds et chargés d’ornements ; le sein gauche émerge : un sein de femme.
Mais le sein droit reste lisse : c’est la cuirasse de muscles des guerriers.
Les deux côtés de la face divisée par le long biseau du nez se montrent inégaux et contradictoires.
C’est encore Shiva le double, le disjoint, l’ambigu que la seule beauté recompose avec la sérénité d'un sourire victorieux.
Le voici de nouveau dansant et menaçant. Un de ses bras fiche une longue lance dans la gorge d’un petit être aux membres emmêlés : Yâma le Seigneur de la mort.
A la main de Yâma pend encore le filet qui fait le tour du socle et enlace un enfant implorant :
Shiva le Destructeur détruit la Destruction : c’est le protecteur des affligés, le Sauveur.
Shiva s’avance ici sur un chariot pareil à ceux que tout le peuple traîne dans les fêtes solennelles.
La lune et le soleil font les roues du chariot de Shiva, le chariot figure la terre décorée de tous les animaux qui enrichissent la terre.
L’arc que le dieu brandit, c’est Vishnou lui-même, et la flèche Brahma.
Mais la Lune, le Soleil et la Terre se sont dit :
« Sans nous comment Shiva remportera-t-il la victoire ? »
Alors Shiva a souri. Et telle la puissance de ce sourire que le chariot s’est avancé de lui-même
sur ses roues d’astres, l’arc s’est courbé comme le bœuf entre l’aiguillon et le joug, la flèche est partie en volant.
Shiva de sa flèche vise le pilier d’en face où se trouvent figurées en bas-relief les trois cités :
la cité de fer, la cité d’argent et la cité d’or, habitées par les démons du ventre, par les démons du cœur, par les démons de la tête.
Et il détruira les trois cités et les démons qui les habitent : il est le destructeur des ténèbres, du désir et de l’illusion ; il est le Prince des Yogis.

Shiva Nishtha est le Roi des Yogis,

Le Hatha Yogin a grande foi en Shiva
Il va sans crainte, sans peur, sans doute et sans retenue,
Il est au-delà du temps, au delà de la dualité, au-delà de la forme.
Il reçoit perpétuellement la grâce de Shiva
Il ressent à chaque instant l'amour de Shiva
Il est sous la Grande Protection de Shiva Nishtha.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Denis » 25 janv. 2018, 22:52

Avec le temps qui passe et la pratique constante cela devient réel, je l'espère pour vous !
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 28 janv. 2018, 18:32

Les Natha yogins s’attachent plus volontiers à contrôler le souffle. Il convient d’influencer le souffle, de le rythmer, de le discipliner afin avoir un contrôle le plus complet possible. Il est possible de respirer avec le ventre, le thorax, d’allonger l’inspir, l’expir, la tenue à plein, la tenue à vide, de respirer par la bouche, par les narines, à droite, à gauche, en séquences et encore selon des rythmes calculés en base binaire qui est l’expression de la Shakti. Le contrôle du souffle permet ainsi d’unifier le corps et l’esprit afin de provoquer une intériorisation pouvant mener jusqu’au retrait des sens. (Pratyahara) Il est dit que le Hatha Yoga est l’échelle qui permet d’accéder au Raja Yoga, le yoga permettant l’accès à la méditation et à la méditation profonde sans le souffle (Samadhi)

Le yoga, en effet préconise l’arrêt des souffles. C’est seulement grâce à l’arrêt des souffles que le mental se pose et devient ce pur miroir reflétant la lumière de la conscience. L’arrêt pneumatique de la respiration, ne signifie pas, pour le yogin, l’arrêt de la vie, ni ne provoque le coma. Le yoga cherche à transmuter l’énergie du corps pour subtiliser la respiration ordinaire en une vibration subtile. La Shakti se manifeste alors dans le corps de l’adepte pour substituer le manque d’air par un surcroit d’énergie et le déclenchement de fonctions subtiles dans le corps.

Cette mutation des fonctionnements de l’énergie qui permet d’accéder aux états supérieurs de conscience est basée sur l’élévation de la fréquence vibratoire du corps subtil. Dans la Nature, tout est vibration, tous les phénomènes observables sont régis par d’incessants mouvements de l’énergie. Les phénomènes observables ne sont que la partie visible d’un processus initié depuis des dimensions invisibles. Dans ces espaces, de l’infiniment petit, l’énergie vibre sur des fréquences très élevées. Ce sont les énergies subtiles qui commandent aux phénomènes grossiers tels que nous les percevons avec nos sens. Il est possible d’imager ce processus par le fonctionnement d’une montre à ressort. À l’origine du mécanisme se trouvent des mouvements très rapides entrainant des petites roues. Ces petites roues en entraînent d’autres plus grandes selon une vitesse plus lente. A la fin du processus, sur le cadran, partie visible de notre montre, nous pouvons lire l’heure avec la grande et la petite aiguille.

De par sa visée intérieure, le Hatha Yoga va stimuler profondément le système nerveux central ainsi que tous les plexus ou chakra qui s’étagent le long de la colonne vertébrale. Les centres d’énergie vont se mettre à vibrer plus fort, ils vont fonctionner de manière plus forte. C’est comme si l’ensemble du système nerveux devenait plus réactif, plus puissant. L’influx nerveux distribué par les chakras va être transmis de manière plus fluide et plus efficace. Les roues d’énergies vont se mettre à tournoyer beaucoup plus rapidement afin d’amplifier toutes les sensations du corps et de l’esprit. Les fonctions physiques, affectives, psychologiques, intellectuelles et spirituelles se développent librement et délivrent toute leur puissance dans le corps du yogin.

Lorsque toutes les roues d’énergie vibrent intensément avec harmonie dans tout le corps subtil, le pratiquant devient extrêmement perméable à son environnement. La frontière entre l’intérieur et l’extérieur s’estompe pour laisser place à une seule et même énergie de conscience. Le corps du yogin est porté puissamment par l’énergie omniprésente dans tout l’univers. Le pratiquant ressent toutes les lignes d’énergie de la terre mère qui traversent son corps et se continuent au-delà dans la nature et dans les toutes les formes d’existence. C’est seulement par cette mise à l’unisson, par cette élévation du niveau de l’énergie que l’adepte peut accéder à de nouvelles sensations et de nouvelles connaissances.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par philippe12 » 29 janv. 2018, 19:50

Bonjour a tou-te-s

merci Michel C :allah:
superbe et inspirant passages, qui arrivent a point nommé pour ma recherche

Le yoga, en effet préconise l’arrêt des souffles. C’est seulement grâce à l’arrêt des souffles que le mental se pose et devient ce pur miroir reflétant la lumière de la conscience. L’arrêt pneumatique de la respiration, ne signifie pas, pour le yogin, l’arrêt de la vie, ni ne provoque le coma. Le yoga cherche à transmuter l’énergie du corps pour subtiliser la respiration ordinaire en une vibration subtile. La Shakti se manifeste alors dans le corps de l’adepte pour substituer le manque d’air par un surcroit d’énergie et le déclenchement de fonctions subtiles dans le corps.

une belle interpretation de la Hatha Yoga Pradipika et des 2 Kumbhaka : II,71

« Ce Kumbhaka pur, isolé, c’est lui le véritable pranayama. Lorsque le yogin arrive à réaliser
le kevala-kumbhaka sans l’accompagner de recaka ni de puruka ……. » H.Y., II, 73

« ……il n’existe plus rien dans les trois mondes qui lui soit difficile à atteindre. Celui qui est
capable de maintenir à volonté l’air enfermé grâce à ce kevala-kumbhaka, ……. » H.Y., II,74

« ……a atteint le niveau du Raja-Yoga, cela ne fait nul doute. C’est par le kumbhaka qu’a lieu
l’éveil de la kundalini, et lorsque kundalini est évéillée…… . » H.Y., II, 75

« ……susumna n’est plus obstruée, et le succès en hatha s’ensuit. Sans hatha, il n’y a pas de Raja
yoga et sans raja-yoga, hatha n’aboutit à aucun résultat. C’est pourquoi l’on doit pratiquer l’un
et l’autre jusqu’à leur aboutissement final. » H.Y., II, 76

« A la fin de l’arrêt du souffle au moyen de kumbhaka, l’esprit doit cesser d’avoir aucun support.
En s’exerçant de cette manière, on parvient au niveau du Raja-Yoga. » H.Y., II,77



je te dedie ma pratique de ce jour et ce magnifique couche de soleil hivernal


OM NAMAH SURYA NAMAH


C’est un plaisir de vous lire

Je vous souhaite
Une VIE remplie
D’AMOUR et
De LUMIERE
"Abhyâsa Vairâgyâbhyâm Tan-nirodhah"
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Denis » 29 janv. 2018, 20:33

Il y a 3 kumbaka !
La rétention à plein : antar kumbaka
La rétention à vide : bahya kumbhaka
La suspension "naturelle" : Kevala kumbaka
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 31 janv. 2018, 20:50

Michel a écrit :C’est seulement par cette mise à l’unisson, par cette élévation du niveau de l’énergie que l’adepte peut accéder à de nouvelles sensations et de nouvelles connaissances.


Pas seulement...
Si on reste isolé on peut pratiquer avec de la profondeur sans avoir accès à de nouvelles connaissances. L'acquisition d'une connaissance passe par une transmission et pour cela c'est primordiale d'être rattaché à un ou des êtres plus avancés que soi. Et il y'a probablement bon nombre de personnes sincères qui n'évolueront jamais parce qu'elles suivent des personnes qui sont dans une logique financière et une logique d'assouvissement énergétique. Et donc sans réelle profondeur...
Cela étant, des deux côtés, je crois qu'il faille tout même être bien avancé pour se laisser lire à travers soi comme dans un livre ouvert...
D'après moi une connaissance ne passe jamais par quelque chose de trop formelle. En citant des textes à la suite d'une si belle explication donné par Michel, je me demande si à cause de cela on n'est pas rentré dans quelques chose de trop formelle, trop lisible.
Alors que la saveur de l'énergie, de la respiration qui se mélange sur la trame de la Conscience, mmmmm, ça se déguste, ça se laisse mûrir en Soi...
Om
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lorkan739
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 31 janv. 2018, 21:08

C'est vrai moi aussi en réponse je cite un texte plus en haut. Mais je ne donne pas la source et c'est loin de ce qui est dis par Michel. Je ne cherche pas à délimité la chose sur les grilles d'une logique que tout le monde peut lire partout. Donc, nous voilà avec trois sortes de Kumbaka. Qu'est ce que l'on fait avec ça maintenant ?
Om
surf's
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par surf's » 01 févr. 2018, 12:00

Bonjour Lorkan,

tu écris,
lorkan739 a écrit :Et il y'a probablement bon nombre de personnes sincères qui n'évolueront jamais parce qu'elles suivent des personnes qui sont dans une logique financière et une logique d'assouvissement énergétique.
Quelle serait cette "logique d'assouvissement énergétique"?

Au plaisir.
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Michel C
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 04 févr. 2018, 19:29

Bonjour à toutes et tous

Loin de moi, l'idée de pontifier ou de vous accabler avec des rappels incessants aux textes anciens et autres upanishad,
plutôt l'idée de donner envie, de pousser sa pratique personnelle, de fréquenter des belles personnes et continuer son chemin en yoga...

La Science du yoga est paradoxale,
étudier les textes et faire son propre jugement,
rejeter le mental et lui donner l'opportunité de nous illuminer,
s'efforcer dans la pratique et lâcher prise pour s'abandonner
obéir aux commandes du Guru particulier et préférer suivre celles de son Guru intérieur...

Cheminer, cheminer, pèlerin sur le chemin,
je rends grâce à Shambu qui me guide et m'encourage...

Je vous livre un texte sur le Prânayâma :

Il existe 5 principales différenciations du Prâna dans le corps subtil.

A l'intérieur du corps on les nomme Vayu (Air) :

Apana : le Souffle de l'expiration
Il correspond au centre de la base, il est le souffle de l’excrétion qui gouverne les énergies du bas, il est à l’origine de la consommation des plaisirs et des objets matériels, il nous rattache par là même aux nourritures terrestres et donc également aux souffrances du corps et à la limitation mortelle.

Samana : le Souffle de l'assimilation
Il correspond au ventre, au feu de la digestion et aux yeux.
Il est celui qu'il convient d'activer pour essayer de faire fusionner en lui Prâna et Apana.

Prâna : le Souffle de l'inspiration
Il correspond au centre du cœur, à ce qui rentre, également donc à la nourriture et à ce que nous mangeons. Il est le souffle de l’absorption et de l’inspiration interne, il gouverne le cœur et les sentiments de la personnalité. Prâna est à l’origine de l’aspiration à la beauté et de l’émotion esthétique, à la réalité mentale des pensées et des rêves, aussi nous donne-t-il le désir insatiable et la volonté d’entreprendre, nous replongeant sans cesse dans le devenir pour nous constituer ce que l’on appelle une histoire ou une vue personnelle, particulière et limitée de l’univers.

Udana : le Souffle de l'expression
Il correspond à la gorge, aux oreilles, au sens de l'ouïe, à la parole. Il est le support énergétique du Souffle, il est le seul de tous les souffles à avoir un sens ascendant. C'est lui qu'il convient d'activer pour tirer vers le haut tous les autres souffles afin de connaître la légèreté et l'état sans pensée.

Vyana : le Souffle de la distribution
Il correspond au centre du pubis et du front, il est diffusif et de fait circule partout dans le corps subtil. Il est le souffle qu’il faut purifier pour atteindre l’état sans pensées.

C’est ainsi que le corps subtil est programmé pour expérimenter l’éveil de la Kundalini Shakti, il est conçu comme un véhicule subtil capable de s’extraire de l’attraction terrestre pour aller rejoindre le ciel de la Conscience Divine.

Pour emprunter ce véhicule subtil, l’adepte doit pratiquer assidument Mulâ Bandha et Vajroli Mudrâ. Celle ou celui qui pratique avec vigilance la tenue de la base et le contrôle de l’émission sexuelle est assuré du succès. Par la pratique d’une telle ascèse, inévitablement, tôt ou tard, Apana s’inverse et prend un sens ascendant. Grâce à la tenue des souffles, l’énergie sexuelle se verse alors dans l’intériorité de l’être et prend un courant puissamment ascendant.

L’adepte doit faire croître en lui le feu de la purification (Tapas). Celle ou celui qui s’exerce un nombre incalculable de fois dans les pratiques de feu obtient le succès. Il brûle et consume entièrement les fruits des actions passées. Grâce à la friction des souffles opposés, l’énergie fusionne alors avec Samana le souffle du ventre. L’énergie s’embrase pour prendre la forme d’une énergie de nature ignée, d’un fluide contenant à la fois le chaud et le froid. Cette belle flamme emprunte la voie du Sémen, de la vie et de la mort (Sushumna Nadi).

L’adepte doit déposer les armes de l’égoïsme aux pieds du Guru. Il doit faire le vide en son cœur de toutes prétentions inutiles, il doit cesser de participer à des combats qui ne sont pas les siens, il doit abandonner ses anciennes vues et toutes vanités à y discerner une connaissance raisonnée. Celui ou celle qui s’engage aveuglément sur la voie de l’énergie, qui décide de s’en remettre au Guru, obtient succès en la voie véritable. Par la résonnance engendrée et par la Grâce Divine, l’énergie fusionne alors avec Prâna. Cette flamme brille clairement dans la vision intérieure d’une belle lumière dorée. Cette énergie devient alors, dans le cœur de l’adepte, pure affectivité, embrassant d’Amour l’univers entier.

L’adepte doit s’affranchir de toutes limitations et de toutes attaches terrestres. Il sent qu’il quitte le monde objectif pour un monde transfiguré et inconnu. Celle ou celui qui médite inlassablement sur la lune, le ciel étoilé, l’espace et le vide obtient succès pour s’établir dans le siège suprême. (Para Pada). Il est attiré inexorablement par la lumière céleste et les portes de sa perception s’ouvrent enfin sur l’Infini. Grâce au lâcher prise, à l’abandon et à l’attraction des astres célestes, l’énergie fusionne alors avec Udana. Kundalini Shakti fuse librement dans le ciel de la Conscience, rejoignant le domaine très pur où réside son éternel amant, le seul sujet conscient, Shiva.

L’adepte doit garder la vigilance et la lucidité durant toute la durée du processus. Celle ou celui qui s’exerce dans l’humilité et la simplicité du cœur et de l’esprit, ne se fourvoie pas dans les pouvoirs sur la matière, qui ne conçoit pas d’infériorité ni de supériorité entre les êtres, obtient le plein succès dans la voie de l’énergie. Grâce à sa sincérité, à sa générosité, à sa grandeur d’âme, à sa grande foi, l’énergie fusionne alors avec Vyana, le souffle diffusif présent dans tout le corps subtil. Le sujet conscient voit maintenant le ciel étoilé et l’infini de l’espace baigné dans une Vaste Lumière de Grâce, juste au-dessus de la fontanelle dans le Sahasrara Chakra, le Lotus aux Mille pétales. Son corps subtil est littéralement propulsé hors du corps dans la lumière éblouissante comme mille flashs éclatant en même temps, il est Shiva lui-même, elle est Shakti elle-même, la Conscience assumant les deux sexes à la fois. Sa Nature lumineuse et sensible se trouve sans forme tout en contenant toutes les formes. En cette expérience, l’adepte résout tous les paradoxes, il voit désormais l’activité subtile de Shiva Shakti en toutes formes existantes qu’elles soient animées ou inanimées. (Shuddha Vidya)

La personne est alors comme libérée vivante (jivanmukti). Elle a réalisé sa propre nature comme étant celle de la Conscience omnisciente, universelle et éternelle. Elle chemine désormais sans crainte car elle sait se référer à sa Nature Divine, elle se voit en toutes choses comme elle voit toutes choses en elle. La Foi indestructible en la Divinité est la marque d’une telle personne. Elle sait que le bonheur et la quiétude ne peuvent s’acquérir par la volonté propre. Elle sait au contraire qu’il lui faut s’abandonner et lâcher prise, se tenir dans le vide sans aucune crainte ni peur du devenir. L’être, ayant établi ce lien avec le Divin, s’en remet à l’amour sans faille que lui témoigne la Divinité. Il boit le nectar lunaire, l’ambroisie céleste (Soma) qui coule à satiété dans la Sushumna Nadi. Incompréhensible à l’entendement ordinaire et source inépuisable d’ivresse pour l’être éveillé.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Yo-ho » 21 févr. 2018, 23:44

Tes textes font partie de ceux que j'apprécie le plus ici. Il s'en dégage une sorte de ferveur "hypnotique", qui me fait lire jusqu'au bout sans effort, et sans réaction mentale, sans doute parce que je ne ressens aucun effort d'ordre mental dans ta façon d'écrire, seulement de la ferveur. .. Et, oui cela est motivant, mais pas seulement, je trouve cela aussi tres "joli", quand les idées perdent leur apparence d'idée et deviennent des perles que l'on enfile ...pour le plaisir d'offir un collier, un lien, un mala...
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par HamsaYogiFrance » 23 févr. 2018, 10:49

Michel C a écrit :Bonjour à toutes et tous
...
s'efforcer dans la pratique et lâcher prise pour s'abandonner
obéir aux commandes du Guru particulier et préférer suivre celles de son Guru intérieur...
Sachant que le Guru extérieur et le Guru intérieur sont un (comme l'indique d'ailleurs ce qui émane de ton post) ...
Au début du chemin, le Guru extérieur est même plus vital. Car qui sait reconnaître le Guru intérieur ? l'égo a vite fait de nous égarer en se faisant passer pour tel...
De plus, comment extraire les techniques et pratiques yoguiques d'un texte comme le "Goraksha Shataka" par exemple ? ...grâce au Guru - grâce d'entre toutes les grâces! - celui qui a parcouru le chemin avant nous et nous éclaire le chemin. Ce qui nous fait dire cette louange, présente dans toute l'Inde : Bolo Shri Satgurunatha Maharaja ki JAI !
Merci Michel, pour ce très beau post
___/\___
Hara, Hara Mahadev !
L'humanité, notre religion d'union.
Respirer, notre prière d'union.
Conscience, notre Dieu d'union.
- Yogiraj Siddhanath

http://siddhanath.org/?lang=fr
Prochainement http://www.siddhanath.fr/evenements
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 29 mars 2018, 23:49

Chers toutes et tous

De retour de mon voyage en Inde.

Swami Chandra s'est remis a parler...
http://www.spiritualiteetyoga.com/artic ... dasin.html

Certains glosent et trouvent à se moquer de cette étrange nouvelle,
d'autres écoutent les paroles de cet extraordinaire sage âgé de 88 ans.

Swami Chandra a passé la majeure partie de sa vie en ascèse yogique. Un trésor vivant !

Son commandement : garder le divin à l'esprit, tout le temps, sans interruption !

Alors même que le Créateur dirige notre vie,
nous pensons à nos petites affaires dans le monde...

Swami nous redonne la priorité :
C'est Lui qui nous a fait naître, qui nous fait vivre et nous fera mourir !

Le moins que nous puissions faire est de nous tourner vers le Divin,
et de garder le lien intact et pur !

Paix dans les cœurs.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Denis » 01 avr. 2018, 22:20

Sublime !!!
Merci
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par trananda » 13 avr. 2018, 11:59

Hello,

Satsang de Chandra Swami English Ep 02
4 janvier 2018 :
https://www.youtube.com/watch?v=awPcnQxw1sg&t=10s .

Bon vendredi
Au grès du vent et des courants . J' apprend.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 15 mai 2018, 20:52

Hello à tous

De retour de formation avec Yogi et Tara, je partage quelques notes sur la notion de sacrifice dans le Veda :

En vérité, l’univers tout entier est sacrifice. Dans le Veda il est dit que les Dieux sacrifièrent au sacrifice au moyen du sacrifice. Toutes les perceptions, toutes les expériences sont des sacrifices. En vérité toute l’objectivité est versée en oblation au sacrifice de la subjectivité, la conscience de Soi. Cela est la loi établie depuis l’origine du monde manifesté. Car ce qui manifeste depuis l’invisible et le sans forme dépend du manifesté et de la forme pour sa propre existence. Ce qui est non né, qui n’a ni début, ni fin, éprouve l’existence à travers le sacrifice de la vie et de la mort. C’est ainsi que les hommes et les femmes sont dévorés de l’intérieur par tous les Dieux et les Déesses représentant toutes les passions et tous les désirs, et à leur tour les Dieux et les Déesses sacrifient toutes et tous à l’adoration du Soi comme étant le seul Maître de l’énergie. Tout qui existe de manière formelle, tout ce qui nait et meurt est offert en sacrifice au sans forme et au non né. Cela est le véritable sens donné à toute la manifestation, l’épreuve du Soi, l’expression de Soi, le Soi, l'Atman, le Nirguna Brahman, Paramashiva.

Pour celle ou celui qui prend conscience de cette loi universelle, les motivations liées au Karman s'effondrent et ne produisent plus d'intentions dans la roue du devenir.
Le Jiva prend conscience que tout est sacrifice fait à la Conscience de Soi. Il n'attend plus un quelconque résultat de ses actes car tous les fruits de ses actions
sont jetés en sacrifice dans le feu intérieur de la discrimination et de sa propre ascèse. Seul existe le Soi dans lequel tout l'Univers se reflète.

Film documentaire sur les Natha

A bientôt pour d'autres écrits sur les Natha

Merci
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Denis » 15 mai 2018, 22:48

Merci Michel pour ce retour !
Ce fut riche et intense, quelque chose qui dépasse le petit bonhomme en prise avec sa petite réalité...
Je suis toujours aussi émerveillé par le retour à la maison, où là on sent vraiment que quelque chose d'une subtilité incroyable s'est passé...
Le retour est toujours un peu hard...

Bisess
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 16 mai 2018, 21:36

Mon avis c'est que lorsque Yogi enseigne, il y a une "compression" qui se ressent dans le cœur de tous ceux qui l'aiment et le suivent. Vous étiez sous sa protection, je suppose qu'il y'a un sas de décompression...

Il y'a quelques mois il est venu en Ukraine et de nombreux Nath étaient au rendez-vous. C'était intense, prodigieux de se sentir mis à l'écart pour un temps indéfini...
Om
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par prajnaPat » 16 mai 2018, 22:26

Denis a écrit :Je suis toujours aussi émerveillé par le retour à la maison, où là on sent vraiment que quelque chose d'une subtilité incroyable s'est passé...
Le retour est toujours un peu hard...
J'ai la même sensation... C'est surtout la pratique du dernier jour, l'après-midi, qui a eu de l'impact en ce qui me concerne.
Matsyendranath disait que le mala est comme un kavaca, j'ai vraiment ressenti ça après le stage...
l'Immensité
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 17 mai 2018, 07:50

Ce mois de Juillet de l'année dernière où je perdais mon logement, la considération de ma famille, n'avait personne à qui parler et subissait une avalanche de samskara. Sans oublier l'apothéose d'une discussion sur le forum au sujet de la trahison envers le Christ avec Muad et Harmony...
Dieu merci, heureusement que j'ai pu passer une retraite de yoga de 15 jours à l'abri du bruit du monde.
Depuis hier ça va déjà mieux aujourd'hui...
Om
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par hridaya » 26 mai 2018, 11:48

Ce qui est non né, qui n’a ni début, ni fin, éprouve l’existence à travers le sacrifice de la vie et de la mort. C’est ainsi que les hommes et les femmes sont dévorés de l’intérieur par tous les Dieux et les Déesses représentant toutes les passions et tous les désirs, et à leur tour les Dieux et les Déesses sacrifient toutes et tous à l’adoration du Soi comme étant le seul Maître de l’énergie. Tout qui existe de manière formelle, tout ce qui nait et meurt est offert en sacrifice au sans forme et au non né. Cela est le véritable sens donné à toute la manifestation, l’épreuve du Soi, l’expression de Soi, le Soi, l'Atman, le Nirguna Brahman, Paramashiva.

Pour celle ou celui qui prend conscience de cette loi universelle, les motivations liées au Karman s'effondrent et ne produisent plus d'intentions dans la roue du devenir.
Le Jiva prend conscience que tout est sacrifice fait à la Conscience de Soi. Il n'attend plus un quelconque résultat de ses actes car tous les fruits de ses actions
sont jetés en sacrifice dans le feu intérieur de la discrimination et de sa propre ascèse. Seul existe le Soi dans lequel tout l'Univers se reflète
merci Michel ,ce que tu dit me fait penser a ce passage de la rudra hridaya upanishad :
il y a deux oiseaux qui résident en ce corps,l’âme incarnée et l'atman suprême,l’âme incarnée se nourrit du fruit de ses actes ,tandis que l'Atman suprême n'est affecté par rien.il est uniquement le témoin,il n'accomplit aucun acte,il ne fait que prendre grâce a sa propre maya,la forme de l’âme incarné,tout comme l'espace( akhasa) contenu a l’intérieur d'un pot semblent illusoirement différer de l'espace extérieur et prendre la forme du pot.en réalité tout est Shiva (paramashiva),tout est non dualité tout est unicité absolue.il n'existe aucune différence de quelque sorte que ce soit. Rudra Hridaya upanishad traduction M.Buttex
chevauche la monture du silence, afin de rejoindre le Guru Kabir
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par MuadDib » 26 mai 2018, 13:59

Upanisad by Butex by hridaya a écrit :il y a deux oiseaux qui résident en ce corps,l’âme incarnée et l'atman suprême,l’âme incarnée se nourrit du fruit de ses actes ,tandis que l'Atman suprême n'est affecté par rien.il est uniquement le témoin,il n'accomplit aucun acte,il ne fait que prendre grâce a sa propre maya,la forme de l’âme incarné,tout comme l'espace( akhasa) contenu a l’intérieur d'un pot semblent illusoirement différer de l'espace extérieur et prendre la forme du pot.en réalité tout est Shiva (paramashiva),tout est non dualité tout est unicité absolue.il n'existe aucune différence de quelque sorte que ce soit. Rudra Hridaya upanishad traduction M.Buttex
Ce qui me questionnes dans ce texte, c'est le terme d'"âme incarnée" ... jamais vu une traduction du sanskrit de ce genre, tu a la VO aussi ?

Parce que, comme ça, ça sent les termes employés dans le vaste domaine de l'ésotérisme occidental, encore que j'ai déjà entendu parler, plus ou moins en rapport avec cela, d'un état où il fallait se séparer de l'âme, mais cette fois, uniquement dans la théologie soufie.
Ce qui me poses un soucis : cela veut t'il aussi dire que quelques des Koshas se sépareraient de l'enveloppe de nourriture ?
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par hridaya » 26 mai 2018, 14:10

karika 10 du samkhya
hridaya a écrit :
•:• KÂRIKÂ 40
Le Linga (corps subtil) (1) est formé antérieurement (2), détaché (3), durable -jusqu’à la Libération-, composé des réalités principielles allant de Mahat jusqu’aux éléments subtils (dix-huit Tattva).
(Le Linga) transmigre - prend successivement plusieurs corps : céleste, humain ou animal -, est inapte à l’expérience (s’il est dépourvu de corps grossier ou de corps véhicule).
Le Linga est imprégné de diverses potentialités (4).

Nota
(1) Corps subtil : dans ce kârikâ il s’agit du corps composé par les Tanmâtra. Le corps formé par les Tanmâtra n’est pas assujetti aux expériences sensorielles, agréables ou désagréables, en raison même de leur caractère propre qui est non spécifié.
Mais ce corps subtil, Linga Sarîra, est indépendant de tous les autres corps: corps véhicule, corps grossier, qui forment des enveloppes autour du Linga Sarîra, qui forment des enveloppes autour du Linga Sarîra. A l’état de veille, les expériences se font simultanément sur ces trois niveaux.

(2) Le Linga existe avant la première incarnation de l’être, et par conséquent précède la naissance du corps grossier quelle qu’en soit l’espèce.

(3) Le Linga n’est pas lié à un corps particulier et demeure libre de prendre n’importe lequel.

(4) Le corps subtil englobe toutes les dispositions bonnes ou mauvaises telles que: sagesse détachement, ignorance, attachement etc.. .ainsi que la possibilité de :wink:
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par MuadDib » 26 mai 2018, 22:55

hridaya a écrit :karika 10 du samkhya
Ah ... le Linga serait la VO de l'âme incarnée ?
Dans ce cadre, je me pose la question de l'articulation de ceci avec les différents Kośa, si toutefois les concepts se marrient bien ... :?:

Mais, certes, à partir d'un momment, la discussion risque d'être un peu trop 'technique' pour pouvoir être suivie par (trop) de monde.
Songeant, par exemple, à la doctrine des corps illusoires Bouddhistes, par exemple, dont je n'ai jusqu'à présent trouvé que des aspects parcellaires dans les ouvrages de vulgarisation de la chose ...
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Message par hridaya » 27 mai 2018, 12:23

Ah ... le Linga serait la VO de l'âme incarnée ?
Dans ce cadre, je me pose la question de l'articulation de ceci avec les différents Kośa, si toutefois les concepts se marrient bien ... :?:
c'est effectivement là que se situe l’inadéquation du mot âme, le terme n'est pas assez précis et "hors sol" par rapport au sujet qui nous intéresse. .
l'intérét de la vision indienne c'est qu'elle est précise,elle s'appui sur une pensée systématique voire systémique . le samkhya est trés precis .les petit cpmmentaire en dessous aussi. je te les remets.
Nota
(1) Corps subtil : dans ce kârikâ il s’agit du corps composé par les Tanmâtra. Le corps formé par les Tanmâtra n’est pas assujetti aux expériences sensorielles, agréables ou désagréables, en raison même de leur caractère propre qui est non spécifié.
Mais ce corps subtil, Linga Sarîra, est indépendant de tous les autres corps: corps véhicule, corps grossier, qui forment des enveloppes autour du Linga Sarîra, qui forment des enveloppes autour du Linga Sarîra. A l’état de veille, les expériences se font simultanément sur ces trois niveaux.

(2) Le Linga existe avant la première incarnation de l’être, et par conséquent précède la naissance du corps grossier quelle qu’en soit l’espèce.

(3) Le Linga n’est pas lié à un corps particulier et demeure libre de prendre n’importe lequel.

(4) Le corps subtil englobe toutes les dispositions bonnes ou mauvaises telles que: sagesse détachement, ignorance, attachement etc.. .ainsi que la possibilité de :wink:

concernant ta "version originale" de l’âme,on pourrait dire" version organisé" pour transporter l’âme, le linga est un corps subtil,c'est un véhicule ,en sont centre se tient l’âme.ceux qui reviennent reviennent en ce monde a l'interieurde linga sharira,ceux qui traversent bindu vivent autre choses .
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Message par MuadDib » 27 mai 2018, 12:42

Accha ... (se remémorant la construction traditionnelle du Śivalingam)
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 17 juin 2018, 13:19

Oui j'aime bien cette définition du lingam, comme étant une singularité, un signe primordial,
une existence en Soi qui devient une âme incarnée par le reflet de la manifestation des 36 Tattvas.

Je poursuis mon ouvrage sur la Pratique des Natha Yogins
et vous livre un chapitre introduisant les yantras :

Les yantras sont des diagrammes dessinés de façon symétrique autour d’un point central appelé « bindu ».
Ils sont comme des portes ou des passages du manifesté (Shakti) vers le non manifesté (Shiva), leurs jeux sont innombrables et forment à eux seuls, une science à part entière.

Les yantras reproduisent les nœuds d'énergie ou plexus qui se forment au sein de la conscience. Ces formes géométriques sont des archétypes fondamentaux qui sont à la base de toutes formes manifestées particulières. Elles constituent un véritable filet énergétique composés de nœuds et de trous qui tissent et maillent la Conscience.

Ces formes minimales représentent des archétypes particuliers de l'énergie. Chacune d'entre elles exprime un des aspects de l'énergie associée à son pouvoir de réalisation. Lorsque l'individu se concentre sur un yantra, son mental en prend complètement la forme. L'individu en obtient, par la même, la vibration, les qualités énergétiques ainsi que l’efficience correspondante.

Les yantras sont souvent associés aux mantras. Dans cette correspondance, le yantra manifeste la forme dans l’espace et le mantra contient la vibration du verbe créateur originel. Ces archétypes sont souvent associés aux divinités du panthéon hindou, comme autant de symboles évoquant les qualités du Soi. Ces représentations sont autant de facettes différentes pour appréhender une seule et même réalité, autant de plans différents pour se rendre au centre de Soi-même.

La pratique classique consiste à accrocher le yantra à un mur en positionnant le point central à hauteur des yeux dans une posture assise confortable. La bonne distance doit être d’une longueur de bras. La fixation du yantra comporte tout d’abord une focalisation première sur le point central et en second lieu une vision périphérique qui embrasse l’ensemble du diagramme. Il est à noter, que cette seconde vision périphérique peut se focaliser sur des zones concentriques particulières. La pratique va ainsi consister à suivre le dessin des formes géométriques toujours en partant de la périphérie vers le centre. Une fois le yantra bien mémorisé et après l’avoir fixé longuement au moins pendant vingt minutes, il est possible de fermer les yeux et de retrouver sa forme dans la vision intérieure. Si la vision du yantra apparait, il est alors également possible de refaire la concentration sur son tracé les yeux fermés. Cette seconde concentration est réputée la plus puissante.

Une autre pratique va consister à dessiner soi-même le yantra à main levée uniquement de mémoire. Il est également possible de peindre des parties du yantra en différentes couleurs. Le yantra devient alors un support de concentration particulier en résonnance avec sa propre personnalité.


Image

Merci d'avoir lu jusqu'ici. Voici maintenant une pratique digne de foi :

Le Mukti yantra est un yantra très puissant qui conduit à la libération définitive (Mukti),
c'est à dire une libération spirituelle sans retour pour le monde manifesté, par un principe de dissolution de l'âme individuelle dans l'âme universelle (Paratman).

Le yantra est magique, il possède sa propre efficience, il est autonome et se suffit à lui-même,
sa pratique assidue est suffisante en soi, elle vaut comme une pratique intégrale et complète pour atteindre le but du yoga, la libération dans le Soi : Sat Cit Ananda.

Le Muklti Yantra représente le Soi Cosmique, Le Mukti Yantra est auto-révélé, il a été transmis par les Rishis qui en ont eu la Claire Voyance.

Il est l'Absolu lui-même.
Il est le visible du non visible
Il est le sens de toutes choses
Il est la porte qui fait passer
Il est toujours opportun
Il est la lumière divine
Il est Shiva Shakti
Son don est le Soi

Le mantra associé :
Hamsa Soham Svaha

Si l'adepte, au cœur ardent, pratique avec sincérité la concentration sur le Mukti Yantra,
et qu'il donne le mantra Hamsa Soham Svaha au monde et à lui-même,
il est sûr d'atteindre la libération très rapidement en cette vie même.

le Soi à partir duquel tout est créé, en lequel tout se manifeste et auquel tout est destiné.

Om
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lorkan739
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par lorkan739 » 17 juin 2018, 14:55

Le yantra est magique, il possède sa propre efficience, il est autonome et se suffit à lui-même,
Si l'adepte, au cœur ardent, pratique avec sincérité la concentration sur le Mukti Yantra,
et qu'il donne le mantra Hamsa Soham Svaha au monde et à lui-même,
il est sûr d'atteindre la libération très rapidement en cette vie même.
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prajnaPat
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par prajnaPat » 18 juin 2018, 11:04

Michel C a écrit :Le yantra est magique, il possède sa propre efficience, il est autonome et se suffit à lui-même,
sa pratique assidue est suffisante en soi, elle vaut comme une pratique intégrale et complète pour atteindre le but du yoga, la libération dans le Soi : Sat Cit Ananda.

Si l'adepte, au cœur ardent, pratique avec sincérité la concentration sur le Mukti Yantra,
et qu'il donne le mantra Hamsa Soham Svaha au monde et à lui-même,
il est sûr d'atteindre la libération très rapidement en cette vie même.
Bonjour Michel,

C'est une affirmation un peu forte quand même non ? Tu as pu atteindre la libération en cette vie avec ce Yantra ? Ou tu connais quelqu'un qui y est arrivé ?
La libération, il faut voir ce qu'on entend par ce mot aussi...

J'ai pratiqué un peu la visualisation de ce yantra (sans le mantra que tu donnes), mais je n'arrivais pas à grand chose... Je trouvais ça hyper long de faire le tour de tous les éléments du yantra en suivant chaque ligne, puis je n'arrivais pas à le visualiser en entier les yeux fermés. En plus, ce qui me gênait c'était que c'était enseigné plus comme un exercice de concentration, sans la symbolique que tu donnes. Sans signification, je trouve ça plutôt ennuyeux... Dans les pratiques tantriques avec les yantra, il me semble que chaque élément a une symbolique, avec des mantra associés etc. D'ailleurs on trouve des yantra où ceux-ci sont écrits, par exemple :

https://www.drikpanchang.com/images/yan ... QMhCCt.jpg

A mon avis, pratiqué dans un cadre tantrique en connaissant toutes les symboliques, ça doit donner une autre dimension à ce genre de pratique, mais je ne m'y connais pas assez... :oops:
Peut-être que la pratique du mukti yantra est plus proche des pratiques de type zen où on fixe un point sur un mur, donc dans une recherche de samadhi plus que comme outil d'invocation d'une énergie particulière ?


Michel C a écrit :Le Muklti Yantra représente le Soi Cosmique, Le Mukti Yantra est auto-révélé, il a été transmis par les Rishis qui en ont eu la Claire Voyance.
Quand on parle des rishis, c'est le plus souvent pour faire référence à la révélation védique. Je ne pense pas que ce yantra soit védique.
Il est assez confidentiel contrairement au shri yantra ou au yantra de kali... Est-ce que tu en sais plus sur son origine ?


---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Edit. Je viens de réfléchir à l'interprétation à donner aux éléments du mukti yantra... je me dis, le carré doit représenter muladhara, les triangles, svaddhistana et manipura, l'hexagone le coeur (normalement c'est une étoile à 6 branches, mais on peut la "styliser" par un hexagone), le cercle vishuddha, les 8 côtés de l'octogone peuvent représenter l'antakarana (5 sens + mana + buddhi + ahamkara). Il reste le contour qui représente l'enceinte du temple, le corps, ou le monde manifesté. Qu'en penses-tu ?
l'Immensité
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Michel C
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 27 juil. 2018, 23:02

En vérité, il y a plus de 5000 ans, était la Shruti, la connaissance du Bhraman auto-révélé,
pour lequel toute l'objectivité, l'univers de tous les Yugas, les âges de l'humanité,
sont versés à chaque instant, et je redis : "A chaque instant", dans la subjectivité, l'Aman,
le Paramatman, le Soi suprême, la demeure de Shiva, la seule et unique Réalité.

Gloire à toutes et à tous, dans l'instant se trouve le devenir.
Qui se saisit de l'instant se saisit de Shiva en sa Shakti souveraine.

Il n'est point d'autres alternatives, d'autres discussions, d'autres buts, d'autres désirs,
d'autres intelligences, d'autres aptitudes, que celle de se saisir de l'instant PRESENT.

La présence de Shiva !

Om Hrim Haoum Namah Shivaya

Pourquoi ce mantra ?

Parce qu'il est la totalité, car il est l'UN, le seul et unique Sujet,
Il est toi chère lectrice , il est toi cher lecteur.

Il est Bhava, c.a.d. à la fois intérieur et extérieur,
c'est le Visarga qui engendre cette double réflexion !

Toutes choses, toutes expérimentions, toutes sensations,
proviennent de Shiva, sont offertes à Shiva, retournent à Shiva.

Cela est la splendeur du Yoga de Shiva,
qui vit et vibre à travers ce forum.

Considérez-le à sa juste valeur,
connaissez-vous l'histoire de ce forum ?

Qui écrit sur ce forum ?

Apprenez de tous vos sens !

L'œuvre de Shiva et Shakti !

Om shanti, om shanti, om shantih
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Denis » 27 juil. 2018, 23:52

Une si belle soirée avec une si forte conjonction entre la lune, la terre et le soleil !
La présence infinie du Soi, l'Atman est là, sublime réalité si forte, si vraie, si fraiche

Mon coeur exulte !
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
Stages Yoga 2018
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 28 juil. 2018, 20:29

Bonjour, bonsoir

Pour revenir tout de même à la question de Prajnapat,
je ne connais pas l'origine de ce yantra, mais il est probable qu'il soit tardif...

Les yantras représentent une science à part entière, très complexe,
avec le plus souvent une littérature en anglais...

Il n'est pas évident de faire des recherches sur les yantras depuis l'occident,
et je ne suis pas sûr non plus que cette science soit facile d'accès en Inde.

Le principal étant d'en comprendre le fonctionnement essentiel
et de se laisser prendre par la magie du yantra...

Merci
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Message par Michel C » 07 août 2018, 19:34

Enfin pour faire suite à toutes ces exaltations,
j'ai le plaisir de vous annoncer la disponibilité de mon ouvrage
sur la pratique des Nâtha Yogins, une bien modeste contribution à la tradition toujours vivante...
sur la boutique collaborative de YogaNet.fr

Non, je ne cherche pas la célébrité, non je ne cherche pas à faire de l'argent,
juste à partager mon travail d'écriture sur les grands thèmes de la pratique propre aux nâthas et nâthnis.

Mes principales sources sont celles de Lilian Silburn , Pierre Feuga, Jean Papin, Christian Tikhomiroff, Yogi Matsyendranath et Tara Michaël,
et encore à d'autres pourvoyeurs de vérité dont je ne peux citer tous les noms mais que je remercie instamment pour leur éclairage,
et plus encore à une guêpe, Shiva est omniscient, qui m'a révélé ma Nature faite "Sat Cit Ananda" en stage à Grimone et qui a été mon Guru,
et bien sûr à la Déesse, dont le souvenir m'émeut et m'étreint jusqu'au tréfonds de l'âme,
me donnant à pleurer de joie et à remercier tous les Dieux et les Déesses vivant dans les Cieux,
à considérer ma juste place dans la hiérarchie des puissances...

Je rends ainsi hommage à tous ces maîtres et maîtresses et à la tradition ininterrompue des Nâtha Yogins.

Cet ouvrage est comme le passage de la vie à la mort et de la mort à la vie éternelle :
Qui garde la spontanéité dans le cœur, trouvera la réponse immédiate,
dès la première sentence, pour les autres, il leur faudra s'avancer plus en avant...

En vérité, il s'agit de la Conscience qui parle à la Conscience,
pour toutes celles et tous ceux qui se sentent appelés, aspirés par le Grand Vide,
il est grand temps de vous mettre au clair, la vie passe vite...

S'édifier et se connaître Soi-même, est la tâche ultime et la plus urgente en cette vie même,
tout le reste n'est que forfanterie, mascarade et tromperie...

Toutes celles et ceux qui fréquentent ce forum avec le cœur pur et une grande sincérité,
voulant connaître la Vérité, voulant se reconnaître alors même qu'ils et elles s'étaient oubliés,
sont béni(e)s et ne tarderont pas à recevoir la Grâce Divine, ou Reconnaissance de leur propre Nature.

Il n'est qu'à vous laisser aller, à lâcher prise, à rester dans la contemplation de l'instant présent.
En mettant vos pas dans ceux des saints, des illuminés, des sages et des rishis,
vous recouvrerez, à coup sûr, votre condition native de bienheureux et bienheureuse.

Par cette seule lecture, vous êtes toutes et tous gratifié(e)s !

"Dieu est Tout, et c'est vers Lui que vous devez aller pour une réalisation totale.
Seule la notion d'absence de Dieu provoque les souffrances du monde.
Là où Dieu est manifeste, la dualité n'existe pas et la douleur ne peut y trouver place."
Ma Ananda Moyi

"Ce monde avec tous ses charmes et toutes ses tentations,
n'a plus aucune valeur, plus aucune saveur, pour celle ou celui qui goûte,
ne serait-ce qu'une fois, qu'une seule goutte d'Amrita, la douceur du Nom Divin."
Chandra Swamiji Udasin

Shakti Pata
Hamsa Shiva Soham
Om Hrim Haoum Namah Shivaya
Om Shri Gurubyo Namaha
Hari Om Tat Sat
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