Pratiques des Natha Yogins

Tantrisme ...
Un mot usité de partout, mis à toutes les sauces. Venez nous parler de vos expériences et idées sur cette voie.

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Michel C
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Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Michel C » 03 Déc 2017, 19:15

Bonjour chers tous et chères toutes

Je reviens vers vous pour vous faire part de mon nouvel ouvrage, retranscrire mes expériences de Natha Yogin.

Toute de suite, je préviens ici les esprits chagrins, je n'ai pas les oreilles percées, et je n'ai pas été adoubé par un Gourou Indien issu d'une lignée dûment patentée,
mais désire plus simplement, contribuer à la simplicité de cœur et cheminer ainsi avec vous sur la voie adamantine chère aux Natha Yogins.

Il s'agira de revisiter les thèmes propres à cette voie en redonnant, sans être exhaustif, les grands axes de la pratique et de la théorie du Natha Yoga.
Nombreuses et nombreux seront celles et ceux qui se reconnaitront, car le yoga reste somme toute un seul et même arbre qui pousse continuellement
d'âge en âge et de génération en génération.

Cet arbre existe bel et bien, il est tout poussé dans le royaume du cœur, il est l’arbre de la vie, il réside dans le jardin secret de notre propre intimité, les oiseaux qui s’y posent sont toutes nos pensées, ses branches puissantes sont notre propre prise de conscience, son tronc est la certitude inébranlable, sa futaie est la grandeur de son efficience, son feuillage est la beauté exubérante, ses fruits la jouissance radieuse, ses fleurs l’ivresse de la connaissance, son ombrage le frais nectar de l’immortalité.

Hommage au Svayambhu Linga !
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Michel C
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Michel C » 03 Déc 2017, 19:18

Selon Tara Michaël (sanskritiste émérite) en citation de son étude :

Shri Âdi-nâtha est la Source de toute connaissance du yoga et du tantra. Il est Akula, le "Sans lignage", en qui apparaît et se déploie Kula ou Shakti, d'où proviennent toutes les lignées de Nâtha-siddhas.

Le Guru est considéré comme une manifestation de Âdinâtha Shiva. Sa demeure éternelle est sur la cime du mont Kailasha dans l'Himalaya, près du lac Manasarovar. Sa majesté se manifeste dans les douze jyotir-linga. Son mantra est: Omkâr âdinâthâya namah.

Selon le mythe fondateur, le dieu Shiva, Âdinâtha, dispensait les enseignements secrets, à son épouse la déesse Pârvatî, au pied du Mont Kailasha et au bord du lac Manasarovar. Dans la solitude des Himalaya, et dans le lac, un poisson (matsya) qui s'était caché là, écouta alors les enseignements au sujet de la divinité de l’Être Absolu et de toutes formes de sa Vie Terrestre.

Dépouillé par la puissance de cette révélation de sa forme de poisson, et recevant la grâce et la bénédiction de Shiva, il devint Matsyendra, le "Seigneur du poisson", le premier des Nâtha-siddhas.

Goraksha-nâtha est le plus illustre disciple de Matsyendra-nâtha, il répandit la voie du Hatha-yoga à travers toute l'Inde. Go signifie "vache", il est appliqué aux organes des sens; rakshâ veut dire garde, surveillance, protection; Goraksha est à la fois celui qui protège les vaches et celui qui est protégé par les vaches.

Un texte de bhakti, Bhakta-vijaya par Mahîpati, raconte ce mythe sur la naissance de Goraksha: un jour, Matsyendra-nâtha, pendant sa tournée d'aumônes, s'arrêta devant la maison d'un riche marchand, et cria "Alakh" (du sanscrit alakshya, l'Indéfinissable, l'Ineffable, désignation apophatique du Brahman suprême), auquel on reconnaît les Yogin aux oreilles percées.

La maîtresse de maison sortit en apportant son offrande, et fut étonnée de sa splendeur. Elle lui fit une requête: "je n'ai pas d'enfant, faites-moi la grâce de m'indiquer comment je pourrais en avoir un". Matsyendra bienveillant prit une poignée de cendres sacrées, y imposa la puissance d'un mantra, et les versa dans les mains de la femme, en disant :" dès l'instant où vous absorberez ces cendres, mêlées à un peu d'eau, vous concevrez un fils". Et il s'éloigna rapidement. La femme déposa les cendres dans son sanctuaire domestique, puis elle alla consulter ses amies et confidentes du voisinage. Celles-ci jetèrent le doute en elle, la persuadèrent que ce n'était qu'un tour de magie noire, et elle se débarrassa des cendres.

Douze ans plus tard, Matsyendra surgit à nouveau à la porte de cette maison, et à son cri : "Alakh", la femme sortit. Matsyendra lui dit: "permets-moi de voir sur-le-champ le fils qui t'est né après que je t'ai donné les cendres sacrées." Elle resta silencieuse, craignant d'être maudite.

Matsyendra reprit :
- Dis-moi si tu as avalé les cendres ou si tu les as jetées quelque part ?

La femme répondit :
- J'ai écouté les avis des autres, circonvenue par le doute, je les ai jetées dans le foyer, puis elles ont été collectées dans ce large fossé où les fermiers mettent leur bouse de vache.

Matsyendra s'approcha du monceau de fumier et appela d'une voix forte : "Alakh". Du sol sortit une voix: "O commandement de mon Guru", et un jeune garçon de douze ans, glorieux et lumineux, doué de toutes les marques du génie, émergea à cet endroit, non souillé par la bouse. Matsyendra le prit par la main et l'emmena. Comme il avait vécu dans un mélange de bouse et de cendres pendant douze ans, il fut nommé avec affection Goraksha-nâtha.

Cela explique la relation étroite entre Goraksha et la vache et tout ce qu'elle représente, mais aussi son tempérament ascétique, et son indifférence envers les femmes. Rejeté par celle qui devait être sa mère humaine, par un juste retour des choses, il fut capable d'ignorer le sexe féminin et de ne pas tomber dans les pièges tendus par celui-ci.

Goraksha-nâtha est l'un des neuf Nâthas selon le Mahârnava-tantra, l'un des douze Gurus humains (mânava-guru) selon le Kaulâvalî-tantra et le Shyâmâ rahasya, l'un des douze Kapâlika selon le Shâbara-tantra. Il est placé en tête, avec Matsyendra, de la liste des quatre-vingt-quatre siddhas par le Varna-ratnâkara, la Hatha-yoga-pradîpikâ et d'innombrables autres textes.
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Michel C
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Michel C » 03 Déc 2017, 19:20

La tradition Natha constitue une voie à part entière. Elle est suffisamment riche pour contenir toutes les pratiques et tous les usages du yoga. Assurément, une vie entière ne suffirait pas à en faire le tour. Cette voie comporte principalement les postures (asana), les souffles (pranayama), les gestes (mudra), les fixations oculaires (drishti), les formules énoncées (mantra) et les phonèmes monosyllabiques (bija), la visualisation de diagrammes (yantra), les ligatures (bandha), les purifications (kriya), les nettoyages (neti), la relaxation (nidra), les massages subtils (nyasa), les concentrations (dharana), le retrait des sens (pratyahara), l’adoration (bhakti), l’étude des textes sanskrits (jnana) et les méditations (dhyana).

De manière plus simple, voici la hiérarchisation des pratiques de cette voie :

Kriya (purifications au sens large, remplace Yama et Niyama du yoga de Patanjali)
Asana (Postures)
Pranayama (Contrôle des Souffles)
Mudra (Gestes avec les mains et tout le corps)
Pratyahara (Retrait des sens)
Dharana (Concentration)
Dhyana (Méditation)
Samadhi (Absorption)

Il est à noter l’importance des mudrâ dans cette échelle. D’une façon générale, les mudrâ sont des raccourcis, ils permettent d’éviter tout ce qui est « ennuyeux » et « fastidieux ». (yama, niyama, asana, dharana, etc..) On est censé y récupérer tout ce qui est acquis en prânayama. Il s’agit surtout de ne plus respirer et de tenir le vide ou le plein. Dans le tantrisme, l’état méditatif vient directement après les mudrâ, que ce soit après une montée d’énergie ou non. L’ordre est toujours : asana, prânayama, mudrâ, état méditatif. Il est à noter clairement que l’état méditatif s’accompagne ici de l’absence complète de souffle. Dans l’état méditatif se produit la Kévali Kumbhaka soit la suspension spontanée des souffles. L’individu se tient alors au centre de lui-même comme dans l’œil du cyclone où n’existe plus aucune agitation.

A l’instar des autres écoles tantriques, les Natha accordent une grande importance à la Kundalini Shakti. La visée principale du yoga tantrique est bien d’éveiller l’énergie de la Kundalini de sorte qu’elle puisse retrouver les centres du haut et notamment le Sahasrara Chakra et s’unir à Shiva en la sensation divine de la pleine Conscience.

Nous rappelons ici que la Kundalini Shakti n’est autre qu’une énergie de prise de conscience, elle est l’énergie de conscience de l’être universel qui s’éveille à lui-même. En tant que pure affectivité et pure vibration, elle insuffle le devenir chez toutes les créatures animées ou inanimées et possède tout pouvoir sur le cœur des hommes et des femmes.

Pour se libérer en une seule vie du conditionnement humain, les Natha ne préconisent ni les pratiques religieuses extérieures ni la connaissance des traités. Ils insistent sur une voie directe aussi brève que possible, celle que découvre l'adepte en lui-même et jusque dans son propre corps, lieu privilégié de l'expérience amoureuse, que celle-ci concerne la divinité, l'énergie ou l'univers.

A cette fin les Natha recourent à un seul moyen : l'intuition et la pureté de cœur. On les appelle en conséquence sahajiya, adeptes de la spontanéité. Ils se caractérisent par la simplicité du cœur et de l'esprit. Grâce au sahajasamadhi la pensée s'absorbe progressivement dans la félicité, l'impression erronée d'objectivité et de dualité s'estompe et finalement disparait. Lorsqu'un tel état de conscience se répand dans toutes les activités journalières, le yogin, quelles que soient les circonstances n'éprouve qu'une seule et même saveur (samarasa) qui imprègne l'univers entier.

C’est pourquoi il est nécessaire de sanctifier, de transfigurer le corps, car il faut un corps pur, subtil et adamantin pour obtenir des pouvoirs surnaturels. Mais, ici point n’est besoin de pratiques ardues et fastidieuses, le contrôle du souffle s’obtient en faisant pénétrer les souffles dans la voie médiane (sushumna) grâce à la friction unifiante des souffles ascendant et descendant qui n’exercent plus la dualité. Cette pratique s’effectue sans effort, la pensée étant devenue stable, les sens le deviennent également. Quant au contrôle sexuel, il dépend de l’énonciation intérieure (ajapajapa) ; en effet dès que tout a fondu dans la voie médiane, le yogin entend intérieurement une sonorité spontanée (anahata nada) et s’il demeure vigilant à son égard, la kundalini s’éveille puis s’élance dans le centre supérieur où elle s’unit à Shiva.

Ainsi atteint-il de façon aisée, naturelle, innée, l’état d’absorption dans la félicité (unmani) qui transcende la pensée et devient-il un homme, une femme, libre, sans attache. (avadhuta).

Mais pour obtenir cet état, un guru appartenant à une lignée véritable est indispensable : il doit être vénéré à l’égal de Shiva. C’est lui qui effectue chez le disciple la tenue du souffle, l’absorption de la pensée et l’éveil de la Kundalini.

De nos jours, le yoga Natha est encore bien vivant. A l’instar du tantrisme, il se trouve plus adapté à notre monde moderne particulièrement perturbé, et il ressurgit pour proposer un enseignement puissant et direct à l’encontre de la perdition et la complexité de notre civilisation. Ce yoga recherche la puissance, les pratiques de feu et l’élévation de la fréquence vibratoire. Il est abrupt et vise au centre de l’individu l’union de Shiva et Shakti dans les chakras et dans la Sushumna Nadi par la recherche de l’éveil de la Kundalini Shakti.

L’augmentation significative du niveau d’énergie procure toujours de bonnes sensations, les expériences s’avèrent plaisantes, le surcroit d’énergie aiguise les désirs et affine les sens, les nourritures terrestres deviennent encore plus délicieuses et savoureuses. De plus la montée d’énergie offre à l’adepte une puissance mentale décuplée et peut engendrer un sentiment de supériorité. Au fil des expériences l’adepte peut avoir l’impression d’appartenir à une élite, à une classe de privilégiés en rapport avec une population qui lui serait inférieure. Dans cette façon de penser et à coup sûr, l’énergie entraîne de grands désordres et de grandes déceptions. L’énergie agit ici comme une drogue, et l’adepte ressent le besoin de se lancer de nouveaux défis, d’en vouloir toujours plus. Il attend impatiemment le moment où il pourra retrouver ces états de pouvoirs. Cet aveuglement entraîne toujours des fautes et des chutes qui peuvent rapidement éloigner le pratiquant de la voie véritable du yoga. Cette puissance peut devenir un obstacle et une perdition lorsqu’elle est mise au service de l’ego et de la recherche d’une quête de reconnaissance mondaine. Invariablement, l’énergie, une fois montée finira toujours par redescendre, c’est sa nature de varier ainsi à l’infini et de relier les pôles d’opposés. C’est ainsi que ces cycles peuvent entrainer de grandes perturbations, de grandes déceptions et de grandes désillusions.

Elle devient par contre une voie précieuse, et une voie très efficiente, lorsque cette belle énergie est mise au service de la simplicité, de l’humilité et de la générosité du cœur. En ce sens il faut prendre en compte tous les aspects de l’énergie et mettre toutes ses potentialités au service de la Conscience universelle et non de l’ego phénoménal. Dans les pratiques qui élèvent le niveau d’énergie, il faut toujours garder une grande vigilance ainsi que d’une grande lucidité, pour comprendre ce qui s’accomplit à l’intérieur de soi. Il convient de se connaître soi-même et de toujours garder une visée purement intérieure et spirituelle, offrir le fruit de ses actes à la Conscience universelle.

Pour suivre ce chemin, il faut avoir une confiance absolue en son Guru, il est le guide, il est celui qui mène à Sat Cit Ananda (Être Conscience et Béatitude), notre condition native de bienheureux et bienheureuse. Le Guru réside en ce lieu (Shiva Loka), il montre ainsi, aux êtres affligés par le devenir, le chemin qui mène au-delà de la forme, à cet état de lumière et de paix.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Denis » 03 Déc 2017, 20:57

Merci Michel pour ce texte qu’il me semble avoir déjà lu, je ne sais où ?
Il me semble qu’il manque des choses dans la liste des pratiques, notemment tarka et surtout puja
Enfin pour ce qui est des études de textes mon guru, yogi Matsyendranath, en a étudié des dizaines et nous conseille d’apprendre Le sanskrit et même lindhi pour bien les comprendre directement
Il ne faut pas aussi oublier que pour être Nath il faut avoir reçu des initiations d’un véritable guru dans cette lignée
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Elise » 03 Déc 2017, 21:45

:) Merci !
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Michel C » 04 Déc 2017, 09:21

Merci Denis

Je ne connais pas le Tarka, pourras-tu nous en dire un mot ?

Sinon, en introduction, comme indiqué,
il y a des séquences tirées du Site de Tara Michaël
et de mémoire, des séquences tirées de "La Kundalini ou l'énergie des profondeurs" de Lilian Silburn.

Merci à toutes celles et ceux qui voudront bien enrichir ce travail...
Encore une fois, ils nous appartiendra de dégager simplement les grands thèmes du Natha Yoga.

A bientôt pour d'autres écrits

Michel
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar philippe12 » 04 Déc 2017, 19:52

Bonjour a tou-te-s

merci Michel C :allah:
superbe et inspirant passages
et merci pour le lien vers le site de Tara :coeur:

je te dedie ma pratique de ce jour et ce magnifique couche de soleil hivernal

Capture.PNG
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OM NAMAH SURYA NAMAH


C’est un plaisir de vous lire

Je vous souhaite
Une VIE remplie
D’AMOUR et
De LUMIERE
"je me pensais roseau, je n' etais que chene"
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Michel C » 10 Déc 2017, 20:21

Le yoga peut se définir simplement par un retour à soi. À un moment de sa vie, l’individu comprend qu’il lui faut tourner son regard vers le dedans, qu’il lui faut s’occuper en premier lieu de son corps et de la sensation intérieure. Le yoga commence par ce retournement des sens vers le dedans. Cette décision essentielle d’emprunter la voie du yoga n’est pas facile, elle n’est jamais prise à la légère. Souvent, il faut le dire, ce retour à soi fait suite à des difficultés, à des souffrances physiques ou morales. Ce peut être la maladie, le décès d’un proche, une faillite dans les affaires, ou toutes autres déceptions et désillusions de la vie. Ce peut être également une lassitude des plaisirs matériels, de la superficialité des rapports humains, de la fatuité, de la luxure et de la vanité à y discerner un véritable projet de vie. Mais ce peut être aussi plus simplement, l’intuition de vouloir s’améliorer, de donner du sens à sa vie, d’y trouver une meilleure qualité, une recherche intérieure pour de nouvelles connaissances sur soi-même et les secrets de la vie.

Sur ce sujet la tradition établit trois catégories de parcours parmi les humains :

En premier lieu sont celles et ceux qui ne sont attirés que par les plaisirs matériels et les nourritures terrestres. Leurs seules préoccupations sont l’accumulation des biens matériels et la jouissance des plaisirs de ce monde. Mais cela n’est rien en comparaison de leur recherche de reconnaissance mondaine, car en vérité ce qu’ils désirent secrètement n’est rien d’autre que l’admiration de leur propre personne. Ceux-là dit-on constituent le bétail des Dieux et des Déesses (pashu). Leurs états de conscience dans les moments de plaisirs et de déplaisirs sont aussitôt consommés par ces maîtres et maitresses qui ne leur laissent aucun répit. Cette vision métaphorique du bétail parqué dans son enclot n’ayant accès qu’à un pré carré d’expériences limitées, illustre bien la condition naturelle des hommes et des femmes vivant sur cette terre. Cette condition est soumise à des puissances qui cherchent irrémédiablement à s’exprimer, il faut assouvir les pulsions irrépressibles de la faim, de la soif, du sexe et encore du désir incoercible de reconnaissance de sa propre personne.

En second lieu sont celles et ceux qui connaissent les mêmes expériences que les premiers, mais qui contrairement à eux, désirent sincèrement s’extraire de cette condition. En eux naissent la volonté de s’affranchir des désirs matériels pour une nourriture plus spirituelle. Préférant donner un sens moral à leur vie, beaucoup veulent ainsi privilégier la qualité à la quantité. Ils perçoivent à l’intérieur d’eux-mêmes des sensations de beauté et de pureté qui ne les laissent pas indifférents. Ceux-là sont, en vérité, à la croisée des chemins, ils et elles possèdent les qualités pour s’affranchir des illusions de la vie matérielle et sont réellement doués pour éprouver les réalités spirituelles de la vie intérieure. Mais dans les faits, la plupart se fourvoient dans des engagements militants ou poursuivent des causes justes, reproduisant à leur insu les mêmes motivations de reconnaissance mondaine. Ils s’égarent ainsi dans des voies politiques, sociales ou culturelles qui ne sont en réalités que des impasses menant à l’oubli de soi. Plus rares sont celles et ceux qui comprennent que si le monde pose problème, c’est en rapport avec leur propre comportement et leur propre jugement face au monde et non à cause du monde lui-même. « Si tu veux changer le monde commence par te changer toi-même » nous dit le célèbre dicton de Gandhi. Pour ces derniers, s’ils décident d’emprunter la voie du yoga et s’ils rencontrent un maître avéré d’une lignée véritable, tout devient permis et le chemin s’ouvre alors vers la réintégration de la totalité de leur être, le Soi.

Enfin faut-il encore mentionner celles et ceux pour qui tout est déjà fait. De par leur naissance, tout est déjà accompli. S’il convient de faire encore quelque effort sur la voie, c’est seulement celui du souvenir et de la reconnaissance de leur propre nature. En s’unissant à eux-mêmes, ils se reconnaissent alors comme étant de nature pure, parfaite et omnisciente. Ces êtres plongés dans leur propre Soi appréhendent l’Univers comme un reflet de leur propre intériorité. Ils ne sont pas soumis au Karman, leurs actions n’atteignent aucun but, les fruits de leurs actes sont offerts au feu du détachement intérieur. Agissant en toute spontanéité, au service de la Conscience, ils se vouent à une vie purement spirituelle, à la compassion, à la louange des Dieux et des Déesses, à l’adoration et la contemplation divine.

Pour celles et ceux qui cheminent en quête de vérité et veulent s’affranchir du voile de l’illusion, il faut donc s’efforcer et suivre les enseignements du yoga. Ce chemin symbolise le travail sur soi et l’aventure de la connaissance intérieure. Il est traditionnel chez le maître, à ce moment de décision, de faire douter l’élève et de lui proposer une véritable réflexion avant même de commencer. C’est ainsi que la première qualité requise est l’envie de s’engager sur ce chemin. Il faut une grande conviction pour s’élancer sur la voie du yoga, il faut la volonté de quitter pour toujours la vie mondaine et la ferme intention d’aller le plus loin possible dans ce voyage sans retour. Paradoxalement tout est déjà contenu dans cette première intention - l’élan est Bhairava – c’est-à-dire que l’adepte, par ce seul élan, par cette seule volonté, peut atteindre immédiatement son but, la réalisation du Soi. En effet, à ce point de départ, tout est déjà parfaitement exprimé : partant de Soi est le toucher du Soi en le retour à Soi. Pour l’adepte qui réalise ainsi cette continuité du Soi, le point de départ se confond avec le point d’arrivée et il n’y a alors plus nulle part où aller.

Mais rares sont celles et ceux pour qui le chemin peut être ainsi abandonné si vite. La plupart doivent continuer à cheminer et à travailler sur eux-mêmes. Selon la tradition Natha, il faut commencer par apprendre à mobiliser les meilleures énergies. Une fois la décision prise de s’engager sur le chemin du yoga, il n’y a plus que des certitudes, celles de suivre les directives du Guru et de s’appliquer dans les pratiques proposées. Ojas est le nom sanskrit donné à cette mobilisation des énergies. Ojas est ainsi la vitalité profonde de l’individu, elle est la véritable force motrice sur le cheminement intérieur. En vérité, ce sont les mêmes déterminants qui projetaient l’individu vers l’extérieur et qui maintenant le poussent à agir vers l’intérieur.

Selon Lilian Silburn : « Énergie consciente, la Kundalini est à l'origine des deux courants qui régissent la vie : prâna , énergie vitale, et vîrya efficience virile au sens large, le premier mettant l'accent sur l'aspect épanoui de l'énergie et le second sur son intensité adamantine. Ce sont les deux manifestations de la vitalité profonde (ojas) dont ils émanent avant de se fondre en une seule énergie à saveur unique (sâmarasa), béatitude propre à la fusion de la vie de l'instinct et de la vie intérieure et mystique. »

Dans la pensée indienne Ojas est considéré comme force de caractère. Cette puissance est contenue au niveau de la tête, du mental. Il s’agit de cette aura d’autorité dont jouissent les fortes personnalités. Ces derniers sont écoutés, leurs paroles sont prises en considération, elles possèdent du poids. Sans nier la partie innée de cette qualité, chacun peut assurément cultiver et développer Ojas. En yoga, dans les postures par exemple, il est important d’apprendre à se concentrer, à développer la fermeté et la stabilité mentale. Par la répétition juste des exercices, l’élève apprend la constance, la ténacité et la pugnacité. Toutes ces dispositions d’esprit permettent d’accroitre Ojas et d’emmagasiner de la puissance mentale. Au fur et à mesure du temps passé dans les pratiques, à force de se concentrer et de bien s’appliquer, l’élève accumule de la confiance, du savoir-faire sur lui-même, il gagne en force physique mais aussi en force mentale. Il est important de comprendre également que les capacités à mobiliser les meilleures énergies, à se concentrer et gagner en détermination peuvent servir aussi bien en yoga que dans la vie pour faire face aux difficultés du quotidien.

Nous voyons combien Ojas est une force subtile très importante qu’il convient de développer en soi. Si la pratique du yoga passe par le corps, la visée reste tout intérieure. À ce titre, l’un des buts du yoga, est bien d’accroitre la puissance mentale de l’individu, d’accroitre Ojas.

Pour être exhaustif, l’élève doit accompagner les pratiques de yoga par un changement dans ses habitudes de vie. S’il avait laissé s’installer de mauvaises habitudes de vie, il faut qu’il les abandonne sans tarder. Pour mobiliser les meilleures énergies, l’élève doit se maintenir en forme avec une bonne hygiène de vie. Il est excellent par exemple de doubler la pratique du yoga par celle d’un sport en plein air. Dans ce cas, il est préférable de choisir des sports qui fassent travailler le corps de manière équilibrée. La marche, la course, le vélo, la natation si possible en mer ou en rivière sont des activités physiques qui complètement idéalement la pratique du yoga. À ce sujet il est préférable d’enchaîner dans l’ordre : activité physique et yoga, et non l’inverse, de sorte à finir sur une pratique intériorisée, véritable but de tout l’exercice.

Dans le Tantra, les attaches deviennent des fils conducteur vers la liberté, et les désirs de puissantes énergies pour suivre le chemin de la réintégration vers la totalité de son être. Le tantrika n’ignore rien de ses désirs et de ses pulsions et notamment de ses pulsions sexuelles.
L’adepte à la voie de l’énergie comprend que l’énergie sexuelle se trouve être le désir de tous les désirs. Il faut alors sublimer cette énergie, pour la faire remonter vers les centres du haut. Il s’agit ici d’un travail sur soi extrêmement difficile. Certains sâdhus en Inde pour maîtriser cette énergie, s’afflige des mortifications, pouvant aller jusqu’à écraser les corps caverneux du pénis et empêcher ainsi toute érection potentielle. Sans aller dans ces extrêmes, l’adepte doit prendre conscience des énergies animales présentes dans les centres du bas. Frustration, colère, désir sexuel, faim et soif doivent être surveillé de près. Il s’agit non pas de réfréner ces énergies mais au contraire de les faire remonter vers le haut par le conduit de la sushumna nadi. L’adepte doit ainsi assumer son animalité et reconnaître en lui ce potentiel : énergie de défense du territoire, énergie sexuelle d’accouplement et de perpétuation de l’espèce, énergie de prédation, de la faim et de la soif. C’est indiscutablement dans ce réservoir que l’adepte doit puiser pour élever sa fréquence vibratoire et augmenter sa puissance mentale (Ojas).
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hridaya
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar hridaya » 11 Déc 2017, 13:27

merci Michel .
chevauche la monture du silence, afin de rejoindre le Guru Kabir
tybz
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar tybz » 11 Déc 2017, 13:56

Oui merci Michel et merci pour ton site :)
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Michel C » 02 Jan 2018, 18:26

Pour élever sa fréquence vibratoire et son niveau d’énergie, le yogin s’emploie à des pratiques de feu appelé « tapas ». Un tapas ou tapasya est un exercice qui cherche à maîtriser les sens et les désirs afin de brûler du karma et s'approcher de moksha, la libération.

Sur la voie du yoga, l’élève doit se servir des désirs et des attaches pour faire tapas. Les énergies du désir, des attaches envers les objets matériels deviennent alors une force motrice pour avancer sur la voie du yoga. L’énergie de par sa nature vibratoire relie les pôles d’opposés. Elle n’a pas de sens moral, elle manifeste et donne réalité aux modalités de la seule Conscience. Le yogin va ainsi inverser le sens de l’énergie pour lui donner une visée purement intérieure. Celui qui comprend cette inversion du sens donné à l’énergie devient maître du monde.

L‘adepte offre l’énergie de ses propres motivations, de son propre devenir à la Conscience, il se jette volontiers dans les flammes d’une pratique assidue et intense. Ce qu’il accomplit est le sacrifice de lui-même dans le feu de sa pratique personnelle. Il offre son devenir et toutes ses prédilections au feu du sacrifice de sa pratique yogique. Il répète inlassablement les exercices que lui donne son Guru, il suit aveuglément le fil de l’énergie, tirant le plus fort possible pour avancer dans la sensation intérieure et découvrir de nouvelles connaissances sur lui-même et sur tout l’univers.

C’est ainsi que le chemin doit toujours être parcouru avec force enthousiasme et grande ferveur. L’adepte doit prendre plaisir à ce sacrifice et y engager tout son être. Il n’y a rien au-dessus de cette pureté d’intention. L’adepte doit reconnaître cette énergie et s’en emparer pour faire grandir en lui le feu de sa pratique quotidienne et son désir intense pour s’affranchir du voile de l’illusion. Cette énergie est en vérité le désir de la Conscience pour se connaître elle-même. Elle est l’énergie toute proche des émanations de Shiva Shakti, le couple divin qui préside au banquet de la Vie. Ce désir de tous les désirs est la source de tout ce qui est et désire exister. Sans ce désir le monde s’écroulerait et disparaitrait dans le néant. Iccha est le nom donné à cette énergie, elle est la pointe centrale, la plus haute, du trident de Shiva. Elle est la motivation du monde, elle est la source de toute création, elle est à l’origine de la manifestation des êtres et de tous l’univers. C’est encore elle qui fait tourner les planètes, du soleil et de la lune et du jeu prodigieux du jour et de la nuit. Elle est associée dans l’alphabet sanskrit à la voyelle « I ». Sans le « I », Shiva devient Shava, un cadavre.

Si l’adepte s’immerge et s’identifie parfaitement à cette énergie, il réalise la Science Pure et Véritable (Shuddhavidya) du Seigneur Shiva. Il passe de l’autre côté du voile des apparences (Mâyâ) et reconnaît sa propre nature comme étant celle de la Conscience universelle et éternelle.

Mais rares sont celles et ceux pour qui le désir peut ainsi devenir libération. Aussi faut-il poursuivre le tapas, et brûler le karma, véritable purification intérieure. L’adepte doit concevoir que le monde est peuplé de proies et de prédateurs. Le monde est un vaste sacrifice perpétuel, sans nous en rendre compte, nous sommes à tour de rôle mangé et mangeur. Le soma est l’oblation rituelle, elle est l’offrande, la lune, les nourritures, les fruits. Agni est le soleil qui brûle d’une passion dévorante, il est le feu qui consume et fait monter dans le ciel de la Conscience les saveurs et les parfums subtils des offrandes. Le sacrifice yogique ou tapas est ainsi d’offrir à la Conscience le feu de sa pratique, des sensations du corps dans sa propre intériorité.

Dans le Shivaïsme tantrique, il existe l’archétype sublime de Nataraja, le danseur cosmique. Shiva danse avec ses quatre bras et ses deux jambes, dans sa chevelure se dressent des serpents symbolisant la kundalini shakti, tout autour se trouve un cercle de flammes. Ces feux sont toutes les sensations de tous les sens qui alimentent la Conscience. En effet chaque sensation est un toucher, l’odorat est le toucher de particules odorantes sur les glandes olfactives du nez, le gout est le toucher des aliments sur les papilles de la langue et du palais, la vue est le toucher des photons de lumière sur la rétine, l’ouïe est le toucher des ondes vibratoires sur le tympan et enfin le toucher un frottement sur la peau, enveloppe corporelle donnant une identité à la personne. C’est ainsi que toutes sensations sont produites par un toucher, un frottement, un feu dans lequel sont jetés les objets de tous les sens pour éprouver la sensation entière du Soi, le sacrifice cosmique.

En vérité, l'être se dévore lui-même (Bhairava) et par ce seul fait, accomplit le sacrifice de la vie. Tout ce qui existe et désire exister en ce monde est motivé par une seule et même énergie, la plus haute que rien ne peut enfreindre et à laquelle nul n’est soustrait, il s’agit de la sensation de Soi comme étant celle d’une condition sans limite, véritablement infinie, que seul le sacrifice immédiat à l’instant exigé de toutes les autres, comble incessamment en un perpétuel flot sans fin.

Tapas reproduit ainsi le sacrifice cosmique au sein de l’adepte en son for intérieur, tapas fait émerger au centre de la roue du devenir, comme dans l’œil du cyclone, la sensation du spectateur immobile, le centre immuable, le seul sujet conscient.

Si la vie est un feu, le désir est son aliment, sa flamme son éclat. L’art du yoga est ainsi de faire briller en soi une flamme la plus claire et la plus brillante qui soit. Les scories du karma et des imprégnations des vies passées doivent être intégralement brulées, dissipées, anéanties. L’énergie doit circuler librement dans un corps devenu pur, léger et adamantin.

Il faut comprendre que les désirs animent nos pensées, que les pensées deviennent nos actes et qu’à la fin nos actes construisent notre destinée. En ce sens nos pensées sont comme des catalyseurs de l’énergie. C’est ainsi qu’il faut purifier les désirs, sonder le cœur, dissiper les vieilles lunes, ne plus suivre nos anciennes chimères et abandonner nos illusions de châteaux dans le ciel. Il convient au contraire d’avancer dans la connaissance intérieure et de s’ouvrir à la vastitude de ce monde et à sa dimension verticale.

Le tantrika prend ainsi conscience qu’il lui faut purifier ses pensées, changer sa vision du monde et se mettre au clair avec lui-même. Il comprend que ses pensées constituent son véritable trésor, sa compréhension du monde sa seule réalité. La caractéristique première du mental est sa plasticité, c.à.d. sa capacité à épouser toutes sortes de formes conceptuelles, de visions et de points de vue différents. D’autre part le mental ne peut concevoir l’absence ou la négation, il ne sait retenir que la forme et non l’absence de forme. Par exemple la pensée de négation d’une peur sera comprise par le mental comme identique à cette peur, car elle constituera le seul objet auquel le mental pourra prendre forme.

De fait, comme il existe une hygiène du corps il existe également en yoga une hygiène des pensées. Il convient toujours de penser de manière positive et favorable. Il faut affirmer en soi le beau, le juste et le bon. Il convient toujours de souhaiter le meilleur, de privilégier le côté favorable. Toute autre façon de penser fera naître un doute, une peur.

Ne jamais oublier, pour le mental : chasser le doute c’est en être la proie !

Le monde dans lequel nous vivons n’est pas un cercle clôt où les mêmes phénomènes se répètent indéfiniment. Au contraire, il reste perpétuellement ouvert, en découverte de nouvelles connaissances. À cet égard chaque jour, chaque instant reste bien unique. C’est ainsi que l’enchaînement des causes et des effets nécessite l’introduction permanente de nouvelles données, de nouveaux déterminants. Ces nouvelles données sont en réalité introduites par nos propres pensées. Elles permettent à l’environnement de se renouveler et d’être toujours nouveau, toujours neuf. À un niveau archétypal, il s’agit du pouvoir de la Conscience qui sonde son propre cœur, se rappelant perpétuellement à elle-même.

C’est ainsi qu’une pensée durablement soutenue par une énergie spontanée, sincère et véritable, produira inévitablement l’effet recherché tel un reflet apparaissant librement dans le miroir de la Conscience. Cela s’appelle également la loi d’attraction, ou l’effet de catalyse ou encore « le feedback » et plus essentiellement : le principe de primauté de la pensée sur la matière.

Pour qu’une pensée soit véritablement efficiente, il faut qu’elle trouve une résonnance en soi-même, il faut qu’elle corresponde à un désir profond d’accomplissement. La pensée devient alors un déterminant suffisamment puissant pour influencer l’environnement en vue de sa propre réalisation. Cela est véritable est peut engendrer des phénomènes étonnants, réellement surprenants, cela est efficient, cela créé le monde.

Au fil du temps, grâce au feu de sa pratique, le corps de l’adepte devient comme un creuset par lequel il se purifie et se nettoie de toutes les impuretés. Un jour, par la somme de ses mérites, de ses pratiques accomplies et par la grâce du Guru, quelques secondes suffisent, le yogin déchire le voile de l’illusion, il traverse le miroir de la Mâyâ, il accède à la connaissance véritable, tout est Conscience, tout est UN.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Yo-ho » 03 Jan 2018, 06:08

Michel C a écrit :Merci Denis

Je ne connais pas le Tarka, pourras-tu nous en dire un mot ?



En attendant, je me permets de te proposer la lecture du 4 eme chapitre du Tantrâloka : Saktopâya
J'aurais voulu en mettre des passages, mais c'est impossible, lorsque je tire un fil c'est toute la pelote qui vient, et je n'ai pas le temps de recopier, car je suis en train de me le relire en boucle :)

Et part cela, je te remercie de tes publications.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Elise » 05 Jan 2018, 10:14

Bonjour,

Quel bel échange :) J'aime beaucoup la partie sur Icchâ.

Sur Tarka j'aimerai également en savoir plus, il y'a déjà eu un topic dans le forum la dessus : http://www.pratique-du-yoga.com/forum/viewtopic.php?t=1656
Et ici : http://www.pratique-du-yoga.com/forum/viewtopic.php?f=6&t=491&p=35351&hilit=tarka#p35351
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Lisa83 » 05 Jan 2018, 20:50

Merci Michel pour tes écrits.
Comme toujours, c'est un plaisir de te lire, ton écriture est vivante, fluide et didactique.

Pour avoir été récemment à Gorakhpur, j'atteste que la tradition Natha est bien vivante.
Goraknath Mandir est un lieu où réside une Paix incroyable.

Guruji Matsyendra Nath nous avait évoqué la puissance de ce lieu, lors du précédent stage.
J'ai retrouvé en ce lieu la qualité de l'énergie, si je peux dire ainsi, de Guruji. Puissance XXXX...

Impressionnant aussi de voir l'alignement des Natha yogi (ici juste un aperçu).

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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Yo-ho » 06 Jan 2018, 02:54

Wow Lisa !
Quel beau voyage...C'est vraiment cool de voir cette image des Natha Yogi, et l'idée de méditer dans leur temple.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar lorkan739 » 06 Jan 2018, 08:38

Un jour, par la somme de ses mérites, de ses pratiques accomplies et par la grâce du Guru, quelques secondes suffisent, le yogin déchire le voile de l’illusion, il traverse le miroir de la Mâyâ, il accède à la connaissance véritable, tout est Conscience, tout est UN.


Un jour... :wink:
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Lisa83 » 07 Jan 2018, 10:48

Je reviens sur ce que tu écris, Michel, car cela fait écho en moi et rejoint ce qui m’apparait au fil de la pratique.

La plupart des pratiques consistent au départ à éviter la déperdition d’énergie, à nettoyer ou purifier afin de modifier la qualité des énergies, à développer et augmenter cette énergie. Somme toute pour atteindre la pleine potentialité de ce que nous sommes. Cette procédure compte des risques dont le plus commun est de développer des être gonflés d’orgueil et d’ego se pensant supérieur à la norme.
Il me semble que le Vrai Yogin n’est pas de ceux-là. Même s’il est sans complaisance.
Réaliser son plein potentiel n’a de sens que s’il a pour dessein de servir l’Universalité et le Soi parce que son regard est constamment tourner vers le Divin.
Le Soi signifie le Tout. Ce qui rappelle un des chapitres de la Bhagavad Gîta où Krishna demande à Arjuna de contempler la Gloire divine qui s’étant du plus terrifiant des êtres au plus merveilleux. Reconnaitre le Soi, c’est Le voir en tout et en toutes choses, sans jugement, le regard neutre et détaché du système de valeurs conventionnels.
« Contemple, Ô Partha, Mes formes, par certaines de milliers ; diverses en nature, divines, de toutes les couleurs et de toutes les formes » et de rajouter « Mais tu ne peux pas Me contempler avec ton oeil (humain); Je te donne la vision surnaturelle, contemple Ma puissance divine ».

Développer les énergies transforme profondément notre vie, notre perception du monde, notre action sur le monde.
Le Yoga est un chemin sans retour.
Comme c’est vrai. Impossible de faire marche arrière. Ce qui a été ouvert ne peut plus être refermé. C’est en quelque sorte une boite de Pandore. D’ailleurs, les maux que renferme cette boite sont sensiblement les mêmes que ceux que la Déesse Bhairavî appelle à combattre (égoïsme, convoitise, colère, jalousie, désir sexuel…).
Le Yoga demande un travail sur Soi permanent. Il ne s’agit en rien d’observer Yama Nyama extérieurs dans le but d’obtenir des faveurs mais de comprendre profondément ce qui convient, considérer l’autre comme soi-même, avec autant d’empathie, d’égard et de bienveillance que l’on pourrait en avoir pour soi-même. Avec un regard rempli de compassion. Car nous sommes profondément Cela. C’est une vision à expérimenter de l’intérieure. Ce n’est pas un concept mental.

En découle forcément un sentiment d’isolement face au reste du monde. C’est là où il convient de garder optimisme et attitude positive. Cela se construit naturellement et presque indépendamment de la volonté au fil de la pratique. Ce n’est pas une contingence forcée et pénible. Nullement, c’est le fruit de l’ascèse, le résultat visible et mesurable. C’est une réalité. C’est le résultat de Tapas quand elle est bien menée.
La force du feu allumé en soi est issu de Tapas. Tapas étant la discipline, les exercices et le travail que l’on fait sur soi. Elle n’est d’aucune façon une mortification du corps. Et cette ascèse n’a de sens que si elle sert le plus grand. Comme l’indique le sage Bhisma dans le Mahabharata : « le détachement et l’humilité, voilà enseigne-t-on le suprême tapas. Celui qui possède ces deux vertus, est comme en état de jeûne et de chasteté perpétuel. L’adoration du divin, du deux-fois-né, du guide spirituel, du sage, la pureté, la rectitude, la continence, l’absence de meurtre et de violence à l’égard d’autrui, telle est l’ascèse du corps. Un langage qui ne blesse pas, véridique, amical et bénéfique, l’étude régulière des écritures, telle est l’ascèse de la parole. La sérénité et la clarté de l’esprit, la douceur, le silence, la maîtrise de soi, l’entière purification du caractère, telle est l’ascèse mentale »
Et la Bhagavad Gîta (dont est extrait ce passage) de rappeler que ceux qui s’infligent des austérités violentes ne font que renforcer la force de leur désir et de leur passion pouvant les conduire à devenir des oppresseurs de la terre aux desseins égoïstes et destructeurs. Ne faisant que tourmenter le Divin… (le Divin étant en tout être, tourmenter son prochain revient à Le tourmenter).
L’enthousiasme et la ferveur font parties intégrantes de Tapas.
Là aussi, on mesure à quel point la simplicité s’impose. Simplicité et sobriété.
De plus, développer la force en soi, la stabilité inébranlable permet de faire face aux baisses d’énergie car tant que nous sommes vivant, impossible d’y échapper. La dualité est là, Maya est là. A nous de rester en permanence sur la brèche, sur le fil du rasoir. L’art du yoga est de revenir à l’essentiel, à la simplicité, à développer la générosité du coeur et le don.
Pour reprendre tes termes, « L’art de faire briller en soi une flamme claire, brillante » et auquel j’ajouterais, « constante ».
Happy and positive… and think different!

Le Yoga est le fil conducteur vers la liberté, fil dont est composé le tissage qui s’établit entre soi et le monde, la signification même du mot Tantra.

Voici un extrait qui semble bien a propos et que j’aime particulièrement :
(commentaire de Lilian Silburn dans la Maharthamanjari)

« Le Saubhagyahrdayastotra chante la Déesse Abeille qui siège dans le lotus du Coeur et se joue en surface, dans les organes des sens, allant et venant de la ruche - le coeur - aux fleurs : parfums, formes et couleurs… afin de butiner diligemment leur suc. Telle est l’attitude du très grand yogin qui, comme Mahaprakasa, sans jamais quitter le coeur, centre de la roue cosmique, goûte aux plaisirs variés des sens situés à la périphérie. »

Le Guru est indispensable au cheminement et la confiance qu’on lui attribue est indiscutable. Reconnaître son Guru, c’est reconnaître Shiva. C’est l’absolu. La confiance qu’on lui accorde est sans faille. Comment contester Sa parole, se comparer à Lui ou Le juger?

Par ailleurs, je partage ici le témoignage vivant du ministre actuel de l’Uttar Pradesh qui atteste de la tradition bien vivante des Natha Yogi.
« Le crâne rasé, un anneau d'or à l'oreille, en tunique orange, nourrissant ses vaches avant l'aube : c'est l'image que Yogi Adityanath, le nouveau ministre en chef de l'Uttar Pradesh, aime répandre dans les médias. Celle d'un ascète hindou dévoué à la religion, qui se lève à 3 heures du matin pour mettre de l'ordre dans l'administration paresseuse et corrompue du plus grand Etat indien, aussi peuplé que le Brésil. Il a commencé lundi soir à auditionner lui-même les nouveaux cadres de l'Etat, qu'il souhaite «honnêtes et drogués au travail».
A lire l’article de Libération dont est extrait ce passage :
http://www.liberation.fr/planete/2017/0 ... de_1559382

Capture d’écran 2018-01-07 à 10.53.29.png
Capture d’écran 2018-01-07 à 10.53.29.png (279.07 Kio) Vu 452 fois



Souhaitons nous de Trouver l’Etre androgyne qui est en nous, de réunir le féminin et le masculin, Unir Shiva et Shakti ou encore Prakasa et Vimarsa afin de réaliser Mahaprakasa.

Belle pratique à tous.
Har Har Mahadev
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar lorkan739 » 07 Jan 2018, 12:57

Lisa a écrit :d’égard et de bienveillance que l’on pourrait en avoir pour soi-même. Avec un regard rempli de compassion. Car nous sommes profondément Cela. C’est une vision à expérimenter de l’intérieure. Ce n’est pas un concept mental.

En découle forcément un sentiment d’isolement face au reste du monde. C’est là où il convient de garder optimisme et attitude positive..


C'est ce que je retiens de mes premiers pas aux côtés des Nath. Ils vous prennent par la main et ne vous laissent pas tomber. Tandis que dans d'autres cercles yogiques on y trouve au final de la mesquinerie.

Bien que j'eusse toujours considéré mes ami(e)s de la Nath Sampradaya comme identiques en qualités ; je ne me lasserai jamais de le vivre :
Yogi Matsyendra Nath est un Guru pas comme les autres...
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Denis » 09 Jan 2018, 02:41

Merci Lisa pour ce que tu dis là, il y a de très belles choses !
Pour autant Krishna demande à Arjuna de faire la guerre et de tuer les ennemis car ne pas entrer dans l'action serait pire encore que de tuer des ennemis...
Il y a aussi un être extraordinaire qui fut Gandhi et qui est entré en guerre contre les Anglais pour les chasser de l'Inde, s'il s'était contenté de belles paroles toutes gentilles les anglais seraient encore en Inde...
Je crois que chacun de nous, en fonction de la force et du courage qui l'anime peut entrer dans le monde et avoir des actions fortes pour tenter de le transformer ou de faire évoluer des choses ou des gens tout en acceptant d'être critiqué et malmené, ce fut aussi le rôle du Christ...
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Lisa83 » 10 Jan 2018, 21:41

Bonsoir

Oui krshna demande à Arjuna de rester sur le champ de bataille.
En quelque sorte c’est ce que fait aussi premier ministre actuel de l’Uttar Pradesh en assumant les responsabilités qui incombent à sa fonction et en prenant des décisions tranchantes.
Nous sommes en vie et si la grotte est importante pour pouvoir s’y recueillir (qui peut être symboliquement la grotte du coeur), il en demeure pas moins que c’est dans le monde qu’il nous faut vivre, comme le conseillait Shri Ma Anandamoyi a ses disciples.
Renoncer aux fruits de ses actions est encore une autre étape.

Belle pratique à tous
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Yo-ho » 11 Jan 2018, 07:00

Cela m'évoque le passage du Samkhya lorsqu'il dit approximativement de mémoire quelque chose comme « Ne t'attache pas à la vertu » et « Mais dans le doute tu suivras le chemin de la vertu »
La vertu commande de ne pas tuer son prochain, Krishna est dans le doute car la situation d'aller au combat exige de tuer, Arjuna voit la situation dans sa globalité, il est une conscience claire à ce moment là.
C'est une relation de maître à disciple qui est là pour éliminer la dualité, c'est au delà du jugement bien ou mal, c'est faire face aux exigences d'une situation de combat qui se présente et que l'on a pas voulu.
Cette histoire n'est pas celle d'un égo qui prétend aller sauver le monde en déclenchant une guerre, pour faire triompher sa vérité personnelle. Pour faire la différence entre les deux, il faut vraiment être exceptionnel. Arjuna et Krishna dans cette histoire ne sont pas des êtres ordinaires face à une situation ordinaire
Mais nous qui sommes des êtres ordinaires nous suivons le chemin de la vertu, sans toutefois nous y attacher, c'est à dire sans en faire un étendard que l'on brandit à la figure des autres.
J'aime ce qu'explique Eric Baret à propos de l'assassin - Il disait : la société le condamne et c'est normal c'est son rôle de préserver l'intégrité de chacun.
Mais nous, nous n'avons pas le droit de le condamner une deuxième fois moralement, car si nous étions exactement lui, nous aurions fait exactement comme lui, ce qu'il nous faut comprendre c'est tout l'amour dont il a manqué pour en arriver à cet acte.
C'est pourquoi je suis d'accord avec ce que tu dis Denis, et je suis d'accord aussi avec ce que tu dis Lisa.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar surf's » 11 Jan 2018, 12:59

Vous ne me connaissez, mais merci merci d'apporter vos lumières sur les questionnements ravivés par la rencontre mensuelles avec les aspirant(e)s yogi(ni)s :)

quant au retrait du monde

Lisa83 a écrit :Bonsoir

Oui krshna demande à Arjuna de rester sur le champ de bataille.
En quelque sorte c’est ce que fait aussi premier ministre actuel de l’Uttar Pradesh en assumant les responsabilités qui incombent à sa fonction et en prenant des décisions tranchantes.
Nous sommes en vie et si la grotte est importante pour pouvoir s’y recueillir (qui peut être symboliquement la grotte du coeur), il en demeure pas moins que c’est dans le monde qu’il nous faut vivre, comme le conseillait Shri Ma Anandamoyi a ses disciples.
Renoncer aux fruits de ses actions est encore une autre étape.

Belle pratique à tous


quant à la violence et au meurtre

Yo-ho a écrit :Cela m'évoque le passage du Samkhya lorsqu'il dit approximativement de mémoire quelque chose comme « Ne t'attache pas à la vertu » et « Mais dans le doute tu suivras le chemin de la vertu »
La vertu commande de ne pas tuer son prochain, Krishna est dans le doute car la situation d'aller au combat exige de tuer, Arjuna voit la situation dans sa globalité, il est une conscience claire à ce moment là.
C'est une relation de maître à disciple qui est là pour éliminer la dualité, c'est au delà du jugement bien ou mal, c'est faire face aux exigences d'une situation de combat qui se présente et que l'on a pas voulu.
Cette histoire n'est pas celle d'un égo qui prétend aller sauver le monde en déclenchant une guerre, pour faire triompher sa vérité personnelle. Pour faire la différence entre les deux, il faut vraiment être exceptionnel. Arjuna et Krishna dans cette histoire ne sont pas des êtres ordinaires face à une situation ordinaire
Mais nous qui sommes des êtres ordinaires nous suivons le chemin de la vertu, sans toutefois nous y attacher, c'est à dire sans en faire un étendard que l'on brandit à la figure des autres.
J'aime ce qu'explique Eric Baret à propos de l'assassin - Il disait : la société le condamne et c'est normal c'est son rôle de préserver l'intégrité de chacun.
Mais nous, nous n'avons pas le droit de le condamner une deuxième fois moralement, car si nous étions exactement lui, nous aurions fait exactement comme lui, ce qu'il nous faut comprendre c'est tout l'amour dont il a manqué pour en arriver à cet acte.


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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Michel C » 13 Jan 2018, 23:35

Oui Lisa, le yogin cultive les qualités du héros : courage, générosité, équanimité, pugnacité, spontanéité, solidarité, indépendance, liberté… Ces qualités ne sont pas vaines, elles indiquent les orientations de l’esprit et les comportements qui permettent de se purifier sur le chemin du yoga. Par exemple, le héros se montre toujours magnanime envers les faibles et exigeant envers les puissants, il cultive la spontanéité ainsi que l’originalité, il garde sa liberté de pensée et ne suit pas toujours les chemins tracés par le plus grand nombre. Il assume sa différence et ses choix pour une qualité de vie purement intérieure.

Et encore de la pratique des Natha Yogins au sujet de la sadhana :

Pour s’en aller à la quête de lui-même, le yogin comprend qu’il lui faut mobiliser ses meilleures énergies. Pour ce faire il active le feu de sa pratique intérieure, il y consume les désirs des actions passées et encore de ses anciennes vies. De plus, pour parvenir à ses fins le yogin possède une arme redoutable, une pratique ultime, un joyau de perfection : la sadhana.

Sadhana se traduit littéralement par "le moyen d'accomplir un but". La Sadhana implique une pratique quotidienne du yoga. A travers cette régularité, le yogin développe son autodiscipline pour mettre son mental et son corps au service de son esprit et de son potentiel infini. D'après les enseignements traditionnels, la sadhana la plus puissante est celle du matin : avant le lever du jour, tout est calme et l'inclinaison entre le Soleil et la Terre est idéale pour réveiller les énergies. C'est la meilleure introduction à la journée. Le simple fait de se lever plus tôt, en combattant son ego paresseux, avec la volonté de pratiquer, entraine un énorme travail sur le contrôle de notre mental et donc sur le développement de notre propre conscience. Dans le Natha Yoga, il est dit que chaque jour de la sadhana est un pas de plus vers la réalisation finale et la libération de l’âme.

La sadhana peut se pratiquer seul ou en groupe. Seul, elle nous permet de travailler sur notre propre conscience, en mettant en œuvre toute notre volonté. En groupe, elle offre en plus la possibilité d'harmoniser les volontés et les esprits en le partageant avec un collectif. Les énergies s'équilibrent et s'enrichissent mutuellement. Une personne traversant un moment ombragé de doutes ou de douleurs peut être ainsi rattrapée par d'autres énergies plus claires et plus saines. Les champs magnétiques fusionnent et forment comme un égrégore puissant et efficient. Chacun peut ainsi se purifier en prenant comme un bain d’énergie dans cette nouvelle aura collective. Cela induit également une communication plus intuitive entre tous les participants.

Au début de l'engagement dans cette pratique, la sadhana peut être vécue comme une obligation pratiquement dépourvue de sens. L’ego résiste pour préserver son confort, en tentant de nous persuader que c'est un sacrifice inutile. Mais grâce à la pratique elle-même l'élévation de la fréquence vibratoire prend le relais et le mental va se trouver neutralisé. On appelle cette phase aradhana. Le subconscient et l'ego lâchent prise petit à petit, et la pratique n'est plus perçue comme un fardeau, au contraire elle devient une joie. Mais aradhana est constituée de paliers plus ou moins nombreux. A certains niveaux de conscience atteints, nous nous reposons en nous contentant de cet état. Le subconscient reprend alors tout doucement le dessus. La démarche n'a plus la même motivation, et la stagnation peut entrainer un plus grand risque : le recul. Il faut alors retrouver les intentions de départ pour continuer à avancer de manière constante.

Lorsque ce travail sur le subconscient est accompli, aradhana est dépassé et la démarche devient neutre, naturelle et donc infinie; c'est ce qu'on appelle prabupati. Il n'y a plus de conflit possible avec l'ego. La conscience a atteint un niveau universel, et tout peut être vécu dans l'harmonie, la compassion et le pardon inconditionnel. La motivation pour la pratique vient directement de l'âme et c'est ce que le Natha Yoga met en lumière.

A un certain moment de la pratique, l’adepte comprend qu’il ne quittera plus jamais le chemin du yoga. D’aucune manière il n’abandonnera son chemin pour une quête mondaine, plus jamais il ne partagera les inclinaisons matérialistes et partisanes de ses contemporains. La sadhana implique ce constat radical, l’adepte est désormais en décalage avec son entourage, avec le discours ambiant. Il est par contre en relation étroite avec son Guru qui est devenu son maître de conscience. C’est ainsi que l’adepte à la voie véritable peut accomplir sa sadhana le jour de Noël, en réunion familiale, isolé dans une pièce, pour accomplir sa pratique quotidienne pendant vingt minutes. La sadhana commande une régularité absolue qui ne demande aucune excuse, aucune remise au lendemain, aucune absence, aucune négociation. Le yogin n’a qu’un choix : réussir sa sadhana. Cela est la sadhana !

Dans la sadhana tout est accompli, tout est Conscience Divine, le chemin est devenu la libération elle-même. Les énergies qui prennent corps sont d’essence divine. Elles perpétuent le désir de Shiva pour lui-même, elle est la Voie, la tradition orale (Shruti), la relation directe et sans détours avec la Science Pure et Véritable, le chemin qui mène aux plus hautes altitudes, jusqu’au franchissement de la Mâya, pour passer de l’autre côté, là où il n’existe plus aucune différence entre le Guru intérieur et le Guru extérieur.

C’est ainsi que le chemin de la sadhana mène aux pieds du Guru, lieu propice par excellence, où le sadhaka se prosterne avec une joie infinie pour témoigner de sa reconnaissance, de la seule présence, de la Grande Personne (Maha Kâla), de la Grande Sensation (Maha Rasa), du Grand Geste (Maha Mudra) dont le sceau a pour forme l’Univers entier.

L’enseignement Natha se caractérise par la simplicité et la pureté de cœur. C’est ainsi que l’adepte ne pourra concevoir cette union au centre de lui-même, par une saisie intellectuelle, par la connaissance formelle de la tradition et des textes. C’est bien plutôt par la résonnance, la vibration et l’intuition engendrée que l’adepte pourra progresser et franchir le miroir de la Mâyâ. C’est bien par une mise à l’unisson de l’énergie amoureuse que le yogin pourra s’affranchir de l’illusion de dualité. La pleine lune illustre bien cette énergie adamantine qu’il convient de ressentir en soi dans la pratique et dans la vie ordinaire. Il s’agit d’une énergie douce, diaphane, lumineuse et paisible. Elle est l’énergie amoureuse débarrassée de son support, qui ne peut être objet de jouissance. Elle est la vierge à la source de tous les désirs, non encore particularisée, non encore orientée. Elle est l’énergie d’un esprit Saint, se tenant tout près des émanations de Shiva et Shakti, elle est la Mystique.

La mystique n’est pas une ferveur religieuse nécessitant la croyance en un dieu anthropomorphe, elle n’a pas de support extérieur, pas besoin d’une idole, d’une iconographie, de textes et d’études. La mystique est l’énergie engendrée lorsque l’être se tourne vers lui-même. A ce moment où l’être appert à sa propre réalité, au moment de cette première prise de conscience, naît une énergie incomparable qui est la source de toutes les autres. Dans une prise de conscience inexprimable, l’union de l’être à lui-même est empreinte d’une affectivité pure faite jouissance ineffable. C’est cette énergie que l’adepte doit reconnaître et c’est elle qu’il chérit plus que tout. Il s’agit d’une mise à l’unisson de son cœur avec le cœur universel, la vibration et l’affectivité qui imprègne l’univers entier.

Dans la tradition du yoga lorsque le disciple est prêt et que son cœur a été purifié, alors son guru lui donne le mantra d’initiation (diksha mantra). Ce mantra appartient à la lignée du guru et doit être donné à l’intention de l’adepte zélé au cœur ardent. A ce moment-là, le sadhaka doit aller dans le monde selon son bon vouloir et répéter incessamment, jour et nuit, autant que nécessaire, le diksha mantra. Le sadhaka met alors ses pas dans ceux des sages et de tous les yogins et yoginis de sa propre lignée qui ont atteint l’illumination prodigieuse, la conscience dénuée d’illusion et la réalisation de leur être véritable. L’énergie procurée s’avère grandiose, elle vient couronnée le fruit des expériences accumulées, des pratiques yogiques et de la sadhana elle-même. L’adepte répète alors inlassablement le mantra, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur, qu’il soit énoncé ou entendu, en lui ou dans l’univers, l’adepte se trouve porté par le mantra, l’univers entier est porté par le mantra. Le cœur de l’adepte entre alors en contact avec la charge affective secrète contenue dans la diction ininterrompue du mantra. Cette charge délivre bientôt son effet, elle provient du fond des âges, de la vision des rishi, des sages des Himalaya, du verbe créateur et de Shiva lui-même. Elle explose alors dans le cœur du sadhaka qui change instantanément sa vision du monde et de lui-même. Ce qu’il ressent, ce qu’il devient alors réellement, est l’union de Shiva et de Shakti, l’Être épris de lui-même, dans une étreinte amoureuse ayant pour forme l’Univers, de la création toute entière. Le cœur du sadhaka enfle démesurément et se fond pour toujours dans l’Amour pour ce monde et pour tous les êtres vivants. Le yogin, ayant pris lui-même forme de cet Amour inconditionnel, voit resplendir en lui la Grâce du Seigneur tout puissant. Son être tout entier vibre à l’unisson de cette action pleine de Gloire, il est Shiva lui-même prenant conscience de sa propre Nature. « Chidananda rupa Shivo’am » J’ai forme de félicité, je suis Shiva.

Déambulant au bout de lui-même comme au bout du monde connu, le sadhaka ère dans la foule comme un possédé en répétant éperdument le diksha mantra de son guru.
Aux yeux des gens ordinaires, prudemment installés dans une position sociale, il apparait comme un mendiant, un pauvre fou, certains lui donnent l'aumône.
Mais le mendiant est devenu Roi, il reçoit la puissance de l'Amour Cosmique dans son cœur, instant qui surplombe le temps, Union de l'Être avec Lui-même.
Le Soi, contenu en Soi, faisant appel à Soi pour la révélation du Soi. C'est cela le Bonheur !

Le chemin et rien que le chemin, tout est déjà inscrit dans le chemin,
un jour vous vous poserez et vous vous rendrez compte que vous ne faisiez que poursuivre votre ombre,
et cette ombre n'est autre que vous-même !
Il n'y aura alors plus nulle part où aller, le point de départ se confondra avec le point d'arrivée.

La Contemplation Divine.

Om Klim Krishnaya Namaha

Om Bhagavan, Sharan, Mahadeva, Nataraja,
Shankar, Khedar, Rudra, Bhairava,
Mayavin, Kapalin, Virupaksha, Nilakanta,
Shambhu, Sad Guru, Maheshvara, Ardhanarishvara,
Pashupati, Umapati, Bikshathana, Trilocana

Hari Om, Bole Nath, Boum Shiva !
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar lorkan739 » 16 Jan 2018, 10:35

Pendant les jours de la Navaratri c'est recommandé de jeûner. Les trois premiers jours on brûle ainsi énormément de petite pollutions, et cela contribue également à cultiver le détachement. Les trois derniers jours on touche des strates plus profondes (colère, passion). Tout cela dans le but de nous porter vers la Déesse, la Transcendante, "la difficile à atteindre", l'invincible Durga...
Om
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Denis » 16 Jan 2018, 12:30

"Déambulant au bout de lui-même comme au bout du monde connu, le sadhaka ère dans la foule comme un possédé en répétant éperdument le diksha mantra de son guru. "
Bientôt !!!! :) :lol: :wink:
Dieu nous donne ce dont il veut qu'on se serve, pour aller vers lui.
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar Michel C » 17 Jan 2018, 22:50

Le tantrisme est une forme de sagesse qui resurgit à certaines époques, comme pour apporter une alternative à l’apparente déréliction du monde. Incontestablement le tantrisme constitue une voie mieux adaptée aux dérèglements de notre époque moderne.

Il est un fait évident que la civilisation humaine a provoqué plus de bouleversements en ce siècle dernier que durant toute l’histoire de l’humanité. La démesure semble de mise, les changements s’accélèrent et prennent de plus en plus d’importance dans notre vie quotidienne. Le monde devient excessif, le climat change, la complexité augmente, la planète est devenue un village interconnecté, la population humaine ne cesse de croitre, les ressources de la terre s’épuisent, année après année, et la collision sur le mur écologique semble inévitable.

Poussée dans ses derniers retranchements, la Mâyâ elle-même délivre les grandes vérités, les phénomènes engendrés deviennent plus explicites, ils se chargent d’une compréhension véritable. La Terre Mère entre dans les prémisses d’une transformation radicale. Les jeux amoureux de Shiva et Shakti n’ont plus aucune retenue, les divins époux s’affichent d’une manière de plus en plus extravertie. A coup sûr, le feu d’artifice sera grandiose, le bouquet final magnifique. Certains artistes et autres visionnaires le ressentent déjà, nous sommes arrivés à un point d'orgue.

Peu de gens s’en rendent compte, mais l’époque actuelle est d’une très grande richesse et recèle de grandes opportunités à celles et ceux qui cherchent la vérité et la compréhension de leur véritable nature. Les sciences intuitives de l’Orient sont désormais accessibles pour les peuples occidentaux de même que les sciences objectives de l’Occident deviennent disponibles pour les peuples orientaux. Les échanges enrichissent mutuellement les peuples de manière considérable et la mondialisation apporte un niveau de richesse matérielle et culturelle inégalé dans l’histoire des civilisations. La planète est devenue comme un fruit bien mûr, elle exhale ses meilleures saveurs et ses plus suaves parfums. Selon la loi inéluctable de la Nature, elle ne tardera pas à pourrir et à disparaître…

C’est pourquoi le sadhaka continue sa pratique dans le monde en guettant la faille toute proche. Le tantra est une voie directe, profonde et sans détours, elle vient de la Shakti qui a tout pouvoir sur le cœur de Shiva. La sadhana est aussi la recherche incessante de ces failles. Partout dans le monde, dans les grandes réunions, les grands spectacles, les grands artefacts, les grandes métropoles, dans la richesse et la démesure de notre civilisation, s’ouvrent régulièrement des failles béantes sur la réalité. C’est pourquoi Le sadhaka reste à l’affut, vigilant, guettant la faille, toujours prêt pour l’échappée belle.

Il est un fait qui doit être donné à la compréhension du chercheur de vérité. Pour s’affranchir du doute et de l’ignorance, un seul instant est nécessaire. Cela peut commencer par une grande colère, par une grande peur, mais cela peut aussi s’initier par un grand élan amoureux, une sensibilité particulièrement exacerbée, la vision d’un spectacle éblouissant, une pièce de théâtre, un concert géant et aussi la lumière se reflétant sur la mer une nuit de pleine lune.

En cette époque troublée, au banquet de leurs noces, Shiva et Shakti donnent plus volontiers de leur temps à chacun des convives. À l’instar de celles et ceux qui avouent leur amour au moment de l’extase, à celles et ceux qui pardonnent à leurs ennemis au moment de leur dernier souffle, à celles et ceux qui touche à la grâce et la gloire de l’Être, ce monde ouvre régulièrement des failles béantes sur sa véritable Nature. Au sadhaka qui guette le spectacle de la manifestation avec zèle et vigilance, les portes de la perception s’ouvrent bientôt sur l’infini.

Le Vijnana Bhairava Tantra préconise cette vigilance :
« La perception du sujet et de l’objet est la même chez tous les êtres nantis d’un corps. Mais ce qui caractérise les yogins c’est leur attention ininterrompue à l’union du sujet et de l’objet. »

Pour celle ou celui qui s’engouffre dans l’ouverture : toute la manifestation et tous les objets de notre attention baignent dans un jeu d’ombres et de lumières pharamineux. Tout est lumière, tout est vibration. Le jeu de la Mâyâ produit un spectacle féérique toujours renouvelé, une danse effrénée d’électrons libres. A chaque nanoseconde, le monde est résorbé et reconstruit dans la lumière. C’est la vitesse prodigieuse, la fréquence vibratoire extrêmement élevée qui nous empêche de percevoir l’enchaînement des séquences. De ce point de vue, l’ego (Ahamkâra) est la caméra de projection du film cosmique sur l’écran de la conscience, la lumière est produite par l’énergie de la prise de conscience (Shakti), la pellicule est fournie par le principe de l’illusion (Mâyà), le scénario est la fantaisie divine (Svatantrya), et l’auteur de l’œuvre est le seul sujet conscient (Shiva).

Un seul instant suffit au sadakha pour passer de l’autre côté, pour traverser le miroir de la Mâyâ. Ce qu’il appréhende alors est un monde vibrant d’une énergie surpuissante et brillant d’une Vaste Lumière de Grâce. C’est ainsi que la lumière est le support ultime de la Conscience. Nous pouvons dire que la lumière est identique à la Pure Conscience (Prakasha). Mais cette lumière n’est pas inerte, elle ne se reflète pas dans l’âme incarnée (Jivatman) de manière inconsciente, comme dans un cristal inanimé. Au contraire cette lumière est Conscience à l’état pur, elle se sait exister et elle en est affectée (Vimarsha). Pour chaque être humain, la lumière vibre et se colore à tour de rôle de tous les sentiments. Lorsque tous ces sentiments finissent par n’en faire qu’un, il y a mise à l’unisson avec « l’Amour de Cela ». La lumière est l’écran de la Conscience sur lequel tout apparait et tout disparait avec émerveillement et l’amour de Soi. Cette lumière est notre véritable nature.

Le Yogi comprend enfin qu’il est cet être immense fait d’une nature lumineuse et sensible, sans forme car contenant toutes les formes. Il peut ainsi voyager sans risques dans ce qui est affranchi de la forme, sans perdre pour autant sa véritable identité, il est Shiva lui-même prenant conscience de sa nature inqualifiable. Lui qui se sait voyager aussi sûrement dans le sans forme que dans la forme, de quelle peur et de quel doute pourrait-il être victime ? La raison en est que la lumière se révèle éternellement à elle-même, et c’est admettre alors que la volonté autonome forme la nature même de la lumière de la conscience.

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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar lorkan739 » 18 Jan 2018, 15:06

"Comme un tas de mûres que le feu ne peut pas brûler" dit l'Upanishad... :smile:

Merci Michel ! :D :lol: :wink:
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar hridaya » 18 Jan 2018, 21:08

La raison en est que la lumière se révèle éternellement à elle-même, et c’est admettre alors que la volonté autonome forme la nature même de la lumière de la conscience


merci,c'est superbe.
chevauche la monture du silence, afin de rejoindre le Guru Kabir
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Re: Pratiques des Natha Yogins

Messagepar lorkan739 » 19 Jan 2018, 19:37

Cela signifie t'il qu'il est possible que le Dieu Tout-Puissant se soit fait homme en la personne de Jésus-Christ ?
Om

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