Le rapport au corps et le corps yoguique

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amandine
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Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par amandine » 06 nov. 2020, 13:53

Voici un texte de Christian Tikhomiroff (qui provient de son site), que j'ai trouvé très intéressant.


"Traditionnellement, la thérapeutique du yoga s’inscrit dans une perspective mentale et énergétique. La maladie ou la guérison ne viennent pas du corps mais de l’esprit ou de l’énergie. L’être humain est ce qu’il pense, il lui arrive ce que ses énergies produisent. C’est sa liberté mais aussi sa limite, car s’il ne sait avoir une tenue mentale exemplaire au sujet de son corps et de sa santé il court le risque de créer lui-même ses propres maladies. Le pouvoir de la pensée génère le meilleur comme le pire.

Le corps met du temps à réagir, à accumuler. Parfois une maladie est l’aboutissement d’une vie malsaine, des pensées négatives, qui se sont étalées sur des décennies. Le corps a résisté longtemps jusqu’au jour où les accumulations le submergent. Au fur et à mesure de la vie , l'individu se charge d'un dépôt considérable de sédiments, de résidus psychosomatiques. Notre ego s'identifie avec facilité à ce dépôt. Ce dépôt étouffe notre conscience de l'unité primordiale. Inlassablement l'organisme, à l'aide du système sensoriel et nerveux, enregistre, entasse, fixe, durcit des milliers de perceptions et de sensation viscérales. L'ego se confond avec cet amas. A partir de ce schéma édifié dans le corps l'individu se projette dans le monde, inventant le monde et le subissant....


Nous ne cessons de nous éparpiller au dehors croyant indispensables les sensations et les réassurances extérieures. Naturellement, ou poussé par la morale des religions de la culpabilité, nous construisons notre image à l'aide de sensations comme la souffrance, la douleur, le doute, la culpabilité et nous persistons toute notre existence dans cette imagerie. Nous nous comportons dans la vie comme des chiens de chasse, tendus aux aguets, prêts à bondir, désirant bondir, pour attraper au vol la moindre sensation corporelle négative afin de l'inscrire dans le corps, nous sommes des inquiets et des hypocondriaques impénitents. Ainsi nous identifions-nous à ces perceptions corporelles: le monde les justifie comme des réalités personnifiés, comme des personnages de la scène de notre vie sur laquelle, acteur et non spectateur, nous jouons notre comédie. Mais nous ne sommes pas attentif à notre corps, nous lui surimposons sans cesse l'image d'un moi exigeant et tellement volubile.... Nous n'aimons pas notre corps mais la représentations que nous en avons. Nous lui sommes étranger. Nous devrions cesser de le soumettre à cette représentation schématique et réductrice. La maladie peut être le résultat négatif d'une pression psychique intolérable que nous infligeons au corps.


Habitués à nous identifier à ce schéma corporel, nous nous laissons imprégner par la douleur. Nous subissons sans distance et n'arrivons pas à défaire les surimposions pathologiques, angoissées, les associations mentales superflues et destructrices. Nous entretenons en nous une forme de complaisance morbide. Nous cajolons nos maux, nos douleurs, nous nous berçons dans la maladie, cherchant à nous faire plaindre.... Douleurs et maladies peuvent devenir une justification du moi, une sorte de faire valoir dérisoire!

Cette attitude active et aggrave les maladies mais plus encore les incruste profondément dans l’imagerie de notre schéma corporel. Alors quand nous voulons guérir il est trop tard car les années ont fait leur œuvre et le corps a enregistré définitivement sa destination finale. Il a mis tant d’années à tomber malade, il en mettra autant à guérir si le temps le lui permet car parfois la guérison prend trop de temps physiquement et l’on peut voir ainsi quelqu’un guérit mentalement et énergétiquement mourir tout de même parce que le corps n’a pas eut le temps d’opérer le changement. C’est une façon de mourir en bonne santé !..."


D’instants en instants il nous appartient d’entretenir une image positive et harmonieuse de notre vie et de notre corps, sinon nous nous mettons en danger, et l’inertie de la matière n’aura pas le temps d’exploiter la vélocité de la pensée et de l’énergie. Le yoga n’est rien d’autre que cette école du détachement, de l’harmonie et de la bonne humeur. Bien compris il devient une voie de santé et de bonheur."

Je ne suis pas d'accord sur certains points, et je trouve cette vision tout de même culpabilisante. Mais beaucoup de points me parlent et je les trouve très bien expliqués et me semblent justes. Selon moi il y a aussi parfois des facteurs extérieurs à soi qui peuventt provoquer la maladie, nous ne sommes pas responsables de tout. Qu'en pensez-vous, vous?

En tous cas, je trouve ce passage particulièrement intéressant:
"Nous ne cessons de nous éparpiller au dehors croyant indispensables les sensations et les réassurances extérieures. Naturellement, ou poussé par la morale des religions de la culpabilité, nous construisons notre image à l'aide de sensations comme la souffrance, la douleur, le doute, la culpabilité et nous persistons toute notre existence dans cette imagerie. Nous nous comportons dans la vie comme des chiens de chasse, tendus aux aguets, prêts à bondir, désirant bondir, pour attraper au vol la moindre sensation corporelle négative afin de l'inscrire dans le corps, nous sommes des inquiets et des hypocondriaques impénitents. Ainsi nous identifions-nous à ces perceptions corporelles: le monde les justifie comme des réalités personnifiés, comme des personnages de la scène de notre vie sur laquelle, acteur et non spectateur, nous jouons notre comédie. Mais nous ne sommes pas attentif à notre corps, nous lui surimposons sans cesse l'image d'un moi exigeant et tellement volubile.... Nous n'aimons pas notre corps mais la représentations que nous en avons. Nous lui sommes étranger. Nous devrions cesser de le soumettre à cette représentation schématique et réductrice. La maladie peut être le résultat négatif d'une pression psychique intolérable que nous infligeons au corps."

Modifié en dernier par amandine le 10 nov. 2020, 22:53, modifié 1 fois.
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Smer
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Re: L'image corporelle, épicentre de nos maladies

Message par Smer » 06 nov. 2020, 19:24

Ton message me renvoie à une lecture d’aura par les soins d’Anne GIVAUDAN il y a peut être 20 ans…
Elle parlait de formes-Pensées, et me glissait en fin d’entrevue quelques « révélations » sur le Gouvernement Mondial, celui dont on parle le plus en plus dans certaines sphères…
Réalité intrinsèque, Inter-Secte … ou graine de forme pensée … on peut en débattre mais gare à l’égarement !!

Ok pour les pensées négatives, les sédiments, les résidus psychosomatiques,
Mais… « L’être humain est ce qu’il pense, il lui arrive ce que ses énergies produisent », c’est faire abstraction de la notion d’égrégore…
Ce qui nous est servi actuellement par les médias n’est pas forcément ce que pense la majorité mais à force de répétitions, répétitions, répétitions… cela s’inscrit comme réalité et vient polluer notre mental.
Faire abstraction ce cette réalité, s’enfermer dans une bulle spirituelle inondée de lumière Divine … cela peut être un artifice pour se dédouaner de toute responsabilité vis-à-vis de la réalité mondaine.
Perso, il y a également certains points pour lesquels je ne me sens pas concerné, et puis un Auteur reste un homme ou une femme pétri(e) de ces certitudes et projections mentales.
La culpabilité fait partie des piliers fondateurs de notre culture…. Je me sens surtout responsable pour tenter à mon échelle, de réveiller quelque esprit critique parmi les gens que je côtoie. Toutefois c’est jouer l’équilibriste entre respect des croyances pour éviter un déferlement de violences et le lancer de graines en visant les jointures de la cuirasse.
Une chose est certaine, notre fragilité mentale éclate au grand jour …
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Re: L'image corporelle, épicentre de nos maladies

Message par amandine » 06 nov. 2020, 20:22

Sarah Combe l'auteur du très beau livre sur les dieux et déesses de l'Inde Un et multiple, a écrit sur sa page facebook du même nom Un et multiple, un beau message, avec une vision de la maladie très intéressante.
Je la partage ici, même si elle nous éloigne du sujet qui est le rapport au corps et son lien avec la maladie. :)
"Corona Devî
À nouvelle maladie, nouvelle déesse…
Pour combattre Jvarasura, le démon de la fièvre qui répandait la mort dans ce monde, la déesse Durgâ prit la forme de Sîtalâ. Montée sur un âne et portant un vase plein d’eau fraîche, Sîtalâ allait de maison en maison pour apaiser les souffrances des malades et les guérir. Mais Jvarasura était puissant et continuait à semer la terreur partout où il passait. La déesse alors le maudit et le corps du démon fut recouvert de pustules. Il succomba à la variole et depuis Sîtalâ est connue pour être la déesse qui tout à la fois provoque des maladies et peut les guérir.
En Inde depuis des millénaires des déesses sont invoquées pour combattre les maladies infantiles et les épidémies. Déesses protectrices mais aussi déesses redoutables qui incarnent de terribles fléaux et peuvent les répandre lorsqu’elles ne reçoivent pas d’hommages.
Les plus connues sont Sîtalâ Mâtâ au nord et Mâriyamman au sud de l’Inde.Toutes deux sont vénérées comme la personnification de la variole. Souvent représentées par une pierre trouée évoquant les cicatrices de la variole, un trident ou un pot rempli d’eau, de curcuma et de feuilles de nîm, elles sont aussi adorées sous des formes anthropomorphiques. Chacune est l’aînée d’un groupe de sept ou huit déesses qui toutes incarnent des affections différentes ( "Mère Varicelle", "Mère Peste", "Mère Lèpre" ….).
Ces "déesses-maladies" sont adorées ensemble sous la forme de sept ou huit silhouettes identiques gravées sur une stèle et plus souvent encore sous celle de sept ou huit pierres alignées. Le nom de chacune d’entre elles est rarement connu, elles sont simplement appelées Mère (Mâ, Amman, Mâtâ … selon les régions).
Les maladies sont traditionnellement considérées comme un jeu de la déesse dans le corps du malade, une lîlâ, un jeu divin, une possession. Des rituels religieux et chamaniques, de la magie et des exorcismes sont aujourd’hui encore pratiqués pour les soigner. Habité par la déesse, le malade est sacré, la nourriture et les remèdes qu’on lui donne sont considérés comme des offrandes à la divinité. Une fois guéri, il va remercier la déesse dans son temple et célèbre une puja en son honneur.
L’élévation du niveau de vie, les progrès de la médecine et la vaccination ont fait reculer la peur qu’inspirait ces terribles "Petites mères" mais leur culte est toujours bien vivant. Et, lorsqu’un nouveau danger menace, c’est elles que l’on appelle au secours. Ainsi à la fin des années 90, une nouvelle déesse est apparue au Karnâtaka pour protéger ses dévots du Sida. Elle est nommée Aidsamma, "Mère Sida".
Aujourd’hui pour combattre la pandémie qui se répand partout dans le monde, peut-être verrons nous bientôt se lever une nouvelle protectrice. La nommerons-nous Corona Devî ou Corona Mâtâ ? "
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Re: L'image corporelle, épicentre de nos maladies

Message par amandine » 06 nov. 2020, 20:37

Oui tu as raison Smer au sujet des égrégores. C'est ça qui se passe. On peut s'en protéger un minimum, mais on se tient tous informés, tellement la situation est inhabituelle et bouleverse la façon de vivre.
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Re: L'image corporelle, épicentre de nos maladies

Message par amandine » 10 nov. 2020, 15:23

Je continue mes recherches sur le sujet du rapport au corps. Je vous partage ça. si ça vous dit de participer :)
Je regarde actuellement le livre de Mallinson et Singleton, Les racines du yoga, le chapitre sur le corps yogique. On y apprend par exemple, page 209, que la notion des kośa est une notion développée par le Vedanta mais pas par le yoga, avant une époque très récente, celle du yoga moderne.

Les kośa sont les gaines, les cinq enveloppes qui vont du plus grossier au plus subtil et forment le Jiva, l’être vivant. Il y a annamayakośa, prāṇamayakośa, manomayakośa, vijñānamayakośa et ānandamayakośa
On trouve des descriptions des kośa dans la Taittiriya Upanishad (composée entre -600 et -500), mais on n’en trouve pas d’autres allusions dans les textes de yoga, avant le XVIIe siecle.
Cette notion » se présente donc comme un ajout tardif à la théorie du yoga » selon Singleton et Mallinson.

Cette notion des kośa a été bien plus tard, au 20eme siècle, développée et interprétée par Iyengar, dans sa théorisation du corps yoguique (dans 8 tomes de ses oeuvres complètes).
Swami Sivananda, en tant que védantin, l’a aussi intégré dans sa pratique. Singleton et Mallinson cite un extrait de « Sivananda 2000 », où il dit qu’une partie du processus du yoga est qualifié « d’apaisement du taux vibratoire discordant des koshas inférieurs« , (ce qui est assez étonnant je trouve).

Jusquà la période moderne, le yogi concevait son corps comme un réseau de chakra, adhara, granthi, reliés par les nadi, dans lesquels circulaient vayu, bindu, et Kundalini. Le corps était aussi conçu comme « un microcosme à l’image de l’univers macrocosmique tout entier avec ses enfers, ses paradis, ses planètes, ses dieux, etc.. » Les racines du yoga (p 195)
En France, on a eu la chance que certains enseignants transmettent un yoga prenant appui sur cette conception traditionnelle du corps yoguique.

Dans l’ayurveda, la notion du corps est encore différente , en effet la médecine indienne utilise la notion des dosha, les humeurs, mais la terminologie de l’ayurvéda est peu utilisée dans les textes du yoga, avant le XVIes.

Pour revenir au corps yoguique, voici un extrait du Netratantra, un tantra kaula, superbe et inspirant (p225)
« Méditation subtile utilisant le corps yoguique et les six cackra:
Ensuite je vais décrire la méditation subtile sans égale. Six cakra, seize supports, trois cibles (lksya), cinq vides (vyoman), douze noeuds (granthi), trois puissances (sakti), une voie menant aux trois séjours et trois canaux principaux, les voies de dix autres canaux, et encore une masse de canaux au nombre de 35072000 emplis de souillures et de maladies: ô femme aux belles hanches, sachant que le corps est pourvu de tous ces élements, le yogi nourrit son propre corps, ou celui d’un autre, du nectar d’immortalité produit par la grande méditation subtile et acquiert un corps divin, exempt de toutes les maladies.
A l’emplacement appelé organe de reproduction (janman) se trouve le cakra Nadi, au combril le grand cakra appelé Maya. Le cakra Yogi est dans le coeur. Le cakra se trouvant au palais est appelé Bhedana. Le cakra se trouvant au nada est appelé Santa. On doit percer avec la lance de la connaissance tous les cakra qui viennent d’être indiqués
. »
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Denis
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Re: L'image corporelle, épicentre de nos maladies

Message par Denis » 10 nov. 2020, 18:42

Il semble que la Taittiriya Upanishad (une des plus anciennes Upanishad) nous parle des koshas, sans mettre le mot "kosha" dedans, les 5 corps sont abordés assez précisément...

Voila la traduction de Martine Buttex
artine Buttex a écrit :Chapitre i : Annamaya Kosha (1), la gaine alimentaire
II-ii-1: À ce propos, le verset suivant est clair : « En vérité, c'est de la nourriture que sont nées toutes les créatures qui peuplent cette Terre. De plus, c'est uniquement par la nourriture qu'elles subsistent et, à leur mort, elles retournent à cette terre nourricière. En vérité, c'est bien la nourriture qui fut la première à exister avant toute créature, aussi est-il juste de l'appeler la panacée universelle. » Ainsi que celui-ci : « Ceux qui ont pour la nourriture la même vénération que pour Brahman, obtiennent de la nourriture en abondance. La nourriture est l'aînée de tout ce qui fut créé, et c'est à ce titre qu'on l'appelle la panacée universelle. Toutes les créatures sont nées de la nourriture; une fois nées, elles subsistent grâce à la nourriture. Par le fait qu'elle est absorbée par les créatures vivantes et qu'elle aussi s'en nourrit à son tour, on l'appelle la nourriture. (sic !) »
En vérité, différent de ce soi qui consiste en l'essence de la nourriture, bien que situé à l'intérieur de la gaine de celui-ci, se trouve un autre soi intérieur qui, lui, est fait de souffle, d'énergie vitale (prana). Oui, c'est par lui qu'est remplie la gaine de nourriture. Et ce Soi possède également la forme humaine, calquée sur celle de la gaine de nourriture. Prana, le souffle vital, l'inspir, est bel et bien sa tête; vyana, la rétention, est son flanc droit; apana, l'expir, est son flanc gauche; l'akasha, l'espace-air, est son tronc; la terre est ses membres inférieurs et son support.

Chapitre iii : Manomaya Kosha, la gaine mentale
II-iii-1: À ce propos, le verset suivant est clair : « Les sens et la conscience vivent grâce à l'énergie vitale qu'inhale la bouche; tous les êtres humains et les animaux sont similaires sur ce point; et puisqu'en le prana réside la vie de toute créature, on l'appelle la vie universelle. Ceux qui rendent un culte au prana en tant que Brahman, atteignent la longévité maximale d'une vie humaine. Oui, puisqu'en le prana réside la vie de toute créature, on l'appelle la vie universelle. »
En vérité, différent de ce soi qui consiste en l'essence de l'énergie vitale, bien que situé à l'intérieur de la gaine de celui-ci, se trouve un autre soi intérieur qui, lui, est fait de conscience, de matière mentale, manas (1). Oui, c'est par lui qu'est remplie la gaine d'énergie vitale. Et ce Soi possède également la forme humaine, calquée sur celle de la gaine d'énergie vitale. Les mantras du Yajur Véda sont bel et bien sa tête; ceux du Rig sont son flanc droit; ceux du Sama, son flanc gauche; la portion des Védas portant le nom de Brahmanas (2) est son tronc; les mantras “vus” par Atharvangiras, le Rishi (cf. shloka I-vii-1), sont ses membres inférieurs et son support.
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: L'image corporelle, épicentre de nos maladies

Message par amandine » 10 nov. 2020, 19:18

Super! Merci de la mettre ici.
Oui comme j'ai dit plus haut, on trouve des descriptions des kośa dans la Taittiriya Upanishad et elle a été composée entre -600 et -500, mais selon les auteurs du livre Les racines du yoga, cela n’apparaît plus dans les textes de yoga, jusqu'au XVII e s. avec le Yuktabhavadeva datant de 1623 qui n'accorde qu'une seule ligne aux kosa. Ce qui est quand même intéressant et intrigant. :)
bastyanax
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Re: Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par bastyanax » 12 nov. 2020, 13:26

Bonjour,

C'est très inspirant tout ça. L'idée de la maladie comme une déesse, faisant du malade un temple et des soins des offrandes, me plaît beaucoup.
C'est une manière d'aborder le sujet avec un énergie de dévotion qui à mon sens permet d'éviter les projections égotiques, qui (même si je n'irai pas aussi loin que l'auteur du premier texte que tu as posté) peuvent nourrir et se nourrir des maux, grands ou petits.

Intrigué par les représentations yoguiques du corps, je fais appel à vos lumières : y-a-t-il une contradictions entre la représentation du corps avec les koshas et celles sans ?

Bonne journée,

Bastien.
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Re: Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par amandine » 13 nov. 2020, 00:32

bastyanax a écrit :
12 nov. 2020, 13:26
Intrigué par les représentations yoguiques du corps, je fais appel à vos lumières : y-a-t-il une contradictions entre la représentation du corps avec les koshas et celles sans ?
Qu'est ce que tu désignes par représentations du corps "sans "?Tu veux dire les représentations basées sur la Kundalini et les chakras, sur le bindu, ainsi que celles où l'on conçoit le corps comme un microcosme à l'image de l'univers macrocosmique?
Je ne trouve pas qu'il y ait de contradictions. Le schéma des kosa ne s'oppose pas, non , aux autres représentations, qui sont des représentations mais aussi des méthodes de concentration, stimulation, éveil.
Dans le livre Les racines du yoga, les auteurs nuancent en disant que "les différentes traditions présentent différentes conceptions du corps yogique, certaines complémentaires et évaluables, d'autres non, sans compter les autres conceptions du corps , extrêmement variées relevant d'autres branches de la pensée et d'autres pratiques de l'Inde prémoderne, comme par exemple celles de l'Ayurvéda."
Je trouve très intéressant tout le chapitre sur le corps yogique, mais j'ai l'impression que les auteurs, pourtant pratiquants de yoga, n'ont pas de connaissance intérieure subtile. Ils écrivent par exemple que le corps yogique est "imaginé et utilisé", que "le corps yogique est celui qui est construit ou "écrit" sur et dans le corps du pratiquant par la tradition elle-même". Et je trouve cette idée pas tout à fait juste, ou plutôt pas complète. Il me semble que oui on induit, oui on "écrit" dans le corps, on suggère, on oriente l'attention, mais ensuite il peut se passer des choses qui se passent parce qu'on a mis en place, parce qu'on a invoqué, et là ce n'est plus induit, ce n'est plus "écrire" dans le corps, mais recevoir, et retrouver un peu, par bribes, de la connaissance.
Je dérive de ta question, mais en tous cas merci de la poser.
Ceci dit, le livre est un superbe travail de regroupement de textes de yoga fondamentaux et les commentaires restent très intéressants . C'est fascinant aussi le côté historique. C'est vraiment à connaître et lire.
N'hesitez pas à répondre ou dériver si ça vous dit. Bonne journée. :)
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Re: Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par hridaya » 13 nov. 2020, 16:14

salut Amandine, et bastyanax,et les autres …..
D'un point de vue théorique il n'y a pas de corps physiologique sans corps énergétique et pas de corps énergétique sans corps mental sauf que pour les deux derniers nous ne le savons pas, nous ne les connaissons ou nous le concevons pas comme cela ,dans nos vie ordinaire en fait trois espaces que nous vivons séparé alors qu'ils sont intégré dans un espace commun;
D'un point de vue pratique on peut dire qu'il y a stimulation de quelque chose de préexistant en potentiel ,de prêt a être ou apparaitre comme une graine pourrait être prête a germer. Les représentation ne sont faite que pour remettre en mémoire la mémoire de ce soi globale, ses possibilité de de réapparitions.
en plus clair : dans notre état ordinaire d'un point de vue physiologique ,énergétique et mental notre fonctionnement ait a minima de ce que nous pourrions étre, presque un mode de survie, manger, penser et avec notre pensée conditionné et a minima également nos perceptions. Oui il est imaginé mais la puissance de la pensée par résonnance réveil ,stimule pour révéler ce qui a toujours était là;

d'un point de vue pratique pour le yogi qui est en contact avec le corps énergétique ,celui ci est aussi tangible que sont corps physique mais lorsqu'il est ( par exemple) en méditation profonde la trace corporelle et énergétique et mental a disparu. Alors tout ceci nous amène a une question précise et simple : qu'est ce que la réalité, il semblerait que chaque réalité cache les autres comme le rêve cache et oblitère le fait diurne, comme le sommeil profond masque la réalités diurne et l'état de rêve.
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Re: Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par hridaya » 13 nov. 2020, 19:59

« Méditation subtile utilisant le corps yoguique et les six cackra:
Ensuite je vais décrire la méditation subtile sans égale. Six cakra, seize supports, trois cibles (lksya), cinq vides (vyoman), douze noeuds (granthi), trois puissances (sakti), une voie menant aux trois séjours et trois canaux principaux, les voies de dix autres canaux, et encore une masse de canaux au nombre de 35072000 emplis de souillures et de maladies: ô femme aux belles hanches, sachant que le corps est pourvu de tous ces élements, le yogi nourrit son propre corps, ou celui d’un autre, du nectar d’immortalité produit par la grande méditation subtile et acquiert un corps divin, exempt de toutes les maladies.
A l’emplacement appelé organe de reproduction (janman) se trouve le cakra Nadi, au combril le grand cakra appelé Maya. Le cakra Yogi est dans le coeur. Le cakra se trouvant au palais est appelé Bhedana. Le cakra se trouvant au nada est appelé Santa. On doit percer avec la lance de la connaissance tous les cakra qui viennent d’être indiqués. »
oups ..... j'avais oublié...
a tu remarqué amandine dans ce texte la référence a douze nœuds (granthi). bizarre ?
les textes de differentes traditions nous ont habitué a des divergences mais celles là c'est la première fois.
qu'elle est ta source de traductions ? heureux de te lire en tout cas !!!
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Re: Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par amandine » 14 nov. 2020, 11:00

Bonjour à vous,
Merci pour ton message Hridaya. Moi aussi ça me fait plaisir de te lire.
Oui j'ai vu pour les 12 granthi , ainsi que pour les cakra.
La traduction est celle de Mallinson et Singleton (retraduit en français par JM Creismeas).

J'ai trouvé des commentaires et une traduction de Helène Brunner:
"Deux méthodes sont proposées. Selon Ksernarâja, la première reflète à propos du corps subtil, l'enseignement de l'école kaula, la seconde celui «des Tantra» ;et cette dernière se fait sthulayuktikramena, c'est-à-dire par des procédés qui s'inspirent de moyens «grossiers» — ce qui signifie probablement que l'exercice de yoga en quoi elle consiste est une transposition d'actes physiques dont la pensée reste présente même si ils ne sont pas exécutés réellement. L'exposé de cette méthode prend plus de place que celui de la première, mais cela tient en partie au fait que le texte donne in extenso plusieurs listes relatives aux composants du corps subtil, tandis que dans la première partie il se contente d'en dire le nombre de termes.
La première méthode part d'une structure subtile schématisée comme suit :«six cercles (cakra), seize supports (adhâra ), trois objets (laksya), cinq vides (vyoman), douze noeuds (granthi), trois šakti, trois astres (dhàman: le Soleil, la Lune et le Feu ), trois, puis dix, puis soixante-douze mille, puis trente-cinq millions de nadi, à quoi il faut ajouter les souillures et les maladies". Elle doit aboutir au résultat suivant: "Avec le nectar suprême de cette méditation subtile, le yogin redonne vigeur (apyayam kurute) à son propre corps ou à celui d'un autre, il en fait un corps divin, libre de toute affliction."


En notes, elle donne un tableau de correspondance, avec les cakra, les vyoman et les douze granthi : Sakti-granthi, Nada-granthi, Baindava-granthi, Dipika-granthi, Indhika-granthi, Sadásiva-granthi, Isvara-granthi, Rudra-granthi, Visnu-granthi, Brahma-granthi, pasava-granthi, maya-granthi .
Ensuite en notes elle commente plusieurs des" difficultés qu se présentent":
"A propos des granthi, les cinq noeuds qui portent les mêmes noms que les sthâna inférieurs ne posent aucun problème. Les deux qui sont situés au-dessous sont situés par le texte de la façon suivanteuivante : janmamule tu mayakhyo; granthir janmani pasavah et Ksemarâja glose janmamula par anandendriya (pénis) et janman par kanda, i.e.mulâdhâra. Quant aux granthi supérieurs, ils empruntent les noms de quelques-unes des kalá du pranava (cf. ch. XXI et XXII) ou de leurs subdivisions. Mais comme il semble aberrant d'avoir bindu au-dessus de dïpikà qui est une partie du nada, Ksemarâja glose baindava par rosika; en glosant ensuite nada par mosika, il retrouve en bon ordre la liste des kala du nada. C'est également le commentateur qui affirme la correspondance du Šakti- granthi et du Šakti-shtana. "
:?: Si quelqu'un y voit clair, des explications sont bienvenues :)

Voici le lien pour cette traduction du Netra-tantra et les commentaires de Helène Brunner:
http://www.lilashtanga.com/wp-content/u ... Tantra.pdf
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Re: Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par hridaya » 14 nov. 2020, 11:28

j'ai l'impression qu'il parle d'un autre point de vue ,ça me fait penser "a la fin des douzes" du vijnana bhairava ( de mémoire),
en fonction de la ou est le pratiquant il semblerait que le point d'appui, la base ,le départ se situe plus ou moins haut dans la structure et transforme celle ci au fur et a mesure. Dans certaine écoles la base de la structure énergétique démarre sur le cœurs et peut partir de encore plus haut ,en tout cas le pratiquant pose sa conscience et prend son "élan" a partir de là.
1°grandhi anahata,ajna 2° grandhi ,sahashara 3°grandhi,par exemple,
3 réalité 3 étages qui correspondent aux trois états ordinaire (veille ,etat de réve ,someille profond aux trois gunas etc....
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Re: Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par Denis » 14 nov. 2020, 19:48

Merci pour cette belle étude Amandine et tous ceux qui y participent !
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Re: Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par amandine » 14 nov. 2020, 19:52

Merci Hridaya!!!
Merci pour le ptit mot Denis.
Granthi c'est un noeud , une identification entre la Conscience et ses différentes manifestations comme tu l'as montré et là on a un shéma plus complexe et plus détaillé que celui des trois noeuds du hatha yoga.
En regardant bien la liste et le commentaire d'Helène Brunner, on peut rajouter: (à améliorer ou corriger)
on a :
Sakti-granthi (l'identité entre la conscience suprême et sa puissance)
Nada-granthi (Shakti s'identifie au Son)
Baindava-granthi (le Son s'identifie au bindu)
Dipika-granthi (le bindu devient Lumière)
Indhika-granthi ( Lumière devient Splendeur (?)
Sadásiva-granthi, Isvara-granthi, Rudra-granthi, Visnu-granthi,Brahma-granthi (la Splendeur se noue en cinq supports qui portent la Déesse, avec chacune sa fonction propre)
pasava-granthi ( les cinq supports s'identifient à pasu, le monde animal)
maya-granthi ( pasu se noie en maya, l'illusion)
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Re: Le rapport au corps et le corps yoguique

Message par hridaya » 14 nov. 2020, 20:48

coucou denis ,merci amandine pour le lien ,c'est un texte super intéressant j'avais fait un travail sur amritesa et son mantra il y a quelque année en arriére donc il est questions dans le netra tantra entre autre
oui ces ça, j'ai relu le commentaire ,en fait il nous emmène plus haut le positionnement des grandhi est décalé vers le haut et de fait ce mot prend un autre sens et une autre orientations de travail
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