Vajrayana, le Véhicule de Diamant

Vous pratiquez le Yoga, vous voulez soit poser une question relative à votre pratique soit expliquer une technique.

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lorkan739
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Vajrayana, le Véhicule de Diamant

Message par lorkan739 » 17 avr. 2021, 16:47

J'aimerais partager avec vous une pratique qui s'adresse à des pratiquants déjà bien avancé. Voir à des pratiquants qui sont en permanence en contact avec le divin, la Conscience Suprême. Sachez que rien que pour trouver l'instrument de musique il m'a fallu pas mal de temps. Avant de débuter je vous conseille vivement de vous procurer les ouvrages de votre un maître-source pour pouvoir suivre ses notes personnelles...Je ne peux que vous conseiller de suivre le Vénérable Dilgo Khyentsé Rinpoché au travers de "Sa Fontaine de Grâce" ...

Denis, dans un précédent sujet à parler de l'une de ses expèriences qui montre la démarche à suivre pour s'immerger dans cette sublime pratique :

"Nous sommes entrés dans sa chambre, il a ouvert son cahier de notes personnelles et la photo en bas de la page est tombée de son cahier.
En la ramassant ce que j'ai vu sur cette photo était bien autre chose qu'une simple photo, c'est comme si elle était en 3D, j'ai toujours cette sensation depuis 1998."


"Le bonheur et la souffrance ont une mécanique comparable au luth dont la musique,
Gens de Tingri, jaillit de la caisse et des cordes comme d'une cause et de ses circonstances."

Il faut d'abord fabriquer le corps du luth et y fixer un manche et des cordes pour un tirer de mélodieux accords. L'instrument ne produira aucun son musical s'il lui manque certains éléments essentiels. N'espérons pas non plus jouir du bonheur sans l'avoir construit, car le bonheur et la souffrance sont la conséquence de l'interaction complexe des actes positifs et négatifs dont nous sommes les auteurs.
La maîtrise du luth requiert un entraînement assidu, et la maîtrise du bonheur exige la pratique continue du Dharma. Encore faut-il s'y exercer correctement : pincer les cordes au hasard et le plus fort possible ne produira qu'une affreuse cacophonie. La pratique du Dharma sous le coup d'un élan désordonné vers le bonheur ne mène qu'à des déconvenues.
La musique suit les lois de l'harmonie, et le bonheur et la souffrance suivent, au niveau relatif des apparences, les lois inéluctables de la causalité karmique. Dans le domaine absolu, la mélodie du luth est insaisissable, de même que la joie et la souffrance n'offrent aucune prise réelle.
Sachez reconnaître vos défauts majeurs - le désir, la colère, la manque de discernement, la jalousie, l'orgueil -, restez-en conscient et neutralisez-les dès qu'ils se manifestent. Soyez vis-à-vis de vos émotions comme un homme qui craint pour sa vie et jour et nuit s'entoure d'une garde vigilante.
Faute de rester vigilant face à la pression des émotions, ont peut manquer le point essentiel du Dharma et se mentir toute sa vie en prétendant pratiquer correctement. Pris à contresens, le Dharma peut mener aux destinées inférieures.
Les fresques qui représentent la magnificence d'un champ céleste avec un grand luxe de détails ne permettent pas pour autant à ceux qui le contemplent de s'introduire effectivement dans une terre pure. La lecture d'une ordonnance n'a jamais guéri personne. On ne se rapproche pas de la libération en ne faisant que singer le Dharma. C'est perdre son temps que de teindre un tissu avec négligence : la teinture ne tiendra pas et l'opération n'aura servi à rien. Et il est tout aussi infructueux de pratiquer le Dharma sans qu'il pénètre au plus profond de nous.

L'inaltérable réalisation de cette vue, qui n'a pas de naissance, de durée ni de fin, s'accompagne d'une conscience éveillée qui observe le mouvement des pensées comme un vieille homme paisible regarde jouer les enfants. Les pensées confuses ne peuvent affecter la conscience éveillé, pas plus qu'un sabre ne peut entamer le ciel.
Tant que nous poursuivons nos pensées, nous faisons comme le chien qui court après chaque pierre qu'on lui jette. Mais si nous regardons plutôt la conscience éveillée qui se trouve à leur source, chaque pensée surgira de la conscience éveillée y s'y dissoudra sans entraîner d'autres pensées. En procédant de la sorte, on fait comme le lion qui ne poursuit pas la pierre qu'on lui jette mais se retourne vers celui qui l'a jetée : à un lion, on ne peut lancer qu'une seul pierre. C'est pour conquérir la citadelle jamais née de la nature de l'esprit qu'il nous faut rejoindre la source et trouver l'origine des pensées.

Les sept lignes adamantine (le luth) :

A la frontière nord-ouest du pays d'Uddiyâna,
Au cœur d'un lotus dréssé sur sa tige,
Vous avez atteint le merveilleux accomplissement suprême.
Révéré sous le nom de Né du Lotus,
Une assemblée de nombreuses dâkinîs vous entoure
En marchant sur vos pas, puissé-je atteindre l'Éveil
Venir me bénir, je vous en supplie!

Gourou Padma Siddhi Hoûng

Dza Patrül Rinpoché dans son œuvre "le drame du jardin aux lotus" en parle mieux que je ne pourrais le faire :

"Priez donc votre maître-source, car il est le guide suprême, celui qui possède la bonté des Trois joyaux rassemblés, le Très Précieux dont la nature est identique à celle de tous les bouddhas,
Celui qui détient les bénédictions du trésor des conseils oraux des trois lignées. En mêlant inséparablement son Esprit de sagesse à votre esprit, la réalisation se fera jour en vous.
Voilà pourquoi le Yoga du Maître est la meilleure des pratiques. Ainsi ayant restauré les initiations et le lien sacré contractés sur la voie, tous les phénomènes du samsâra et du nirvâna vous apparaîtront comme le déploiement ludique du maître. Les circonstances conflictuelles étant apaisées, vous réaliserez tous vos souhaits, et dans cette vie même, vous conquerrez la citadelle du Corps de Réalité."
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lorkan739
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Re: Vajrayana, le Véhicule de Diamant

Message par lorkan739 » 26 avr. 2021, 09:09

Concernant la parole adamantine, Patrul Rinpotché dit :
"Les récitations de mantras - approche, accomplissement et activités - ne sont que des complications.
Les six syllabes sont universelles, le Dharma tout entier y résonne,
Et tout ce qui résonne n'est en rien différent du Verbe du sublime Tchenrézi :
Reconnaissez tous les sons comme son mantra, sonores mais vides, et récitez les six syllabes."

Les mantras représentent un des principaux éléments de la pratique du Véhicule Adamantin. Ce sont des formules sanskrites qui, sur le plan des sons, ont la même importance que les déités sur le plan des formes. Il en existe de nombreuses variétés : mantras d'Éveil, mantra secrets, dharanis, mantras d'approche et d'accomplissement, mantra pour accomplir les quatres activités, etc. Aucun d'entre eux ne peut cependant être considéré comme supérieur au mani, qui réunit non seulement toute les fonctions, mais aussi tous les pouvoirs et toutes les bénédictions des autres mantras. Le mani n'est pas une simple succession de sons ordinaires. Il est en fait, le grand Bodhisattva lui-même sous la forme de sons. Si nos voiles karmiques nous empêchent pour le moment de le rencontrer, nous pouvons cependant écouter son mantra, le lire, le réciter, l'écrire en lettres d'or. Et comme il n'y a pas de différence entre la déité et son mantra, ces simples actes sont d'un grand bienfait. Dans le cœur de Tchenrézi, se trouve un lotus à six pétales sur lequel repose un disque de lune. Au centre de ce disque se dresse la syllabe blanche HRIH, qu'entoure les six syllabes OM MA NI PAD MÉ HOUNG disposées dans le sens des aiguilles d'une montre. Elles ressemblent à un collier de perles, d'où jaillissent des flots de lumière porteurs de multitudes d'offrandes en direction des innombrables terres de Bouddhas. En acceptant ces offrandes, les Bouddhas et Bodhisattvas vous aident à parfaire la double accumulation des mérites et de la connaissance. Ces flots de lumière reviennent chargés des bénédictions du corps, de la parole et de l'esprit de tous les Bouddhas, ainsi que de leur sagesse, de leur pouvoir et de leur amour. Ils se dissolvent dans le mantra qui se trouve dans le cœur de Tchenrézi. Celui-ci devient encore plus radieux et resplendissant, comme de l'or lavé dans l'eau safranée.
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Re: Vajrayana, le Véhicule de Diamant

Message par Denis » 28 avr. 2021, 10:47

Amusant de voir ce genre d'affirmation omniprésente dans toutes les visions...
Pour le Shivaïte OM NAMAHA SHIVAYA est le plus grand...
Pour le Nath le mantra de Tripurasundari
Pour le vedantin le OM
Pour le curé c'est Amen
Pour l'orthodoxe c'est la prière du coeur...
Les hommes m'amuseront longtemps encore...
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
Cours de Yoga en live et étude de textes en live avec zoom
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Re: Vajrayana, le Véhicule de Diamant

Message par lorkan739 » 28 avr. 2021, 13:32

"C'est pourquoi il est indispensable d'harmoniser le corps, la parole et l'esprit. De ces trois instances, l'esprit est le plus important, le corps et la parole ne font que le suivre. Il est donc impératif de ne pas le laisser errer"

Dilgo Khyentsé
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Re: Vajrayana, le Véhicule de Diamant

Message par lorkan739 » 08 mai 2021, 20:46

"Pour ceux de mes enfants qui prient ainsi,
Il va sans dire qu'ils jouiront de ma protection, car ils seront les fils et les filles des bouddhas du passé, du présent et du futur"

Dodroupchen Jigmé Tenpé Nyima
Om mani padmé houng
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