Sans émotions, est-on encore vivant ?

Exprimez vous sur un des thèmes présentés en faisant une réponse.
Proposez des thèmes en cliquant sur nouveau.

Modérateur : Modérateurs

Répondre
Avatar du membre
Jivan
Messages : 102
Enregistré le : 06 août 2014, 17:30

Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par Jivan » 05 nov. 2018, 13:43

J'aurais voulu vos avis au sujet des émotions, qui le plus souvent nous bouffent.
Les émotions heureuses finalement assez rares et éphémères pour l'homme ordinaire
Le sage est-il en total recul par rapport à ses émotions ?
Sans émotions, est-on encore vivant ?
"Ce n'est pas un signe de santé mentale d'être bien adapté à une société malade." Krichnamurti
Avatar du membre
Tom54
Messages : 1238
Enregistré le : 15 mai 2014, 11:34

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par Tom54 » 06 nov. 2018, 17:26

Tout dépend de ce que l'on attend de la vie...
l'émotionnel est un centre qui ne doit pas contrôler notre vie.
On dit qu'il y a 3 centres qui peuvent contrôler le personnage, soit l'égo soit l'instinct (l'animal) soit l'émotionnel.
Aucun des trois nous lie au divin.
Perso, je suis comme toi les émotions prennent par fois le dessus.
L’évidence c'est d'aimer sans rien attendre.
Avatar du membre
Denis
Site Admin
Site Admin
Messages : 13656
Enregistré le : 23 juil. 2004, 19:19
Localisation : Grimaud
Contact :

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par Denis » 10 nov. 2018, 18:50

Les émotions nous laissent dans l'illusion de notre individualité, elle nous font plonger dans notre "conscience individuelle" et nous coupent de la source...
Alors oui nous devons tenter d'en maîtriser quelques unes pour ne pas sombrer dans l'animalité primaire...
Je pense que Yama et Niyama nous donnent des axes pour comprendre que certaines émotions doivent être maîtrisées, canalisées...
Je dois dire aussi que quand la béatitude divine me tombe dessus, qu'elle s"impose quelques jours ou plus, mes émotions restent en périphérie, elles sont là et si je veux me laisse aller ou pas dedans.
De fait c'est toujours bien plus simple quand on baigne dans la béatitude de maîtriser des choses en nous, le risque est que sans ce sublime état, on peut entrer dans une démarche d’autoflagellation pas forcément positive à cause de l'idée de vouloir tout maîtriser...

Je pense aussi à cette strophe du samkhya

•:• KÂRIKÂ 50
Des neuf sortes de satisfactions:
-quatre concernent la satisfaction du milieu mental (esprit). Ce sont celles de Prakrti, des objets de culte, du temps, du destin.
-cinq concernent les satisfactions provenant du renoncement aux objets extérieurs (relatifs aux expériences sensorielles).
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
Stages Yoga 2019
Retraite Yoga 2019
Avatar du membre
Yo-ho
Messages : 436
Enregistré le : 14 juil. 2017, 09:49

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par Yo-ho » 17 nov. 2018, 10:05

Jivan a écrit :
05 nov. 2018, 13:43
J'aurais voulu vos avis au sujet des émotions, qui le plus souvent nous bouffent.
Les émotions heureuses finalement assez rares et éphémères pour l'homme ordinaire
Le sage est-il en total recul par rapport à ses émotions ?
Sans émotions, est-on encore vivant ?
La question n'est pas : "Avoir ou ne pas Avoir d'émotion "
Mais plutôt : "Être ou ne pas Être le jouet de ses émotions "
Modifié en dernier par Yo-ho le 23 déc. 2018, 19:49, modifié 1 fois.
Avatar du membre
Jivan
Messages : 102
Enregistré le : 06 août 2014, 17:30

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par Jivan » 22 déc. 2018, 15:08

Oui bien dit Yo-ho
Pas de baignade encore pour moi dans le divin :D pour prendre suffisamment de recul
Le travail d'introspection + ma sensibilité (qui j'ai l'impression est amplifiée par le yoga) me fait vivre les émotions de plein fouet
J'essaye malgré tout de ne pas me laisser emporter

Et vous qu'est ce que vous faites quand les émotions se présentent ?
"Ce n'est pas un signe de santé mentale d'être bien adapté à une société malade." Krichnamurti
Avatar du membre
Yo-ho
Messages : 436
Enregistré le : 14 juil. 2017, 09:49

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par Yo-ho » 23 déc. 2018, 11:05

Jivan a écrit :
22 déc. 2018, 15:08
Oui bien dit Yo-ho
Pas de baignade encore pour moi dans le divin :D pour prendre suffisamment de recul
Le travail d'introspection + ma sensibilité (qui j'ai l'impression est amplifiée par le yoga) me fait vivre les émotions de plein fouet
J'essaye malgré tout de ne pas me laisser emporter

Et vous qu'est ce que vous faites quand les émotions se présentent ?
Bonjour Jivan,
Merci de poser la question, j'essaye d'y répondre depuis hier, mentalement, et je me rends compte que c'est difficile à exposer de façon conceptuelle sans prendre d'exemple personnel.
Et pour cause, en y réfléchissant un peu, on se rend compte que l'émotionnel est personnel, en rapport avec la personne et le personnage. Le personnage que l'on se construit, et pour faire exister son propre personnage, on doit se trouver un autre que soi et lui faire endosser un costume aussi, ainsi l'on crée des interactions émotionnelles.
Donc je me permets de discuter la chose avec toi, même si de mon coté, je ne connais pas non plus de grande baignade dans le divin !

Pour n'être pas toujours le jouet de ses émotions, ne pas être agis que par elles, il faut apprendre à se connaitre, à s'observer de l'intérieur tout en faisant un avec l'environnement extérieur.
En gros il faut faire l'expérience de ses émotions, mais véritablement en faire l'expérience, comme un chercheur, observer comment on agit et réagit, percevoir les liens de cause à effet. J'ai remarqué qu'à chaque fois que l'on observe vraiment une chose agissant sur nous, la chose disparait. Et plus tard un passage du Samkhya a fait tilt en moi, celui qui parle de Prakriti qui arrête de danser dès qu'elle se sait vue par Purusha.

On pourrait dire que toutes nos émotions découlent d'une connaissance, celle de notre finitude, la peur de perdre la vie, à partir de là va se décliner toutes les émotions qui auront chacune une variété et une qualité d'énergie différente.

Il y a les émotions qui correspondent à une réalité objective immédiate, par exemple la peur de tomber lorsque l'on est à un centimètre de dégringoler d'une falaise, tout le corps ressent le vertige. Si on a un mental fort tous nos sens en même temps perçoivent la situation et tout le corps saura se sortir du danger, si on a un mental faible on plonge direct dans le précipice (Parce que l'on aura appris, lu, vu ou entendu que dans cette situation on tombe et on meurt).

Dans ma compréhension des choses, la véritable puissance d'un être humain c'est sa puissance mentale, c'est avec cette force que l'on dirige l'énergie. Souvent les sportifs parlent de leur mental, ils travaille leur force mentale en même temps que leur force physique, et trouve le geste vrai dans une intuition de l'ici et maintenant, c'est le talent.

Au début lorsque l'on fait du yoga, en tout cas comme je l'ai découvert, on nous fait travailler la volonté, et on y apprend à faire connaissance avec notre mental et nos limites physiques, on découvre que c'est presque toujours le mental qui lâche en premier alors que le physique pourrait aller beaucoup plus loin. La peur de se faire mal, le préjugé que l'on arrivera pas etc etc, mais petit à petit on lâche des certitudes, autrement dit, petit à petit on laisse de coté notre histoire, les peurs transmises par nos parents, les préjugés lus ou discutés avec d'autres, les infos à la TV etc etc.
En effet, le plus souvent on a mal ou on est coincé avant même d'avoir pris la posture, et cet empêchement fait beaucoup discuter, on raconte notre histoire personnelle, pourquoi on y arrive pas, toute nos fausses émotions, fausses car elles ne sont pas en phase avec la situation, c'est le mental qui raconte ses petits traumas d'enfant, on vide ses archives mentales...Il faut observer cela et le comprendre pour soi même sans surajouter des histoires à n'en plus finir.

Un des dangers dans cette période est de croire que le mental c'est mal, c'est à cause de lui qu'on arrive pas etc etc, et de se battre contre son mental, en fait à ce moment on se scinde en deux on est au max de la dualité, on peut même se retrouver à se parler à soi-même et se raconter encore plus d'histoires insensée, et on s'englue dans le non faire, non pas le non-faire mystique, mais tamasique au possible.

Ou alors attitude extrême on a coupé le fil radio avec le mental, on écoute plus rien, ni le mental, ni ses émotions, ni même son corps, on devient une machine d'énergie, un peu comme tu le dis dans ton premier message quand tu poses la question "sans émotion est-on encore humain" .

Même le choix du professeur de yoga, n'est pas un choix mais la poursuite d'une histoire personnelle. Puis, petit à petit on mesure la distance, on prend conscience, on s'allege de notre histoire personnelle, et on libère son mental, on se détache aussi de ses professeurs de yoga, lorsque professeurs ou étudiants ne sont plus que des costumes pour des rôles que l'on ne veut plus jouer. On dit merci à tout cela et l'on continue son chemin de plus en plus léger.

Aujourd'hui je suis plus tendre avec moi-même, je m'autorise à vivre mes émotions, elles ne durent pas très longtemps, les mauvaises comme les bonnes, et si elles deviennent un tantinet envahissantes je leur accorde une attention particulière pour comprendre, si c'est une impasse je m'assieds je fais silence, j'écoute le son intérieur, puis le vide, je reviens dans le monde plus légère.
La méditation c'est une bonne chose, c'est laver les vitres de son mental et laisser entrer la lumière. Rien que 5 mn de méditation le matin, s'assoir 5 mn dans son lieu de pratique, être avec soi pour soi, ne serait ce que 5 mn le matin,et voir combien on a beaucoup plus d'énergie la journée, comment les choses peu lumineuses qui nous assombrissent d'ordinaire ont moins de prise sur nous.
5 mn de méditation le soir assis dans son lieu de pratique et c'est l'assurance d'aller s'assoir à nouveau au moins 5 mn le matin, et de minutes en minutes on peut aller beaucoup plus loin....Après quelques minutes de méditation, on s'étire comme un chat, on sent l'invitation à quelque asanas, on reprend place dans son corps, c'est une émotion plus douce et plus subtil, on se laisse guider et peut-être qu'on enchainera sur un pranayama, on se sent heureux du temps que l'on s'est accordé, c'est une émotion encore plus subtil.

Donc voila, il n'est pas question d'annuler les émotions, mais de faire la part des choses entre nos émotions vraies et celles inculquées, de libérer notre mentale de ses encombrements inutiles, puis d'affiner notre perception, notre vécu et par voie de conséquence nos émotions s'affinent aussi, tout devient de plus en plus subtil et c'est une jouissance autre, la Présence... certains l'appellent félicité...
Avatar du membre
lorkan739
Messages : 3947
Enregistré le : 07 nov. 2008, 12:07
Localisation : Lambesc (04)

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par lorkan739 » 06 janv. 2019, 13:59

A un moment donné pour moi il a fallu que je renonce à l'écoute de la musique. Et puis finalement il s'est avéré que j'ai finis par trouver nettement plus agréable d'alimenter mon silence plutôt que d'être parasité par les bruits de klaxons des autres voitures...

C'est aussi pour cela que ça ne me viendrait même pas à l'idée d'assister, par exemple, à une séance de OM chanting...
Om
Avatar du membre
Yo-ho
Messages : 436
Enregistré le : 14 juil. 2017, 09:49

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par Yo-ho » 07 janv. 2019, 13:37

lorkan739 a écrit :
06 janv. 2019, 13:59
A un moment donné pour moi il a fallu que je renonce à l'écoute de la musique. Et puis finalement il s'est avéré que j'ai finis par trouver nettement plus agréable d'alimenter mon silence plutôt que d'être parasité par les bruits de klaxons des autres voitures...

C'est aussi pour cela que ça ne me viendrait même pas à l'idée d'assister, par exemple, à une séance de OM chanting...
A mon tout 1er concert de Miles Davis, au Zénith de Paris, j'ai senti les notes de musique vibrer dans le plancher bois, puis me traverser de la plante des pieds jusqu'à la racine des cheveux.
C'était d'une extase pas possible !
Et d'ailleurs quand je pratique le AUM, je me bouche toujours les oreilles, je suis à fond dans la vibration...
MuadDib
Messages : 2181
Enregistré le : 19 mai 2012, 16:53
Localisation : u.know.no.no
Contact :

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par MuadDib » 08 janv. 2019, 16:32

Yo-ho a écrit :
23 déc. 2018, 11:05
Et pour cause, en y réfléchissant un peu, on se rend compte que l'émotionnel est personnel, en rapport avec la personne et le personnage. Le personnage que l'on se construit, et pour faire exister son propre personnage, on doit se trouver un autre que soi et lui faire endosser un costume aussi, ainsi l'on crée des interactions émotionnelles.
Oui ... enfin, presque : PancaKosha, Dhyana & dynamique énergétique ?
Yo-ho a écrit :
23 déc. 2018, 11:05
Ou alors attitude extrême on a coupé le fil radio avec le mental, on écoute plus rien, ni le mental, ni ses émotions, ni même son corps, on devient une machine d'énergie, un peu comme tu le dis dans ton premier message quand tu poses la question "sans émotion est-on encore humain" .
me a écrit :Suis-je pensé ou penses-je ?
Dans la première hypothèse, cette pratique permet d'enlever l'antenne permettant aux postes de radio d'émettre ... enfin, en partie, du moins ...
ॐ नमो नारायण
Oṃ Mani Padme Huṃ
Avatar du membre
lorkan739
Messages : 3947
Enregistré le : 07 nov. 2008, 12:07
Localisation : Lambesc (04)

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par lorkan739 » 11 janv. 2019, 19:13

Je pense que c'est justement l'attitude à developer. Il me semble que Dhyana est justement l'étape où l'énergie devient particulièrement autonome. Exemple, vous êtes allongé et subitement l'énergie se manifeste à la base du cou. L'intensité avec laquelle l'énergie se manifeste a nécessairement une incidence sur notre réaction immédiate. Car ce qui est recherché c'est l'apaisement de l'énergie dans la conscience. Mais pour palier à l'excès d'énergie parfois un pratiquant s'abandonne à une émotion et cela génère l'effet inverse. C'est pratyahara, le retrait des sens. Ne pas gaspiller ses énergies en émettant n'importe quoi mais s'intérioriser. On avance dans le Yoga par une tentative de conservation de l'énergie. Et l'on échoue par cet échec. À mon avis, le Samadhi est un état où l'adepte possède une énergie infinie. Dans le sens qu'à force de réactualiser les étapes du yoga une enstase se produit qui ne peut plus le faire déchoir de la périphérie de l'énergie. Une machine à énergie donc...La machine symbolisant la conscience qui subsiste.
Om
Avatar du membre
HamsaYogiFrance
Messages : 382
Enregistré le : 13 avr. 2011, 11:57
Localisation : Strasbourg

Re: Sans émotions, est-on encore vivant ?

Message par HamsaYogiFrance » 14 janv. 2019, 10:26

lorkan739 a écrit :
11 janv. 2019, 19:13
(...) On avance dans le Yoga par une tentative de conservation de l'énergie. Et l'on échoue par cet échec. À mon avis, le Samadhi est un état où l'adepte possède une énergie infinie. Dans le sens qu'à force de réactualiser les étapes du yoga une enstase se produit qui ne peut plus le faire déchoir de la périphérie de l'énergie. (...)
entièrement d'accord, merci Lorkan
___/|\___
L'humanité, notre religion d'union.
Respirer, notre prière d'union.
Conscience, notre Dieu d'union.
- Yogiraj Siddhanath

http://siddhanath.org/?lang=fr
Prochainement http://www.siddhanath.fr/evenements
Répondre