BASTRIKA-PRANAYAMA

Liste des postures et Pranayama du Hatha Yoga.

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Denis
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BASTRIKA-PRANAYAMA

Messagepar Denis » 26 Jan 2006, 01:00

BASTRIKA-PRANAYAMA
Le soufflet de forge
Majeure..

I-) Description traditionnelle


“A l’instar du forgeron qui agite son soufflet rythmiquement, il faut faire mouvoir l’air en un mouvement vif d’inspir et d’expir, à intervalles réguliers, et par les deux narines alternées. Après avoir fait vingt cycles consécutifs, on pratique la rétention. A la fin de cette rétention on répète ces frictions d’air comme indiqué précédemment (avec l’autre narine), le sage doit pratiquer trois fois par jour ce bhastrikâ suivi de la rétention (la même que pour sûryabheda). Ainsi il n’éprouvera ni maladies ni souffrance et, au fil des jours, il jouira d’une excellente santé” US, V, 75à 77.

“Adoptant correctement le padmâsana, l’esprit calme, le tronc et le cou dans une ligne droite, la bouche close; qu’il expulse avec force le souffle par une narine, de manière à ce que la friction de l’air dans la poitrine et la gorge jusqu’au crâne produise un son, et immédiatement, qu’il inspire l’air avec force jusqu’au lotus du coeur.

De nouveau qu’il expire de la même manière, puis inspire, rythmiquement. Comme un soufflet de forge est mû puissamment par le forgeron, pareillement l’air qui se trouve dans le corps doit être sciemment agité. Lorsque la fatigue survient dans le corps, on doit terminer par une inspiration par la narine droite.

On doit comprimer fermement l’une des narines sans utiliser le majeur ni l’index, d’une manière telle que le ventre puisse s’emplir d’air facilement.

Ayant fait un kumbhaka conforme à la méthode prescrite, on doit rejeter le souffle par la narine gauche. Délivrant des maux nés de vâta, piffa, et slesman (ou kapha), accroissant le feu corporel, éveillant promptement Kundalinî, purifiant, plaisant, bénéfique, ce kumbhaka nommé bhastrikâ fracture le verrou sous forme de kapha qui ferme l’entrée de la brahmanâdî, et il brise les trois noeuds venus à l’existence conjointement dans le corps. Il faut tout particulièrement pratiquer ce kumbhaka appelé “le soufflet de forge”. H. Y.PII, 60 à 67.


II) Description
(Il existe deux versions, l’une abdominale, l’autre thoracique)



II-1-) Version abdominale

- s’asseoir dans une posture stable et confortable

- porter l’attention sur la zone de l’abdomen. C’est cette zone qui est seule concernée par la technique. En effet, la poitrine est aussi immobile que possible.

- inspirer profondément en gonflant bien le ventre

- expirer violemment et profondément en comprimant le ventre. Cette expiration est rapide (environ 1/2 seconde). La poitrine ne participe pas à la technique.

- puis inspirer fortement et profondément en laissant le ventre se gonfler. La durée de l’inspiration est identique à celle de l’expiration (environ 1/2 seconde). La poitrine est également inerte.

Aussi bien pour l’inspiration que pour l’expiration, c’est le ventre qui guide le mouvement. La sensation à l’inspiration est celle d’une aspiration de l’air par le ventre qui en se gonflant crée une dépression qui attire l’air. Pour l’expiration, c’est le ventre qui en se comprimant chasse l’air hors du corps.
Bastrika n’est pas une respiration complète, la poitrine et les clavicules ne participant pas au mouvement.

- maintenir ainsi la respiration pendant le temps souhaité (pas plus de quelques minutes au début, puis lorsqu’on en a une connaissance plus approfondie, on peut maintenir la techniques plusieurs dizaines de minutes)

- sur la fin d’une inspiration, retenir le souffle le plus longtemps possible. Cette rétention s effectue en appuyant le menton contre le sternum et s’accompagne de mula-bandha (contraction de la racine), de jalandhara-bandha (contraction de la gorge) et de kechari-mudra (retournement de la langue contre le palais).
Un mantra accompagne la respiration et fixe les pensées (ham-sah par exemple)
Un mantra rythme la rétention (mantra ohm par exemple). La rétention n’a pas de durée fixée, seul le rythme importe. Lorsque la perception du rythme imprimé par le mantra s’efface au profit d’une volonté de ne pas respirer, la rétention doit cesser. Les notions de performance et de contrainte sont absentes de la rétention. La volonté y participe, mais elle se manifeste au niveau du mantra qui doit rester présent et justement formulé (ou écouté).

- à la fin de la rétention, relâcher les contractions, relever la tête et expirer lentement. Ceci constitue un cycle complet de Bastrika.
Maintenir ensuite l’attention sur le rythme du souffle jusqu’à ce que la respiration se soit complètement apaisée, puis entamer un second cycle.
On répète ainsi autant de cycles que désirés avant de cesser la technique à la suite d’une rétention à poumons pleins.

Variante:
La rétention peut également se faire à poumons vides. Dans ce cas, c’est à la suite d’une expiration que l’on retient son souffle.


II-2-) Version thoracique

- s asseoir dans une posture stable et confortable

- porter l’attention sur la poitrine. C’est cette zone qui est seule concernée par la technique. Le ventre est aussi immobile que possible.

- Dans la version précédente, le mouvement respiratoire était guidé par le ventre, dans cette version il est guidé par les bras qui prennent la position suivante:
Appliquer la paume de la main droite ouverte sur la poitrine (au niveau du plexus cardiaque) et plaquer la main gauche également ouverte sur la main droite.
Les coudes sont collés le long du corps au niveau des côtes.

- Inspirer fortement comme indiqué précédemment, les coudes s’écartent du corps mais en restant dans l’axe qu’ils avaient au repos (on doit pouvoir tracer une ligne droite qui joint les deux coudes en passant par la poitrine). Les coudes ne partent donc pas vers l’avant, mais uniquement vers le haut. Les mains s’écartent l’une de l’autre mais restent plaquées contre le corps (pratiquement, elles pivotent par rapport aux pouces).

- Sur l’expiration, les coudes redescendent pour venir frapper les côtes, les bras se plaquent à nouveau le long du corps.

C’est ce mouvement des bras qui guide complètement l’inspiration et l’expiration.


Tout le reste de la technique est identique à la version abdominale.



III-) Effets et contre-indications

Effets

Sur le plan physique, Bastrika est une technique puissante et régénératrice. Sa pratique apporte bien-être et vigueur. Elle tonifie le corps et active la régénération des cellules. On dit qu’elle fait disparaître rides et cheveux gris et qu’elle redonne la jeunesse.

Sur le plan énergétique, elle établit un profond courant le long de la colonne vertébrale et favorise particulièrement la circulation des énergies et la résorption des tensions.

Sur le plan subtil, le lien très fort qui s’établit dans la phase de respiration rapide entre le mouvement du corps, le rythme rapide du souffle et la répétition incessante du mantra au niveau des pensées permet de stopper l’ensemble lors de l’arrêt de la respiration.
Il est alors possible de rentrer dans une forme de concentration tout à fait particulière car non parasitée par le mouvement, la respiration ou les pensées.

Tout le secret de la technique réside dans la capacité que l’on a de lier parfaitement le mouvement, le souffle et le mantra dans la phase respiratoire. C’est l’intensité et la qualité de ce lien qui détermine les possibilités de la phase de rétention.

précautions

La puissance même de la technique, la forte ventilation dans la respiration rapide et la durée de la rétention (éventuellement plusieurs minutes) doivent inciter à la prudence au début. C’est une technique à pratiquer progressivement, et qui demande à être apprivoisée avant de l’exploiter dans toutes ses possibilités.

En cas d’hypertension ou de troubles cardiaques, elle est à pratiquer avec les plus extrèmes précautions et sous la surveillance d’une personne compétente.

Attention aussi à ne pas entrer dans lhyperventilation qui elle conduit à tout sauf au pranayama et surtout à des états pshychologiques désastreux.

Au début la durée de la respiration rapide n’excèdera pas 1 à 2 minutes. La fermeture correcte et très ferme de la gorge est à maîtriser parfaitement.
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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